Combattre la Covid et Macron

Combattre la Covid et Macron

Dans les milieux militants progressistes, on trouve encore trop de camarades qui confondent la dangerosité de la maladie, qui serait faible, avec les pratiques gouvernementales qui exploitent cette maladie. Je renvoie à mon dossier du printemps et à mes articles dans les numéros de septembre et d’octobre pour plus de détails, mais il peut être utile de rappeler les grandes étapes des rendez vous manqués entre l’aggravation de l’épidémie et la gestion calamiteuse de cette crise sanitaire par la clique Macron et les autorités de santé, indigne d’un grand pays riche, encore doté, malgré les saignées, d’un système de santé qui pourrait avec des moyens permettre de résister.

Ce deuxième confinement de tout le territoire est l’aboutissement de la stratégie gouvernementale de mesures à chaque fois en retard par rapport à la dynamique de l’épidémie et dont on n’attend même pas de connaître l’efficacité pour passer à la suivante. Déjà, l’absence de tests et de masques avait conduit au premier confinement très dur parce qu’imposé sans beaucoup de réflexion ni la moindre concertation, (par exemple à l’époque la régionalisation eût été possible). A la sortie de ce confinement, les discours rassurants de Macron et de ses ministres, pour la reprise du travail qui sauve l’économie, puis pour des vacances (d’été… et récemment de Tousssaint !) qui sauvent le tourisme en France, ont favorisé un rapide laisser aller. Du coup, le virus a circulé partout dans le pays.

En septembre il était encore temps de mettre en place la stratégie « tester, tracer, isoler » qui a réussi dans plusieurs pays. C’était compter sans la gabegie des millions de tests et des retards des résultats qui les ont rendus inutiles, sauf pour enrichir les labos et creuser le « déficit de la sécu », sans l’insuffisance du traçage des chaines de contacts et sans l’incapacité à isoler (le gouvernement a changé ce terme « isoler » en « protéger » pour économiser les réquisitions d’hôtels). A la rentrée, pour envoyer le maximum de gens à la production, les protocoles déjà insuffisants ont été allégés à un niveau scandaleux : 7 jours d’isolement au lieu de 14 pour les cas positifs et contacts et la palme à Blanquer qui à multiplié et dissimulé les clusters dans l’éducation. A partir de là, les mesures régionalisées sur le port du masque ou la fermeture de différents commerces et activités ont eu comme résultat essentiel de diviser les professionnels et les régions, mais ne pouvaient pas empêcher l’épidémie de Covid 19 de s’aggraver, jusqu’à devenir incontrôlable, ce qui va encore aggraver les crises sanitaire, économique et sociale. Et cette situation très difficile risque de durer encore de longs mois.

A ce stade l’état d’urgence sanitaire et l’éphémère couvre feu, visent plus à protéger le pouvoir contre les fortes contestations actuelles ou future de sa gestion de la crise qu’à combattre réellement l’épidémie. Et il risque fort d’en être de même avec le confinement, vu qu’il ménage l’essentiel des activités économiques, et aussi, pour ce faire, l’éducation du premier et second degré. Autant de secteurs où la contagion est importante et où le patronat et Blanquer vont continuer à tricher sur cette réalité. Le protocole renforcé de Blanquer revient juste à ajouter la problématique des masques dès 6 ans (payés par les familles), à soumettre tout le reste à « ce qui est possible » et rien sur l’éventualité de fermeture de classe seulement au-delà de trois cas positifs, ni sur l’omerta, organisée tout au long de la chaine hiérarchique, par rapport à la réalité des nombre de malades et cluster, chez les personnels, les élèves et les parents.

