Blanquer et Macron n’ont plus que la répression

Blanquer et Macron n’ont plus que la répression

en difficulté sur leurs réformes des retraites comme du bac

Nous publions ci-dessous le tract contre la répression des lycéen·nes, qui a servi de base au communiqué de presse appelant à la conférence de presse du 26 février de l’AG éducation Île-de-France trois jour après les retours des congés d’hiver de la zone C.

Pour contextualiser ce tract, il est difficile, dans une revue qui va paraître le 2 mars, d’avoir une vision de ce que peuvent donner les actions sur les retraites, unitaires et bien relayées, du 5 mars et de la “semaine noire” du 16 au 21, sans même parler de l’initiative intersyndicale Fonction publique du 3 mars. Et sans parvenir à digérer cet appel intersyndical national au 31 mars, à une semaine des vacances de la zone C.

Une certitude cependant : quelles que soient les magouilles qu’inventera le ministre de l’Éducation nationale pour tenter de redonner un peu de crédit à sa réforme, l’épisode de la première session des épreuves communes de contrôle continu du bac Blanquer sera derrière nous… et ça aura déjà été une sacrée victoire pour les opposant·es aux réformes du lycée et du bac. Il aura été manifeste que les folies de Blanquer ne marchent pas et sont unanimement dénoncées, même par les chefs d’établissement, qui – toute honte bue – ont pourtant rivalisé d’imagination pour imposer leur passage : mensonge, autoritarisme, violences verbales et physiques, chantages, menaces de zéros et de sanctions, conseils de discipline et plaintes. Dans un établissement il a même été imposé à des personnels de retour de zones exposées à la contagion du coronavirus, de rester dans l’établissement pour surveiller les E3C. Ces potentats locaux ont, sur ordre, appelé en renfort, contre des jeunes de 15-17 ans, le dernier rempart de la macronie : les forces de répression. “Grande première”, ils/elles les ont autorisées à parader, visages masqués, braquant leurs LBD aux abords et dans les lycées, gazant les lycéen·nes ou les marquant au feutre comme du bétail. Grâce à ces relais serviles, Blanquer et/ou Castaner ont anticipé la fin de l’ordonnance de 45 sur la justice des mineur·es, avec des gardes à vue systématiques, sans fondement, utilisée pour punir, terroriser, dissuader de relever la tête face au mépris, à l’injustice et à la violence.

Les lycée·nes bien que marqué·es par la répression sauvage de décembre 2018, ont été héroïques, déterminé·es, inventifs ·ves, malgré la pression de l’administration, des parents et des flics. Pas péparé·es à des épreuves d’E3C n’offrant pas la moindre garantie d’égalité (sujets non traités en classe, ou à l’inverse trouvés avec leurs corrigés sur internet ; fraudes graves du fait de l’entassement dans les salles “d’examen” et de l’insuffisance et de l’incompétence des surveillant·es…), ils elles ont refusé cette mascarade par l’action hors et dans les établissements. Ils/elles se sont coordonné·es au niveau régional et national, en lien avec les syndicats lycéens, les AG enseignantes et la FCPE… Les profs, dans l’ensemble souvent bien plus timoré·es, devraient bien en prendre de la graine.

Les personnels se sont quand même mobilisé·es. massivement pour dénoncer les E3C avant qu’elles se déroulent. Beaucoup se sont mis en grève pour les surveillances, ou les corrections, ont appelé les établissements voisins et l’interpro à des blocages. Près de la moitié des 1500 établissements ont été le siège de perturbation et 20 % ont été contraints de reporter des épreuves, souvent plusieurs fois et pour certains sine die. Dans plusieurs régions les personnels ont fait l’objet de gardes à vue ou de plaintes (Dôle, Melle, Montauban, Cahors, Strasbourg…). La coordination nationale appelle à faire du 10 mars, date de convocations de profs de Melle, une journée nationale contre ces répressions.

Même en mentant et trichant Blanquer (et les média nationaux, peu diserts pendant longtemps sur cet échec du bac Blanquer) est obligé de constater l’ampleur du désavoeu. La mobilisation doit se poursuivre pour empêcher le syndicat SNPDEN des chefs d’établissement, une partie de parents d’imposer plus encore de contrôle continu et pour arracher le maintien du bac examen terminal anonyme ouvrant sur l’ensemble des formations du supérieur.

Et pour maintenir le lien avec la lutte contre la réforme des retraites, les relations interpro nouées lors des actions devant les sites éducation comme hors éducation, doivent être renforcées. L’objectif étant des blocages et le soutien aux grèves en cours, avec la perspective de centraliser tout cela au plus vite par une manifestation nationale, comme point de départ d’une généralisation de la grève.

Olivier Vinay, le 28/02/20

Répression et terreur contre le mouvement lycéen :

ne laissons pas faire !

Il n’aura pas fallu plus d’un demi-mandat à Blanquer et Macron pour mettre l’Éducation nationale à feu et à sang : suppressions de postes ; programmes et évaluations aberrants et coupés des réalités des équipes pédagogiques sur le terrain ; destruction en règle du lycée et du Bac, premier diplôme universitaire ; attaque systématique de l’indépendance des enseignant·es conférée par le statut…

Et pour imposer tout ça et faire taire la contestation, une répression tous azimuts contre les élèves et les personnels. Des enfants humilié·es, à genoux, les mains derrière la tête, comme on l’a vu à Mantes-la-Jolie en décembre 2018 : voilà le projet LREM pour la jeunesse et l’éducation !

