Covid 19, attentats, loin de combattre les crises, Macron et sa clique les aggravent et les instrumentalisent

Covid 19, attentats, loin de combattre les crises, Macron et sa clique les aggravent et les instrumentalisent

Dans cette période de grave épidémie de Covid 19 et de renforcement des menaces d’attentat…, nous serions en droit d’attendre que l’État soit un point d’appui pour surmonter la situation ; mais hélas…

Macron et son gouvernement sont incapables de lutter efficacement contre les risques actuels

– l’épidémie de Covid 19 est d’ores et déjà  plus grave en France que dans la plupart des autres pays, toutes proportions gardées (différences de nombres d’habitant·es, de systèmes hospitaliers…). À force de vouloir garder le contrôle de l’économie, les Castex et Véran ont perdu celui de l’épidémie, avec leur sidérante gestion de la sortie de confinement, des vacances, de la rentrée, du scandale des tests et de l’isolement des cas contact et positifs et de l’état d’urgence. Leur priorité depuis mai a été la satisfaction des exigences du MEDEF et des financiers, le maintien, à tout prix et sans protections sérieuses, du maximum d’activités productives (travail, transports, scolarisation sans adaptations majeures maintenue pas tant pour les décrocheur·euses, que pour libérer les parents), sans oublier les milliards de cadeaux fiscaux et du plan de relance… Mais à vouloir jouer sur les deux tableaux d’une maladie grave et durable et d’un capitalisme déjà prêt à tout avant la pandémie pour sauver ses taux de profit, ils font perdre le pays sur les deux plans : des dizaines de milliers de mort·es et de porteur·ses de séquelles de la Covid d’un côté et de l’autre toutes celles et ceux qui ont déjà perdu, ou vont perdre, suite à l’état d’urgence ou du deuxième confinement, leur travail, leur librairie ou leur salle de spectacle… Sans même parler des boucs émissaires successifs de l’impéritie gouvernementale, les jeunes d’abord, ensuite les familles, puis les petit·es commerçant·es, toute une société divisée en plus d’être malade et appauvrie !

– quant aux attentats, ils n’ont pas pu être empêchés, malgré la multiplication des mesures sécuritaires et de contrôle social. Pour ce qui est du meurtre terrible de Samuel Paty, il est clair que ce professeur notoirement menacé pour avoir enseigné l’éducation morale et civique de la République, n’a bénéficié, à aucun niveau de la hiérarchie de l’Éducation nationale et du ministère de l’Intérieur, des protections de cette République. Et là aussi, au lieu de le reconnaître et de contribuer à unifier les personnels, les élèves et les parents meurtri·es, pour résister ensemble à l’horreur, Blanquer a  une fois de plus montré que tout ce dont il est capable, c’est  le mépris, le mensonge et l’autoritarisme. Il a voulu saborder l’hommage si indispensable du 2 novembre, négocié par les personnels et les syndicats, tout occupé qu’il était à traquer l’islamo-gauchisme à l’Université ou dans le syndicalisme enseignant.

Le pouvoir instrumentalise les crises pour sa politique inégalitaire et liberticide

Macron et son gouvernement ne nous protègent pas plus de la Covid 19 ou du terrorisme, que de leurs conséquences sociales ou économiques. Mais en plus, ils instrumentalisent systématiquement toutes ces crises pour stigmatiser les migrant·es, couvrir la répression de la jeunesse, des mouvements sociaux et des syndicalistes et pour abattre les libertés démocratiques qui sont toutes menacées par une accumulation de textes et de pratiques d’exception : état d’urgence sanitaire, couvre feu, renforcement des forces policières pour refouler les migrant·es en Italie, projet de loi sur la sécurité globale qui vient s’ajouter aux mesures d’exception déjà passées dans le droit commun depuis 2017, décision de la politique sanitaire au niveau de conseils de défense, en dehors de tout contrôle démocratique ; attaque particulière de la liberté de la presse : au niveau de la protection des sources, avec la garde à vue du journaliste Le Devin qui a cité la note des renseignements généraux révélant que Samuel Paty  n’a pas disposé de protections imposées par les menaces reçues. La presse est aussi visée au niveau de la couverture des manifestations et des violences policières, avec l’interdiction de la publication de photos de membres des forces de répression, qui revient à leur garantir une impunité encore plus exorbitante. Dans le supérieur, les libertés et franchises universitaires sont piétinées comme jamais, tant au niveau des nominations d’enseignant·es que pour les possibilités d’actions revendicatives sur les campus.

En plus d’attenter aux libertés, Macron utilise l’état d’urgence et le confinement pour réprimer les opposant·es : répression policière violente contre les lycéen·nes exigeant une meilleure protection sanitaire, répression disciplinaire du droit de manifester contre les iniques E3C (supprimées d’ailleurs depuis) pour les quatre de Melle…

La mobilisation forte, rapide et auto-organisée de l’Éducation nationale fait reculer Blanquer et en appelle d’autres

Malgré un contexte difficile, aggravé par les vacances de Toussaint, les AG d’écoles, d’établissements et les lycéen·nes se sont rapidement et fortement mobilisé·es, par tous les moyens y compris à distance,  pour réagir à la hauteur de l’atrocité du meurtre de Samuel Paty, imposer dans la plupart des établissements la banalisation de cours le jour de la rentrée et pour exiger une tout autre protection sanitaire.

