Contre la répression policière et judiciaire, solidarité face aux agressions policières

vendredi 29 août 2014
par  Catherine

Les attaques contre les libertés fondamentales, interdiction des manifestations, généralisation de l’usage d’armes invalidantes pour dissuader de manifester, criminalisation de militants se multiplient. Nous publions ci-desssous le texte adopté à l’AG statutaire annuelle d’Émancipation tenue à Cléon d’Andran (Drôme). Mobilisons-nous pour rejoindre ou créer des comités anti-répression.

Un nouveau paradigme policier et sécuritaire a vu le jour ces dernières années. Sur fond de contrôle généralisé et de fabrication d’ennemis intérieurs (anarcho-autonomes, révoltes de banlieue…) la police a été renforcée dans son rôle de répression des mouvements sociaux et a été dotée d’un nouvel arsenal. Avec ses nouvelles armes, elle s’est militarisée.
Dès 1995, Claude Guéant introduit les flashballs superpros dans certains corps d’élite de la police nationale. Il s’agit alors d’un outil d’exception à utiliser dans des situations extrêmes. Ces armes sont rapidement étendues à un large spectre des forces de l’ordre. À partir de 2007, une gamme plus puissante et plus précise de pistolets à balles en caoutchouc est expérimentée, notamment sur une manifestation lycéenne à Nantes. Il s’agit du Lanceur de Balles de Défense (LBD). Ces armes à feu à usage militaire ont causé plus de trente mutilations en France ces dix dernières années, et un décès. Alors que le nombre de tirs s’est accru de manière exponentielle, les socialistes au pouvoir veulent généraliser le LBD dans la police. D’abord censé servir à neutraliser les prétenduEs terroristes, ces nouvelles armes ont d’abord été testées dans les quartiers populaires puis contre les mouvements sociaux de la jeunesse et radicaux. Aujourd’hui, tout le monde peut perdre un œil dans la rue : les tirs policiers ont touché autant un pompier manifestant à Grenoble, un syndicaliste CGT à Strasbourg, qu’un enfant de neuf ans à Mayotte.
Des mutilations délibérées couvertes par la hiérarchie et par la justice
La militarisation de la police s’accompagne d’une impunité toujours plus revendiquée des forces de l’ordre. Systématiquement relaxés, que ce soit après un meurtre ou après une mutilation, les policiers se confortent, du fait de leur impunité dans les tribunaux, dans l’idée qu’ils sont au-dessus des lois. Lors de la manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à Nantes le 22 février, la police nantaise blessait au moins trois manifestants à l’œil. Quelques semaines après, le chef de la police assumait sans réserve dans la presse les blessures causées aux opposantEs. Les violences policières ne sont pas des bavures, la situation nantaise n’est pas un cas isolé, elle préfigure un durcissement généralisé des pratiques policières.
Le réarmement de la police s’inscrit dans un processus général de terrorisation de celles et ceux qui dérangent, voulu par les gouvernements successifs. En touchant une personne, on effraie toutes les autres. Il faut faire peur en frappant les corps et les esprits. Cette militarisation va de pair avec une inflexion répressive au niveau judiciaire, s’inscrivant dans la logique d’une société carcérale. On constate que les milieux engagés sont particulièrement visés : plusieurs mois après la grande manifestation nantaise du 22 février, les perquisitions matinales, parfois suivies d’incarcérations, continuent (une trentaine à ce jour). Les peines exorbitantes s’enchaînent : des dégradations ou un fumigène valent un an ferme avec mandat de dépôt. Cette répression est exceptionnelle par son intensité dans le temps et l’espace.
Le message est clair
On enferme d’un côté, on mutile de l’autre et on tente de dissuader de participer à des manifestations : il s’agit d’atomiser les résistances, d’aseptiser ce monde, de le rendre toujours plus compatible avec les intérêts des puissants. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de faire front contre cette volonté étatique de briser les résistances ou d’empêcher que de nouvelles résistances puissent apparaître.
En, conséquence, la tendance intersyndicale Émancipation :
- manifeste sa solidarité avec les victimes de la répression et avec celles et ceux qui résistent ;
- signe et appelle à signer la pétition contre la militarisation de la police :
http://27novembre2007. blogspot.fr/2014/06/lancement-de-la-petition-nationale
- demande aux différents syndicats où interviennent ses militantEs qu’ils s’impliquent dans la lutte contre la répression et en particulier l’utilisation des nouvelles armes de la police ;
-  revendique le droit de manifester sans être mutiléE !
- refuse un modèle de société répressif qui porte atteinte à l’exercice des droits démocratiques
et à l’intégrité physique des citoyens et citoyennes ;
- appelle à constituer des comités anti-répression ou à rejoindre ceux déjà existant dans nos villes respectives. Ne laissons plus passer une seule mutilation policière sans réagir.

Émancipation Tendance intersyndicale,
19 juillet 2014