Faire une priorité revendicative de la défense sanitaire en exigeant avec les urgences et l’Hôpital tous les moyens nécessaires en personnels, lits, matériel, produits et vaccins contre la grippe, pour que la système de santé puissent espérer répondre à ce deuxième pic de l’épidémie ; voilà qui devrait être prioritaire dans le plan de relance, plutôt que les subventions aux entreprises sans la moindre contrepartie en terme d’emploi ni exigence de remboursement en cas de plan social, y compris celles qui ont touché des aides d’état et qui licencient ou délocalisent ; en expliquant que refuser de prolonger les droits des chômeurs -ses malgré plusieurs mois de confinement, laisser perpétrer les expulsions locatives ou de camps d’urgence et attaquer les droits de squatters, c’est jeter à la rue des milliers de personnes, en contradiction totale avec tout couvre feu ou confinement ; en montrant que dans le projet de loi sur le financement de la sécu. Le pouvoir instaure un forfait pour tout passage aux urgences s’il n’est pas suivi d’une hospitalisation, même pour les personnes actuellement exonérées (ALD, femmes enceintes, AME…). Que voilà une façon inélégante de décourager d’aller se faire soigner y compris dans les déserts médicaux où les urgences sont le dernier recours- et ainsi de « créer » artificiellement des places aux urgences.

Protéger les militant.es et les réseaux…
Il peut paraître inutile de rappeler des gestes barrières si ressassés, mais pas toujours respectés. Ou tout au moins respectés sans se donner les meilleures chances d’efficacité. La durée du lavage des mains au savon doit réellement être supérieure à 30 secondes, en n’oubliant pas les ongles, qu’il vaut mieux maintenir courts. De même que l’utilisation du gel hydro-alcoolique (à avoir toujours sur soi), ne doit pas être hâtive et superficielle, particulièrement après contacts douteux (le virus survit plusieurs jours sur la peau et plusieurs semaines sur les portables, appareils à carte bleue), la distanciation d’un mètre est un minimum (augmenté dans plusieurs pays), surtout en l’absence de masque et particulièrement en cas d’expression forte (slogans dans les manifs, chants…).
Pendant la grève des retraites et le confinement, l’absence de salles a empêché de tenir AG, réunions de coordination, de travail, de préparation des actions. Pendant l’épidémie, l’occupation des locaux, collectifs ou privés, particulièrement s’ils sont de petites taille et mal ventilés, mais pas seulement, imposent deux pratiques complémentaires. Le port du masque au minimum chirurgical (réserver les masques en tissus à l’extérieur) et l’aération fréquente (de nombreuses fois par jour).
Les militant.es « cas contacts », ou bien présentant des symptômes faisant penser à la maladie (grande fatigue, toux, fièvre anosmie et/ou agueusie…) doivent prévenir leur(s) réseau(x) militant(s) et s’isoler jusque aux résultats du test et en cas de positivité au moins 7 jours après le prélèvement. « Au moins », parce que le passage des 14 jours préconisés par l’OMS aux 7 jours fait partie des bricolages du gouvernement, prétendant ainsi rendre l’isolement plus tolérable, alors qu’il n’a pas non plus veillé à offrir les possibilités d’isolement qui avaient été annoncées au printemps.
Le Conseil d’Etat, a rappelé qu’un confinement ciblé (personnes âgées ou sensibles …) est illégal, mais il est souhaitable pour un réseau militant d’exposer moins les personnes à risque. Une répartition des tâches, limitée à la durée de l’épidémie, peut-être que ces personnes privilégient « le télétravail militant » : l’écriture et tirage des tracts, les contacts téléphoniques, l’alimentation des sites et listes de diffusion, la participation aux réunions en distanciel. Les surgissements en manifestations non autorisées à la rentrée de septembres, ont marqué l’importance des mobilisations contre le racisme et la répression policière et apporté un nouveau souffle après la parenthèse du confinement. Dans ce type d’action où il n’est pas sûr d’avoir toujours la latitude de maintenir les distances il faut donc privilégier la participation des jeunes et de tout.es celles et ceux, de plus en plus nombreux -ses qui ont eu un test Covid positif depuis moins de trois mois (données actuelles sur la durée de l’immunité acquise).

Olivier Vinay

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