La vie dans les mairies FN

samedi 13 décembre 2014
par  Catherine

Alors que les présidentielles de 2017 sont un objectif majeur pour le FN, qu’il prépare activement les élections départementales (ex-cantonales) et régionales de l’année 2015, il semble utile, à la veille de son congrès qu’il va tenir à Lyon, de tirer un bilan de la situation dans la quinzaine de villes dirigées par l’extrême droite. Ce bilan éclaire de façon concrète ce que l’on trouve derrière la grand’ messe frontiste.

Petit retour en arrière...

C’est en 1995 que le FN arrivait à la tête de ses premières mairies : Toulon, Marignane, Orange, puis Vitrolles en 1997 (après l’annulation des élections de 1995). Seule Orange est aujourd’hui toujours tenue par l’extrême-droite par un Bompard, passé du FN, au MPF, puis il créera la Ligue du Sud. Sa femme à depuis pris la mairie de Bollène, qu’elle tient depuis 2008.

À l’époque le slogan du FN était “Tête haute, mains propres !”. Slogan repris en 2011 par Marine Le Pen qui claironnait “Nous sommes le seul parti à avancer tête haute, mains propres. Nous faisons de la politique de manière complètement différente de l’UMP et du PS”.

Mais le bilan de des premières villes frontistes montre qu’on en était bien loin : gestions financières et culturelles catastrophiques, copinage, favoritisme, chasse aux syndicalistes, pressions sur les agents territoriaux, affaires judiciaires (3 maires sur 4 ont été condamnés).

Les éluEs FN n’ont pas fait mieux que celles et ceux qu’ils critiquent à longueur de temps, bien au contraire. Cela au point que Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du FN, en charge de la campagne des municipales expliquait durant la campagne électorale des municipales “Que nous voulons effacer la mauvaise image de la gestion des villes FN de 1995”. Nous verrons ici que nous sommes bien loin d’un changement de cap, et que le bilan des nouvelles mairies FN sera sûrement aussi lourd que celui des précédentes, et que le pire est encore à venir.

La situation après les municipales de 2014

Depuis les élections municipales des 23 et 30 mars 2014, environ 453 000 personnes vivent en France dans une municipalité d’extrême droite. Quel impact sur les habitants et quelles résistances peut-on observer ?

Onze mairies sont gérées par le FN, ou par un maire élu avec le soutien du FN (Robert Ménard à Béziers). Quatre autres communes sont dirigées par la “Ligue du Sud”. L’extrême-droite compte donc 14 mairies et 1500 conseillers municipaux !

Actes symboliques et prudence

Les élus FN malgré leurs premiers dérapages essayent de ne pas se faire remarquer car ils sont scrutés par la presse, les associations... (*)

Les budgets municipaux 2014 ont été élaborés par les anciennes équipes, les choix budgétaires des nouvelles majorités n’interviendront qu’à partir de l’année prochaine.

Dans les 13è et 14è arrondissement de Marseille dirigé Stéphane Ravier, le principal symbole est la création d’une délégation “aux affaires culturelles et à l’identité”. À Fréjus et Hayange, les nouveaux maires ont fait enlever les drapeaux européens.

Le 4 avril 2014, Marine Le Pen a annoncé la suppression systématique des “repas de substitution” dans les cantines scolaires au nom de la “laïcité” (“aucune exigence religieuse” ne devant être admise dans l’école publique, selon Marine Le Pen). Il s’agit bien d’une mesure d’exclusion visant les musulmans. Florian Philippot déclarait de son côté que “les élèves auront toujours le choix” laissant croire que les élèves étaient obligés de se conformer à un régime alimentaire imposé par une religion.

Le 8 avril 2014, à Hénin-Beaumont, Steeve Briois a annulé l’attribution d’un local à la Ligue des droits de l’homme/LDH (notamment en raison de ses prises de position pendant la campagne électorale). Le 9 avril 14, la majorité FN du Conseil municipal a même annoncé vouloir lui “réclamer 36.000 euros de loyers impayés”. Cet acte symbolique pose problème en interne, pas sur le fond, mais sur la forme. Ainsi Collard (élu Rassemblement Bleu Marine) a annoncé qu’il ne l’aurait pas fait, pas comme ça “je lui aurais demandé de signer un bail et de payer”.

Le maire s’est ensuite empressé de signer une convention très médiatisée avec les “Restos du Cœur” afin de modifier son image auprès de grand public.

On le voit, les associations, parties structurantes de la vie municipale, risquent d’être classées en “amies” et “ennemies” par le pouvoir local.

“L’ouverture” selon l’extrême-droite
Pour les nouveaux élus il a fallu procéder à des nominations aux postes importants de leurs mairies afin de les faire fonctionner. Ces nominations montrent la ligne directrice qui est choisie.