Et Blanquer a été contraint à de premiers reculs :

– il a dû céder sur la réduction du nombre d’élèves sur site en lycée mais le renvoi de la décision au local soumet la protection aux rapports de forces locaux. Et la même question se pose en collège, voire dans le premier degré ;

– il a imposé le port du masque dès le CP, difficile à mettre en œuvre mais maintient l’allègement du protocole (seuil de fermeture de classe à trois cas positifs) et continue de tricher sur la réalité des clusters et des malades et hospitalisé·es chez les personnels et les élèves ;

– la suppression des épreuves communes est encore loin de répondre à l’exigence d’un bac national terminal et anonyme, vu le renvoi au contrôle continu, et le maintien des épreuves de spécialité en mars.

Ces reculs sont très insuffisants en regard des revendications et du bon rapport de force construit en quelques jours. Ils sont également insuffisants au vu des chiffres réels des contaminations dans la jeunesse et il faut continuer la lutte en développant et étendant la mobilisation dans l’Éducation et au-delà.

Dans l’Éducation, le compte n’y est pas

Il est donc important d’unifier au maximum les personnels, les revendications et les actions, dans les AG d’établissement, au niveau des villes (liens avec le périscolaire), des départements, académies et au niveau national. Et pour ce faire il faut que se réunissent des intersyndicales les plus larges possible et dans le même temps, ou au moins à défaut, des coordinations à ces différents niveaux d’AG d’établissements et d’école, (en présentiel ou en distanciel ou en conciliant les deux). La situation nécessite de faire évoluer les revendications :

– des effectifs, des locaux et du  matériel qui permettent la distanciation physique et la maîtrise des brassages d’élèves. Le recrutement statutaire (État et territorial) immédiat de personnels sur listes supplémentaires, allongées autant que de besoin et par le réemploi et la titularisation immédiate de tous les précaires.

– la mise en place de demi-groupes ou de toutes formes d’alternance ne doit pas entraîner l’imposition de l’enseignement mixte (présentiel et distanciel), ni l’augmentation des maxima de service, ni la mise en cause de la liberté pédagogique individuelle et collective. L’enseignement à distance doit être volontaire et avec le matériel fourni. En plus d’une augmentation de l’encadrement sur le plan sanitaire et pédagogique, il est également urgent de restructurer les services d’assistance sociale pour suivre les familles et les élèves touché·es par la crise économique. Il est nécessaire de revenir à des épreuves nationales, anonymes en juin pour le baccalauréat et de supprimer la réforme des lycées général, technologique et professionnel ;

– la disponibilité massive et  gratuite de tous les éléments indispensables dans la période : masques au moins chirurgicaux pour tout le personnel, FFP2 pour les plus exposé·es : médicaux et sociaux, vie scolaire, agents… ; test réguliers pour les personnels et les élèves (le million de test annoncés ne représentent qu’un seul test par personnel) ; vaccins en priorité après les personnels de santé, dès les preuves de leur efficacité et leur innocuité . Reconnaissance automatique de la Covid comme maladie professionnelle.

L’Éducation montre la voie pour relancer l’interprofessionnel, avec les hospitalier·es et les personnels des autres services publics, et des entreprises… partout où les crises sanitaire et économique servent à justifier les attaques contre les salarié·es. Les revendications de l’Hôpital public et la défense de la protection sociale (sécu, assurance chômage…) sont des priorités. Contre la loi sur la sécurité globale, avec les associations et les organisations syndicales, et aussi contre la Loi de Programmation de la Recherche (LPR), la lutte massive et déterminée peut faire reculer ce gouvernement. Pour autant il ne faut pas perdre de vue la nationalisation, avec contrôle démocratique des groupes pharmaceutiques, des cliniques privées, ainsi que du système bancaire et financier ; la relocalisation des productions de protection et des produits indispensables et une recherche publique dégagée des intérêts privés, de la LPR et disposant de toutes les libertés universitaires

Même dans ces conditions difficiles, la mobilisation paye. Dans l’Éducation, alors que tout paraissait bloqué, la spontanéité de l’auto-organisation des personnels, ont fait reculer Blanquer. Poursuivons la lutte ! D’autant que les directions syndicales, pour la plupart embarquées dans des négociations fondées sur d’illusoires acquis salariaux conditionnés par une casse des statuts, des conditions de travail, ont soutenu ce mouvement pour la dignité et des conditions sanitaires décentes et ont appelé à la grève le 10 novembre.

Cette grève “sanitaire” est une première. Et son succès doit redonner espoir dans nos capacités à résister ensemble, même dans cette période d’état d’exception, et à envisager de renforcer ces formes d’auto-organisation démocratiques soutenues par les syndicats, pour que le monde d’après ne soit pas celui d’hier.

Émancipation tendance intersyndicale,

le 16 novembre 2020

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