Rentrée du 02 novembre : la révolte dans les établissements

Rentrée du 02 novembre : la révolte dans les établissements

De manière imprévue, la révolte monte chez les collègues des établissements alors même que la rentrée n’est pas encore là. Ce lundi, nombre d’établissements seront en grève.

Au départ, une opération d’instrumentalisation politique de l’hommage à Samuel Paty : forcer tous les profs (donc fouler aux pieds la liberté pédagogique) à faire une « séquence pédagogique » lundi à 10h sur la laïcité et la liberté d’expression, sans aucune préparation préalable, sans aucun matériel pédagogique etc. cela a été refusé par les enseignant.es, refusant cette instrumentalisation de l’école pour une opération de communication.

Et puis : annulation de la réunion des personnels prévue de 8h à 10h lundi dans les établissements et écoles. Ce qui entraîne la révolte : les collègues veulent cette banalisation des heures de cours… non pas pour marcher au pas, mais pour avoir un temps d’échange collectif entre eux / elles sur comment rendre hommage à Samuel Paty, comment faire face à la situation sanitaire, etc. bref, se réapproprier la parole. Des appels intersyndicaux se multiplient, y compris appelant à la grève pour faire reculer les directions d’établissement, comme à Nice et Lyon.

Nous publions ci-dessous le communiqué du lycée Balzac (77), parmi beaucoup d’autres.

Réapproprions-nous notre métier, battons-nous collectivement dans l’unité avec nos organisations syndicales pour obtenir satisfaction sur les revendications !

Communiqué des enseignants du lycée Honoré de Balzac
de Mitry-Mory réunis le vendredi 30 octobre 2020


Comme nous l’avions décidé avant les vacances scolaires, nous avons tenu une réunion virtuelle ce vendredi 30 octobre, à laquelle une quarantaine d’enseignantes et enseignants a pu participer.
Nous avons constaté les nombreux obstacles à un accueil correct de nos élèves à partir de lundi :
• un protocole sanitaire qui doit supposément être renforcé, mais sans qu’aucun moyen supplémentaire ne soit annoncé par le ministère de l’Education nationale, ni aucun aménagement pédagogique (cours en demi-groupe, programmes, examens…) ;
• aucune réponse, à ce jour, à la lettre-pétition que nous avons envoyée à la Région Ile-de-France, demandant les recrutements et les créations de postes nécessaires parmi les équipes d’entretien et de restauration ;
la communication tardive et désordonnée du gouvernement, et l’absence d’informations concrètes pour les personnels sur le terrain, ne permettant ni aux équipes de direction, ni aux personnels dans leur ensemble, de préparer efficacement de nouvelles mesures sanitaires pour lundi ;
des informations tout aussi tardives et contradictoires, concernant le temps d’échange avec les élèves et la minute de silence prévus suite à l’assassinat de notre collègue Samuel Paty. Cela nous expose au bricolage et à l’improvisation, ce qui n’est ni souhaitable pédagogiquement, ni respectueux de la mémoire de notre collègue assassiné.

Pour ces raisons, nous avons décidé de demander la banalisation de la journée de lundi, pour que les personnels puissent se réunir et échanger, entre eux et avec la direction :
• sur les mesures déjà prises pour renforcer le protocole sanitaire, et celles qui pourraient être prises ;
• sur les aménagements pédagogiques permettant de concilier au mieux les impératifs sanitaires, les apprentissages des élèves et leur réussite aux examens ;
• sur les façons de rendre hommage à Samuel Paty, et d’aborder avec nos élèves les thématiques liées à ce crime.

Nous sommes conscients qu’il n’est pas certain que nous trouvions des solutions satisfaisantes à l’échelle de notre établissement – malgré l’implication de tous les personnels et les échanges constructifs que nous avons avec notre direction – si les pouvoirs publics ne nous en donnent pas les moyens humains, matériels et réglementaires.
Dans ce cas, nous devrons apprécier individuellement les conditions de sécurité sanitaire sur notre lieu de travail, et la question du droit de retrait, par lequel chaque agent serait contraint de garantir sa sécurité, pourra se poser.
Par ailleurs, au-delà de notre sécurité individuelle immédiate, et pour que nos demandes soient entendues des autorités, nous débattrons de toutes les formes d’action collective nécessaires, y compris la grève.

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