À Béziers, le nouveau maire recrute des cadres non affiliés FN, mais appartenant à l’extrême droite radicale. Christophe Pacotte son chef de cabinet, est un dirigeant du Bloc identitaire. Il débauche son nouveau directeur de cabinet, André-Yves Beck à la mairie d’Orange. Il échoue à recruter Michel Cardoze (ancien “Monsieur Météo” sur TF1, ancien journaliste à l’Humanité, ancien militant du PCF) au poste de conseiller culturel. Cardoze. Ce dernier ayant finalement renoncé, sans partager “toutes les idées politiques” du maire, à développer “un beau projet culturel” pour la ville.

À Marseille, c’est l’ancienne directrice des affaires culturelles de Simonpieri (ex. maire FN de Marignanne en 1995) que Stéphane Ravier nomme au poste de directrice générale des services. Cette dernière justifiait à l’époque la suppression de journaux trop de gauche (dont Libération et La Marseillaise) pour les remplacer par des journaux clairement d’extrême droite (Présent et Rivarol).

À Hénin-Beaumont, nouveau fief revendiqué du FN, Steeve Briois est plus prudent et nomme Gérard Moisan au poste de directeur général des services. Ce dernier assure dans Le Monde du 16 juin 14 : “Je ne suis pas encarté. Je veux sécuriser les procédures et les choix. On est hyper-surveillés et on ne pas faire la Une des journaux.”. Cette déclaration, plus en adéquation avec la ligne du parti qui se sait surveillé de toutes parts.

Des commémorations qui en disent long...

Cela n’empêche pas les nouveaux élus de se faire remarquer lors des premières commémorations.

Tous les ans, le 10 mai 2014, Villers-Cotterêts ou est enterré le général Thomas Alexandre Dumas (premier général noir de l’armée français né esclave à Saint-Domingue) commémore l’abolition de l’esclavage. Cette cérémonie a été boycottée par le nouveau maire Franck Briffaut (FN) qui justifie ainsi cette absence : “Ces commémorations entrent bien souvent dans la culpabilisation un peu à la mode, ces dernières années.”. Il s’était pourtant senti moins gêné en célébrant la mémoire des soldats français de la guerre coloniale en Indochine (1946-1954).

Le maire de Mantes-la-Ville, Cyril Nauth, avait quant à lui créé une polémique en interdisant aux élu-e-s de gauche de déposer une gerbe à la mémoire de la déportation.

Le 8 mai, à Camaret-sur-Aigues, le maire a profité des commémorations pour ressortir une rengaine de l’extrême-droite en disant que “le nazisme avait fait moins de morts que le communisme”...

Le 5 juillet, Robert Ménard s’est incliné devant une stèle pour commémorer les massacres d’Oran devant les photos de 4 fusillés de l’OAS. Il a prononcé un discours sur "l’indifférence du gouvernement d’alors" et les "centaines de Français d’Algérie livrés sans défense à Oran au couteau des égorgeurs". Un classique de l’extrême droite. Il compte renouveler l’opération tous les ans le 19 mars, jour du cesser le feu en Algérie, en mettant les drapeaux de la ville en berne.

Augmentation des indemnités des élus

Si on note quelques cas particuliers, comme à Bézier où Ménard a baissé les indemnités des élus de 30 % et à Hayange, où Engelmann les a baissées, sans toucher à la sienne, ailleurs, la tendance est à l’augmentation de ces indemnités.

Le maire de Villers-Cotterêts a augmenté son indemnité à 3 791,76 euros (en 2008 il avait voté contre celle de son prédécesseur à 3.304 euros).

Dans le Var, le maire de Cogolin s’est octroyé une enveloppe de “frais de représentation” de 1.250 € mensuels supplémentaires, celui du Luc, une augmentation de 15 % de son indemnité et de celle de ses adjoints. Pour se justifier il a expliqué qu’ils toucheraient “moins qu’un étranger venant prendre sa retraite en France sans jamais y avoir travaillé” (affirmation totalement mensongère puisque pour toucher une retraite, il faut avoir cotisé en France).

Le maire du Pontet, s’est également octroyé une augmentation de 44 %. Devant le tollé, ce dernier a déclaré : “Ce qui compte, ce sont les actes qui viendront dans les mois qui viennent. Baisser les indemnités des élus aurait été purement symbolique.

Des actes qui ne collent absolument pas avec celui tenu à longueur de journée par le FN, à propos des élus et des “politiciens corrompus”. Ce qui est trop élevé pour certains ne l’est pas pour d’autres...

Comme en 1995 les premières mesures anti-sociales ne tardent pas

Afin de justifier leurs premières décisions anti-sociales, les maires d’extrême-droite invoquent ou commandent des audits sur les finances des villes dont ils ont désormais la gestion.

Au Pontet c’est la situation financière du CCAS (Centre communal d’action sociale) qui est visée car jugée “catastrophique”. Quand l’ancien vice-président du CCAS (de 2001 à 2013) défend son bilan en expliquant que “Les comptes du CCAS ont toujours été équilibrés !”, le nouveau maire répond que : “Équilibre ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes…”.