Le bricolage des réformes Blanquer est largement dénoncé : choix/non-choix de spécialités douloureux et discriminant pour les élèves ; avec jusqu’à 45 professeur·es différent·es pour “une classe”, suppression du groupe classe et par la même de la référence sécurisante du/de la professeur·e principal·e et des délégué·es de classe. Et en raison de l’impossibilité d’aménager les cours, suppression également des différentes réponses pédagogiques collectives (voyages, sorties, projets…). Autant d’éléments pénalisant et déstabilisant les élèves au quotidien, à commencer par les plus en difficulté.

Un tel lycée ne peut donner lieu qu’à l’usine à gaz du Bac Blanquer, que l’avant-goût des épreuves communes de contrôle continu (E3C) achève de décrédibiliser. Face à l’amateurisme effarant de ces épreuves, critiqué même par les chefs d’établissement, ni les personnels, ni surtout les élèves, n’ont pu se préparer. Les E3C ne garantissent en rien des conditions égalitaires d’examen. La réponse de Blanquer à la mobilisation des personnels, des élèves et des parents a été aussi méprisante et violente que celle de Macron sur les retraites : surdité, passage en force à n’importe quel prix et répression tous azimuts.

La réalité du Bac Blanquer :

1/ Fraude systématique : connaissance des sujets et de leurs corrigés mis en ligne, candidat·es non séparé·es dans des salles bourrées et surveillance insuffisante ou illégale (retraité·es, étudiant·es, employé·e de la boulangerie d’à côté)…

2/ Sécurité gravement mise en cause : élèves enfermé·es, cadenassé·es avec refus d’évacuation de la part de l’administration, y compris en cas de déclenchement de l’alarme incendie, y compris lors de départs de feu, y compris pour des élèves malades !

3/ Passage aux forceps et par surprise de jusqu’à trois épreuves en une journée !

Des dizaines de milliers de lycéen·nes ont refusé cette mascarade. Ils/elles n’ont pas composé ou ont composé sous la contrainte, par intimidation ; ils/elles ont bloqué leur lycée, ont envahi les locaux et manifesté pour empêcher le déroulement d’épreuves iniques. Ces élèves mobilisé·es et les personnels qui les ont soutenu.es (AED à Strasbourg) sont en butte à une répression administrative et policière féroce visant à terroriser et à imposer par la force les E3C :

► zéros diminuant leurs chances au Bac pour une participation à un mouvement qui conteste sa casse ; exclusions d’élèves du lycée ou de l’internat, avec ou sans conseils de discipline ; violences des milices rectorales (Équipes Mobiles de Sécurité) ou de chefs d’établissement qui déposent plainte contre une élève à Chelles (77) (une méthode de flics pour se couvrir), contre des personnels à Montbrison (pour avoir gardé des copies quelques heures) ou à Clermont-Ferrand (pour un rassemblement interprofessionnel devant un lycée)…

► DU JAMAIS VU : intrusions policières et quadrillage des lycées (Linder à Libourne, à Bréquigny et Basch à Rennes, Desfontaines à Melle, Paul Valéry, Gabriel Fauré, Hélène Boucher à Paris) avec des brutalités, tirs de LBD, des gazages ou matraquages devant ou dans de très nombreux établissements.

► DU JAMAIS VU NON PLUS, à relier à la casse de la justice des mineur·es : répression judiciaire vis-à-vis d’élèves de 15 à 17 ans avec multiplication de gardes à vue hors cadre légal et du déferrement au parquet comme outil de répression du mouvement lycéen : une cinquantaine en Île-de-France depuis le début des E3C à Saint-Maur-des-Fossés (94), Gagny (93), Pantin (93), Paris… gardes à vue préventives aussi à Gagny, Grenoble où des élèves ont été interpellé·es à leur domicile à six heures du matin avant des épreuves !

Le ministre donne directement ses ordres à la police : dans les rectorats, comme à Bordeaux, présence de la police et la gendarmerie lors de réunions de proviseur·es. Et nombre de chefs d’établissement couvrent ce jeu dangereux et achèvent de déconsidérer leur fonction.

Vouloir terroriser et marquer ainsi la jeunesse à vie est la honte (une de plus) de ce gouvernement ! Unifions d’urgence les réponses des lycéen·nes, des personnels et des parents, au nom des valeurs humanistes et des exigences d’égalité. Des coordinations nationales lycéenne et enseignante ont adopté des positions communes. Les parents doivent les soutenir et comprendre que les dizaines de milliers de zéro annoncés ne sont qu’un élément d’intimidation de leurs enfants. Déjà, des enseignant·es du secondaire et du supérieur s‘engagent à ne pas tenir compte des résultats des E3C pour le Bac ou Parcours Sup comme l’UFR de mathématiques de Rennes.

Cette répression doit être combattue par :

la présence de personnels et de parents devant les lycées les jours de mobilisation des élèves ;

les rassemblements devant les commissariats en cas de garde à vue ;

les appels à témoins, recueil de preuves et de témoignages dans les 48 heures suivant les faits, les images, les vidéos, en cas d’interpellation.

AG éducation d’Île-de-France

EN CAS D’URGENCE, joindre la coordination contre la répression au n° IDF d’urgence 07 52 95 71 11 ou par mail : stoprepression@riseup.net.

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