Chronique des sexismes ordinaires (revue n°2 d’octobre 2020)

Chronique des sexismes ordinaires (revue n°2 d’octobre 2020)

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE
Chronique des sexismes ordinaires

Au Mexique, la Commission des droits de l’homme occupée
Début septembre, des féministes se sont introduites dans les bureaux de la Commission nationale des droits de l’homme de Mexico et en ont pris le contrôle. Après avoir expulsé des fonctionnaires, elles ont déclaré que le bâtiment serait désormais un refuge pour les femmes victimes de violence et l’ont rebaptisé “refuge pour femmes Ni Una Menos” (Pas une de moins).
Ces militantes rejointes par des mères de victimes sont exaspérées de voir que leurs démarches, leurs plaintes restent sans effet. Face à des institutions inefficaces devant le fléau des féminicides que connaît le pays (en moyenne,10 femmes assassinées chaque jour), elles ont choisi l’ occupation de ce bâtiment pour se faire entendre.
Le président Lopez Obrador a critiqué leur mode opératoire, quelques tableaux à l’intérieur des bureaux ayant été “retouchés” à la bombe aérosol ! Plus important visiblement à ses yeux que les nombreux cas d’agressions sexuelles subies par des enfants ou des femmes dans son pays… Devant une telle réaction du chef de l’État, les féministes, renforcées dans l’idée que les autorités n’ont aucune envie d’agir ne peuvent que continuer le combat, avec des actions de plus en plus radicales.

Joëlle

“L’obscénité est dans vos yeux”
Depuis le 14 septembre 2020, des lycéennes et des collégiennes se mobilisent dans leurs établissements contre la mention “tenue correcte exigée” inscrite dans les règlements intérieurs. À partir du hashtag #14septembre, elles ont posté sur les réseaux sociaux des photos de jupes ou shorts au dessus du genou ou bien encore de hauts qui dévoilent leur nombril – tenues jugées “provocantes” ou “aguicheuses” par les établissements scolaires et par la société. Par cette mobilisation, elles rappellent que la culture du viol est partout dans la société, de la rue jusque dans les établissements scolaires : lorsqu’une femme ou une jeune fille est violée, on ne le sait désormais que trop bien et beaucoup de documentaires en témoignent, c’est souvent sa tenue ou son comportement qui sont mis en cause, avant et parfois à la place du comportement de l’agresseur : “elle l’a cherché”, elle est responsable. Face à cette résistance dans les établissements, qui marque les avancées en matière de prise de conscience des effets du patriarcat sur chacun•e, le ministre de l’éducation a appelé au “bon sens” qui consisterait à porter des “tenues normales”… alors que ce sont ces mêmes normes qui interrogent. Des normes définies par une société toute imprégnée du patriarcat. Á l’heure où les jeunes filles et jeunes femmes brandissent des pancartes où on peut lire “éduquez vos fils” ou encore “l’obscénité est dans vos yeux”, il est grand temps de dire leur courage et de leur offrir un soutien à la hauteur de leur prise de conscience!

Karine

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