Chronique des sexismes ordinaires

Chronique des sexismes ordinaires

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE

FO pas exagérer

Préparation d’une manifestation dans un département du Sud-Est de la France. À savoir une retraite aux flambeaux en soirée. Elle se passera deux jours avant le 8 mars, dans le contexte de mobilisation que nous connaissons : une contre-réforme des retraites qui pénalisera particulièrement les femmes. Dans un contexte aussi marqué par #Meetoo, les manifs contre les violences sexistes, etc. L’intersyndicale départementale prépare tranquillement un texte unitaire pour appeler à la manifestation en insistant notamment sur la retraite des femmes, et discute d’un projet d’appel qui se termine par la revendication de retrait du projet Macron (qui est bienvenue quand on voit qu’elle ne figure plus dans les communiqués intersyndicaux nationaux depuis peu). Projet trop “sociétal” pour l’UD FO, qui demande donc la suppression de certaines phrases telles que “Défendons le droit à l’avortement contre les attaques constantes dont il est l’objet. Dénonçons une société où les attitudes, propos et violences sexistes et sexuelles perdurent”. La phrase finale “Parce que les femmes partout dans le monde se lèvent et luttent pour l’égalité des droits et leur émancipation, soyons les grandes gagnantes ce 8 mars !” ne convient pas non plus telle quelle : il faut retirer “et leur émancipation”, qui est de trop !

Nous signalions des progrès dans les organisations syndicales ces dernières années sur la lutte contre le sexisme, il reste encore bien du chemin à parcourir dans certains endroits…

Quentin

Mobilisation indispensable même pendant la pandémie

Avril 2020, en dépit des interdictions à se rassembler, les Polonaises se sont mobilisées pour montrer leur ferme opposition à un durcissement de la loi sur l’avortement. En effet, le 15 avril, le parlement polonais devait examiner un texte déposé par le comité “Stop Avortement” qui visait à interdire l’un des trois cas d’avortement encore légalement autorisés dans ce pays, celui des graves malformations de l’embryon. Un autre texte examiné le même jour, visait à criminaliser et à interdire les cours d’éducation sexuelle dans les écoles.

Les Polonaises ont massivement protesté sur les réseaux sociaux (selfies avec pancartes, mails envoyés aux député·es) et quelques·unes en direct, en voiture, à bicyclette, dans les files d’attente pour les magasins, affichant les slogans rappelant que leur corps, c’est leur affaire.

Sous la pression des manifestantes et d’une pétition, 365 député·es polonais·es ont voté contre le passage immédiat au vote de cette proposition, renvoyant les deux textes en commission.

En cette période préélectorale, le parti ultraconservateur de Pologne est prêt à tout pour offrir des gages à la puissante Église catholique. Mais les Polonaises sont vigilantes et réactives ; il en va de leur droit à disposer de leur corps.

Joëlle

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