Compte-rendu du Conseil National de la FSU de septembre

Compte-rendu du Conseil National de la FSU de septembre

Le Conseil National de la FSU se tenait les 21-22 septembre, pour la première fois en « présentiel » depuis le confinement… dans un contexte où le gouvernement profite de la crise sanitaire pour multiplier les attaques contre les travailleur.es, la jeunesse, les immigré.es, les services publics…

La commission « éducation » a surtout été consacrée au numérique, dans l’objectif de définir des mandats FSU aux Etats Généraux du Numérique impulsés par le ministère. Nous sommes intervenu•es dès le début du débat pour souligner le lien avec le projet de généralisation de l’enseignement hybride, vaguement évoqué lors de l’introduction. La plupart des interventions qui ont suivi ont dénoncé ces États généraux comme cheval de Troie pour introduire de nouvelles régressions. Ont été abordés entre autres le mal-être enseignant, l’augmentation des misions, du temps de travail, aussi l’aggravation des conditions de travail, le caractère profondément inégalitaire du distanciel. L’objectif est de faire des économies d’une part, et d’autre part de développer le juteux marché du numérique de l’enseignement. L’exigence de création de postes à l’image de l’Italie et de l’Espagne, s’est exprimée clairement.

Le débat général a été notamment marqué par deux axes majeurs :
1) les « concertations » pour la « revalorisation » : dans le supérieur, le pouvoir propose aux syndicats de signer un protocole liant quelques gains salariaux attribués au mérite à la mise en œuvre de la loi LPPR rejetée par les personnels et étudiant.es. Un grand nombre d’interventions se prononcent contre la signature de ce protocole par la FSU.
Dans l’Education, le « Grenelle des professeurs » a le même but : des discussions pour une « revalorisation » limitée… liée à des menaces pour les statuts et les conditions de travail. Pour Emancipation (et d’autres tendances minoritaires), il ne faut pas mettre le doigt dans cet engrenage mais plutôt mobiliser pour mettre fin au gel du point d’indice, arracher des augmentations uniformes… Nous intervenons et déposons une motion en ce sens, et avons soutenu les textes allant dans la même direction (voir en bas de page nos textes et interventions sur les différents sujets).
2) construire la lutte dans l’Education (et plus largement) : tout le monde est conscient.e de l’enjeu de récréer du collectif à partir de la base, pour que les personnels soient solidaires, se défendent collectivement face aux pressions de la hiérarchie et du gouvernement. Mais il faut aussi des perspectives dépassant le seul niveau local et immédiat. La direction UA-EE de la FSU entend articuler une campagne encore très vague autour de la valorisation des services publics et de l’école (elle réclame avec raison « un plan de recrutement massif de dizaines de milliers de personnels pour répondre aux besoins »)… avec une perspective construite autour du collectif d’organisations « plus jamais ça », qui pour Emancipation ne constitue pas un outil adéquat. Pour Emancipation, il faut avant tout : 1/ remettre en route les AG de personnels et les coordonner pour construire une lutte menée démocratiquement, 2/ se battre pour un plan d’urgence sanitaire et éducatif, 3/ construire un mouvement interprofessionnel, indispensable quand on voit que les prochains mois seront marqués par la question de la précarité et des licenciements. Pour nous : « La priorité du mouvement syndical doit être de bloquer les régressions organisées par le gouvernement, d’obtenir le retrait ou l’abrogation de toutes les contre-réformes de ce pouvoir, d’obtenir la satisfaction des revendications et de porter une perspective de rupture avec le système capitaliste… et non pas de placer ses espoirs dans une hypothétique alternance électorale en 2022 ».

Emancipation est par ailleurs intervenue sur divers sujets, proposant des motions qui parfois ont débouché sur un accord :
– pour soutenir la lutte du peuple biélorusse (tout comme la représentant de la FSU Auvergne), la mobilisation des salarié.es d’Ibis Batignoles, la lutte du peuple kanak pour la décolonisation (référendum du 04 octobre en Kanaky-Nouvelle-Calédonie).
– pour la défense des collègues réprimé.es de Melle : pour Emancipation, c’est une solidarité et une mobilisation nationales qui doivent se construire, cela nécessiterait au minimum un appel à des rassemblements de soutien partout le jour du premier conseil de discipline (12 octobre) ainsi qu’un préavis de grève national de la FSU. Il n’y a pas eu accord avec la direction de la FSU, nous avons maintenu notre motion

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