Bureau National de la FSU (07 septembre) : quelle orientation face à une rentrée catastrophique ?

Bureau National de la FSU (07 septembre) : quelle orientation face à une rentrée catastrophique ?

Le Bureau national de la FSU du 07 septembre a discuté de plusieurs points, en particulier la question de la rentrée scolaire: comme on s’y attendait, elle provoque une grande souffrance chez les personnels comme chez les élèves. Dans le même moment où Macron et son gouvernement arrosent le patronat pour renflouer ses profits (plan de relance de 100 milliards d’euros)… les services publics et l’éducation sont au régime sec. La rentrée était redoutée, elle s’avère en effet catastrophiques : effectifs des classes, désorganisation et improvisation dans les écoles et établissements, « protocole sanitaire » qui sert surtout à renvoyer tout le monde à ses responsabilités individuelles.
Un seul exemple : quelle est la situation administrative des collègues mis « en quatorzaine » s’il y a un cas de Covid dans leur école ou établissement ? A ce jour, les différents échelons de la hiérarchie se renvoient la balle et sont incapables de répondre à une question aussi élémentaire.
Plusieurs éléments particuliers sont apparus dans les discussions:
1) dans l’enseignement supérieur, un protocole sur la « revalorisation » est en discussion : dans le Bureau National si certain.es sont intervenu.es dans l’optique de faire évoluer l’avant-projet gouvernemental pour aboutir à une signature de la FSU… d’autres ont relevé que ce projet s’inscrivait dans le cadre de la mise en place de la LPPR combattue par les personnels.
2) le « Grenelle des professeurs » annoncé par Blanquer : en réponse à une intervention d’Emancipation sur le sujet (voir nos interventions dans le fichier joint), il a été répondu que la direction de la FSU refuserait de lier « revalorisation » et reforme des retraites / attaques statutaires dans les discussions annoncées… sans pour autant refuser ces discussions.
3) dans la Fonction publique : une intersyndicale avec tout le monde sauf la CFDT pourrait préparer un texte exigeant du gouvernement des réponses précises sur la prise en charge des personnels pendant le Covid (notamment la question du jour de carence).
4) à un niveau plus général : la FSU est membre du collectif d’organisations syndicales et écologistes « plus jamais ça ». Des rencontres avec les partis politiques « de gauche » sont en projet. Ce sera sans doute un débat important qu’il faudra avoir dans les syndicats.

S’appuyant sur la situation de fragmentation y compris syndicale, le gouvernement cherche à en profiter pour avancer ses pions :
– en programmant diverses offensives contre les droits démocratiques et les libertés (loi sur les « séparatismes »).
– en divisant : dans chaque secteur il cherche à négocier quelques augmentations salariales en échange de la flexibilisation, des attaques contre les statuts et de la dénaturation du métier. Il a procédé ainsi pour le « Ségur de la santé », et compte procéder de même dans l’enseignement avec le « Grenelle des professeurs ».

Au Bureau national de la FSU, la majorité des interventions montraient une prise de conscience de cette question. Pour autant, la majorité du Bureau National (1) se limite à des constats et renvoie chaque secteur à ses propres problèmes… cela ne suffira pas pour faire face à la politique du gouvernement. Chacun des secteurs concernés analyse, proteste, négocie ou mobilise. Les textes « Action » de la FSU sont trop souvent des catalogues d’actions disparates envisagées secteur par secteur. Pour Emancipation, aucun secteur ne peut espérer faire échec aux politiques gouvernementales sans le soutien actif et massif de tous les autres secteurs, et sans l’émergence dans le mouvement social de luttes pour un autre système éducatif, pour une autre politique éducative. C’est ce à quoi la FSU peut et doit s’atteler. Il s’agit alors pour la FSU de donner un signal fort, en appelant à tenir partout des Assemblées Générales sur les lieux de travail, des AG locales et départementales rassemblant tous les personnels de la maternelle à l’université, pour faire remonter les besoins et revendications, pour construire et coordonner les mobilisations.
Dans cette optique, il est nécessaire de prendre des initiatives et des positions claires. Les membres d’Emancipation au Bureau national ont fait des interventions sur plusieurs sujets importants (vous pouvez télécharger nos interventions au bas de la page) :
– défendre les droits élémentaires des personnels, et articuler cette défense avec un combat contre la politique éducative de Blanquer. Notamment avec ce qui se profile concernant « l’enseignement hybride » et le « Grenelle des professeurs ».
– au niveau interprofessionnel faire avancer la perspective d’une lutte d’ensemble face aux plans d’austérité et aux centaines de milliers de licenciements qui se profilent… une lutte interpro par la grève et une plateforme unifiante, alors que la manière dont la journée du 17 septembre a été construite ne le permet pas pour l’instant.
– répondre aux mauvais coups du pouvoir sur d’autres sujets, notamment le projet de loi « contre les séparatismes ».

(1) Composée des tendances UA et EE.

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