Bonne année… de rupture

Bonne année… de rupture

Le mouvement pour le retrait de la réforme des retraites par points a résisté aux vacances et fêtes de fin d’année. Il doit maintenant s’étendre et se généraliser, pour battre Macron et sa bande de brigands au service de leurs propres intérêts, des·nanti·es et de la finance. Pendant que, le soir du 31 décembre, Macron, de plus en plus dans sa bulle, isolé au niveau national comme international, n’écoutant personne, y compris dans son propre camp, égrenait platement des vœux complètement décalés, il savait déjà que son gouvernement avait, ce même 31, publié une brochette de décrets, cadeaux de Nouvel an qui sont autant de nouvelles provocations.

En vrac, un décret ouvrant les emplois de direction de l’État au militaires et aux contractuel·les pour les renvoyer au bout de trois à six ans au service de l’État vers le pantouflage si propice aux conflits d’intérêt… Un décret attribuant le rang d’officier de la légion d’honneur à Cirelli responsable de BlackRock en France. Une telle allégeance faite suite à la privatisation de l’Élysée pour une vingtaine de représentants de ce fond d’investissement, auxquels une brochette de ministres ont expliqué en quoi la baisse des retraites acculerait les actif/ves à souscrire des produits d’épargne retraite prévus par la loi Pacte auprès des banques et assurances clientes de BlackRock (particulièrement les revenus supérieurs à 120 000 euros annuels, qui ne seront pas concernés par le nouveau système). Tout cela représente une rupture de solidarité de plus et un énorme transfert de fonds de la caisse retraite de la sécu vers la spéculation.

L’Éducation et la Fonction publique ne sont pas oubliées : à partir du 13 janvier les syndicats enseignants sont conviés à des concertations pour choisir les dégradations des conditions de travail, de salaires et d’emploi vendables à des personnels déjà à bout avec les suppressions de postes et les réformes de Blanquer. Et pour celles et ceux qui seraient plus fragiles ou plus revendicatifs/ves, une ultime surprise leur est réservée avec le décret 2019-1593, pire que la loi de transformation/destruction de la Fonction publique dont il est censé n’être que l’application. La rupture conventionnelle, décriée dans le privé, est imposée par ce décret dans le public pour se débarrasser de personnels. La formule “la rupture conventionnelle ne peut-être imposée par l’une ou l’autre des parties”, concerne seulement, dans ce décret, les contractuel·les mais pas les titulaires. Et comme la procédure peut être initiée par l’administration, qui organise toutes les étapes de ce dispositif, elle a toute latitude pour susciter ou imposer des départs. C’était illégal mais rappelons-nous le cynisme d’un Blanquer se ventant que ses sanctions financières pour la grève du bac seront reconnues abusives, mais après des années de procès. Cynisme aussi l’augmentation des DASEN et recteur/rices. Comme ont été augmentées et assurées de garder leurs retraite les forces de répression, dernier rempart de ce régime fragilisé et désavoué.

Les meilleures réponses à ces politiques honteuses, ce sont l’exemplarité de la RATP et de la SNCF, tenant la grève plus longtemps que jamais, l’honneur du chœur de l’Opéra de Paris refusant de se désolidariser des jeunes, l’éducation soutenant les autres secteurs en reconductible pendant les vacances et reprenant la grève en cette rentrée, l’extension de la grève aux travailleurs, travailleuses des raffineries et de l’aviation,… La mise en place partout et à tous niveaux d’AG sectorielles et interprofessionnelles, ainsi que leur coordination, l’exigence de ces AG que les syndicats refusent d’aller négocier le poids des chaînes, particulièrement dans l’Éducation où le suspens sur une “revalorisation” n’est pas vraiment conditionné par la question des retraites, mais par celle de la casse des statuts (missions horaires, annualisation, vacances…).

C’est bien la rupture qui est à l’ordre du jour avec ce pouvoir failli qui ne respecte rien. Mais pas conventionnelle. Cette rupture doit être subversive de ces lois, décrets et mesures qui prétendent en finir avec ce qui reste de droits dans ce pays. Généralisons la grève, la résistance passive et active et bloqu0ns le pays. Les directions syndicales doivent également rompre toute concertation avec ces fossoyeur·ses des acquis sociaux. C’est une première étape de la rupture avec le système d’exploitation qui impose toutes ces régressions.

Olivier Vinay, le 5 janvier 2020

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