Appel d’établissements du 93

Appel d’établissements du 93

Catastrophe sanitaire imminente dans les établissements scolaires
Des établissements du 93 lancent une alerte !

Les représentant.es d’une vingtaine d’établissements du 93 se sont réunis en AG le 8 octobre à Bobigny en présence des syndicats 93 SNES, SUD, SnFOlc et CNT. Ils reprennent l’appel lancé il y une semaine à l’initiative de leurs collègues mobilisés du lycée Mozart au Blanc-Mesnil et de la cité scolaire Jean Renoir à Bondy.
Plus d’un mois après la rentrée rien n’a été prévu pour faire face à l’ampleur de la crise sanitaire et à la reprise attendue de l’épidémie. Nous percevons les effets de cet abandon par l’Etat : de plus en plus de nos élèves, de nos collègues tombent malades ou sont cas contacts, d’autres ont désormais peur de venir en classe. D’ailleurs Santé Publique France confirme que le milieu scolaire et universitaire représente plus de 35% des clusters. Cette situation devient donc l’affaire de toutes et tous.
Un protocole sanitaire digne de ce nom est inapplicable du fait du manque de moyens dans nos établissements : absence d’emplois du temps aménagés et d’effectifs restreints ; difficulté pour les élèves à porter le masque toute la journée ; report sur les familles de la charge financière des masques ; promiscuité permanente dans nos locaux inadaptés qui rend le respect des gestes barrière impossible ; aucun personnel de vie scolaire, ni aucun agent de service supplémentaire pour toutes les tâches administratives et sanitaires supplémentaire. Cela alors même que les sous-effectifs et le non remplacement sont criants. Les agents sont en première ligne face à l’épidémie : rien n’est fait pour eux. Certains établissements continuent d’ouvrir sans vie scolaire, cantine ou désinfection de l’intégralité des locaux.
Les conditions d’incurie de cette rentrée constituent une maltraitance institutionnelle du ministère de l’éducation, de la Région et du département à l’égard des élèves et des personnels notamment à l’égard de la majorité des personnels à risque qui continue de travailler sans protections et sans aménagement.
Nous dénonçons la politique de l’ARS et de la DSDEN consistant à restreindre la liste des cas contacts, et à limiter les informations sur les cas avérés pour donner le moins d’informations possibles sur les conditions réelles dans lesquelles nous enseignons et sur la propagation de l’épidémie dans nos établissements.

Face au décalage entre nos constats sur le terrain et le discours des autorités, nous estimons avoir un devoir d’alerte et de mobilisation. Ne rien dire, ne rien faire ce serait être complices.
Des mesures élémentaires pourraient encore nous laisser une chance d’éviter une catastrophe sanitaire, des évictions à répétition de groupes et de classes, des fermetures d’établissements, voire un nouveau confinement. Nous ne voulons pas d’un retour à l’enseignement en distanciel qui a montré toutes ses limites pédagogiques et sociales. Ainsi, nous exigeons :
• la mise en place de cours à effectifs réduits, et nous mettons en débat la présence des élèves par demi-classe une semaine sur deux ainsi qu’une possibilité d’allégement des programmes déjà intenables après le confinement et la reprise des cours perturbés par les absences dues à la pandémie ;
• des campagnes de tests au sein des établissementss scolaires à la hauteur des risques encourus ;
• des aménagements de l’espace (notamment pour la demi-pension) et de la circulation ;
• la distribution de masques chirurgicaux gratuits ;
• des mesures pour la protection des personnels à risque.

Cette année n’est pas et ne sera pas normale : vouloir tout faire fonctionner comme si de rien n’était, c’est faire courir à toute la société des risques immenses.

Nous qui enseignons dans un département particulièrement touché par l’épidémie appelons :
• Les assemblées générales des établissements à voter et co-signer cet appel en se signalant à l’adresse : appeldesbahutsdu93@gmail.com
Nos collègues à saisir les instances médicales, administratives et juridiques (médecins-conseils du Rectorat, ARS IDF, CSSCT) pour dénoncer les conditions sanitaires.
Nos collègues à rejoindre la grève du 17 novembre lancée par l’intersyndicale SNES, SUD-Education, CGT Educ’action, SNFOLC 93.
Nos collègues à tenir des AG sur heure d’information syndicale à partir du 02 novembre (à déposer avant les vacances) pour décider de la grève du 17, des revendications et des actions.
• La tenue d’une AG des établissements du 93 lundi 9 novembre à 18h00 à la bourse du travail de Bobigny pour faire le point sur la mobilisation, les revendications et préparer efficacement la grève du 17. Les collègues devront venir mandatés sur l’action et les revendications, notamment celles suggérées dans cet appel pour que des décisions puissent être prises.

Nos organisations syndicales et les fédérations de parents d’élèves à appuyer ce 2eme appel et à utiliser tous les moyens à leur disposition pour agir et sortir de cette situation intenable.

Les enseignantes mobilisé.e.s d’une vingtaine d’établissements du 93 : la cité scolaire Jean Renoir (Bondy), les lycées Mozart (Le Blanc-Mesnil), Jacques Feyder (Epinay), Condorcet (Montreuil), Angela Davis (St Denis), Jean Zay (Aulnay/bois), Olympe de Gouges (Noisy le sec), Jacques Brel (la Courneuve), Lucie Aubrac (Pantin), les collèges Lavoisier (Pantin), Diderot (Aubervilliers), Barbara (Stains), JP Timbaud (Bobigny), Aretha Franklin (Drancy) avec le soutien d’enseignant.e.s des lycées Jean Rostand (Villepinte), Blaise Cendrars (Sevran), Clémenceau (Villemomble), Louise Michel (Bobigny), du collège Delaune (Bobigny).

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