Editorial revue n°1 (septembre 2020)

Editorial revue n°1 (septembre 2020)

COLLECTIF

Rarement une rentrée aura autant été marquée par la nécessité du collectif. D’autant plus que le pouvoir instrumentalise la crise économique et sociale liée à la pandémie – qui est d’ailleurs bien réelle et sur laquelle il combine incompétence et mépris pour la population – pour défaire méthodiquement toutes les solidarités collectives (voir les articles sur ces questions dans les pages suivantes).

Collectif, tout d’abord en déconfinant les mobilisations, qui ne doivent plus s’ignorer. Luttes écologistes, antiracistes et contre les violences policières, pour la défense de l’hôpital public, luttes syndicalistes… ont tout à gagner à converger. C’est ainsi que peuvent prendre forme non seulement un front unitaire contre les attaques gouvernementales (qui cherchent à diviser et à segmenter)… mais aussi un projet de société alternatif au système capitaliste qui plus que jamais “épuise deux choses, le travailleur (1) et la nature”. Car si le cri de ralliement “plus jamais ça” est pertinent, la préservation des conquêtes sociales et démocratiques se fait ici et maintenant, sans s’en remettre à une resucée électoraliste d’union des écologistes et de la gauche (de gouvernement plus ou moins radicale) dans la perspective de 2022. De ce point de vue, l’“acte 3” des sans-papiers qui pose des revendications d’urgence peut constituer un moment fort pour la lutte antiraciste (rappelons que les travailleurEs immigréEs constituent une composant majeure – et la plus opprimée – de la classe ouvrière de ce pays).

Collectif ensuite, par l’unité syndicale sur les revendications de combat contre ce gouvernement. L’échéance de la grève du 17 septembre peut constituer un point d’appui pour le monde du travail : elle peut constituer une échéance pour que les travailleurEs montrent leur colère, mais aussi pour que les colères se conjuguent dans la rue. Il est donc important que toutes les organisations syndicales appellent clairement à la grève, mais aussi de retisser les solidarités, retrouver le sens du collectif et de la défense solidaire : en réunissant partout des AG de personnels pour décider des revendications et des actions.

Collectif enfin à notre niveau, celui de l’Éducation. La rentrée s’annonce catastrophique. Le gouvernement et le ministre n’ont pour l’instant rien préparé de sérieux à part leur protocole de juillet sur les masques et la distanciation : aucune mesure sur les recrutements, aucune remise en cause des contre-réformes, rien sur la question des contenus d’enseignement après l’épisode du confinement… bref aucune mesure d’urgence pour l’école publique ou même tout simplement pour faire face au risque épidémique. Cherchant à atomiser complètement le système éducatif, Blanquer joue à fond la logique de  “l’autonomie” des établissements : autrement dit quelques préconisations minimalistes, et pour le reste débrouillez-vous localement… y compris en vous mettant vous-mêmes en danger ! Il s’agit de contrer ce projet, pour cela de ressouder les personnels et reconstituer du collectif en réunissant partout des AG à la rentrée.

Émancipation tendance intersyndicale,

le 25/08/2020

1) À l’époque de Karl Marx, l’écriture inclusive n’existait pas…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *