Migrant·es et coronavirus : une politique absurde et inhumaine

Migrant·es et coronavirus : une politique absurde et inhumaine

L’épidémie de coronavirus est mondiale : c’est la définition même de la pandémie. Sur tous les continents, les frontières se ferment, au total 40 % de la population mondiale est confinée. La fermeture des frontières concerne tous les pays européens liés par les accords de Dublin et aussi la plupart des pays d’origine des migrant·es présent·es sur le sol français. Du coup les expulsions ne sont plus possibles, sauf encore vers quelques États. Dans toute la France, y compris dans les départements d’outre-mer, les centres de rétention se vident. Les juges des libertés ordonnent la libération des personnes placées en rétention, constatant que l’État français n’est plus en capacité d’organiser les expulsions. Des CRA sont même fermés comme ceux d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), de Geispolsheim (Bas-Rhin), ou de Guadeloupe.

Dans les structures qui restent ouvertes aucune mesure n’est mise en place, ni pour la protection sanitaire des migrant·es, ni pour celle des personnels. Rappelons que depuis la loi de septembre 2018 la durée de rétention peut s’étendre jusqu’à 90 jours. Les assignations à résidence, les OQTF, continuent à courir, y compris pour les personnes libérées des CRA par les juges, et qui peuvent donc être de nouveau arrêtées et reconduites en rétention, en toute illégalité dès lors que les expulsions ne peuvent plus être organisées.

Pourtant, le recours au Conseil d’État déposé le 23 mars par L’ADDE, le GISTI, le Syndicat des avocats de France, La Cimade et le Conseil national des barreaux pour demander de fermer tous les centres de rétention en suspendant provisoirement l’arrêté ministériel qui encadre leur création, a été rejeté le 27 mars, au prétexte du petit nombre de personnes qui y sont enfermées et de l’absence de “preuves de carence dans l’accès aux soins des personnes retenues”.

Plus que jamais, et malgré le contexte actuel de confinement, il faut continuer à exprimer et défendre nos revendications : fermeture définitive des CRA, abrogation de la loi de 2018 mais aussi des précédentes, régularisation de toutes et tous les étranger·es en situation irrégulière, liberté de circulation et d’installation.

Raymond Jousmet

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