À Beaucaire, c’est le Centre socio-culturel Fernand Buisson qui est privé de subventions, et donc voit son existence mise en danger. À Béziers c’est le CCAS qui voit son budget baisser de 5 %.

À Fréjus, la mairie a voté une baisse générale des subventions aux associations de 30 %. Des associations comme le Planning Familial ont du fermer des permanences, notamment dans des quartiers son implantation avait été difficile mais finalement accepté par la population.

À Fréjus toujours, l’audit de la ville a été confié à “La Financière de Territoire”, entreprise créée la veille des élections (21 mars 2014 par Clément Briéda âgé de 26 ans). Rachline a “choisi cette société car c’est celle qui [lui est] apparue comme la plus efficace et la plus compétente.”. Dans le tableau des dépenses engagées pour créer sa société, il mentionne l’achat de trois livres qui laissent peu de place au doute : “Conduire un audit financier de début de mandat” (40 euros), “Guide pratique de l’élaboration du budget” (64,90 euros) et “Le budget communal : mode d’emploi” (20 euros). À moins de 130 euros la compétence et l’efficacité, les Fréjusiens ont fait une sacrée bonne affaire...

À Hayange, les premières économies seront faites sur le dos des personnels municipaux, tel qu’annoncé dans le programme électoral, “des économies seront opérées dans le budget de fonctionnement” et “le remplacement des départ en retraite se fera au cas par cas”. Les premiers personnels touchés sont les employé-e-s non titulaires afin de les remplacer par des CAE (Contrats d’accompagnements dans l’emploi), dispositif d’insertion de personnes sans emploi pris en charge par l’État. Les maires de Béziers et Cogolin semblent se diriger vers les mêmes options : licenciements, non renouvellements de contrats précaires.

Au Pontet, c’est la fin de la gratuité de la cantine scolaire pour les familles en difficultés qui a été adoptée par un des premiers conseils municipaux. Le maire justifie cette mesure qui permettra d’économiser 30000 € sur un budget global de 50 millions, en expliquant qu’il s’agit de “responsabiliser ces familles”. Être pauvre est selon le FN lié à un manque de responsabilité...

À Béziers ce sont aussi les familles qui sont touchées par les premières mesures. La participation aux activités périscolaires est désormais réservée aux seuls enfants dont il est prouvé que les deux parents travaillent, excluant de fait les enfants dont au moins un parent est au chômage. Pour économiser 6000 € de plus, c’est également l’étude surveillée de 7h35 à 8h30 qui a été supprimée pour un simple accueil (320 élèves bénéficiaient de cette étude).

S’élevant régulièrement contre les impôts, les mairies de Béziers, Beaucaire et Villers-Cotterêts ont annoncé la baisse des taxes d’habitation et foncière sur les propriétés bâties et non bâties. Des mesures qui s’adressent plus aux familles aisées qu’aux familles défavorisées.

Politiques sécuritaires et stigmatisation de certaines populations

Pour l’extrême-droite, les pauvres sont des oisifs qui vivent au crochet de la société, et son un danger pour les “honnêtes gens”.

À Hénin-Beaumont, un arrêté anti-mendicité a été déposé en préfecture le 26 mai 2014. Le PCF local considère que cette mesure est “en réalité un arrêté anti-Roms”. Le maire annonce qu’il y aura d’autres mesures de ce type, qu’il ne s’agit que du “premier étage de la fusée”, des caméras de vidéo-surveillance doivent faire leur apparition.

À Cogolin, le maire stigmatise les Gens du voyage sur le site Internet de la ville : “Afin d’éviter tout risque de débordements, la municipalité a renforcé son dispositif de sécurité à l’occasion de l’arrivée importante de gens du voyage. La Mairie demande aux résidents et à leur voisinage de rester vigilants et de signaler à la Police municipale tout comportement suspect… ”.

À Béziers, le maire a annoncé vouloir décréter un couvre-feu pour les mineurs (interdiction aux mineurs de 13 ans de circuler dans les rues de certains quartiers, dont le centre-ville, entre 23 et 6 heures). En attendant il a “décidé d’interdire d’étendre du linge aux balcons, fenêtres et façades des immeubles visibles des voies publiques. Les immeubles participent pleinement à la perception et à la qualité environnementale du domaine public, les façades ont un impact important sur l’attractivité économique et touristique de la ville et notamment en matière d’ordre esthétique”. De plus, toute personne contrevenant aux arrêtés municipaux sera convoquée pour une séance de “rappel à l’ordre” en présence du maire “entouré d’élus et de policiers”, au risque de se voir retirer les aides versées par la ville.

Jamais à court d’idée rétrogrades le maire de Béziers, en grand adepte du “c’était mieux avant !”, a également proposé d’“offrir des blouses grises” aux familles des écoliers… mais comme il n’a pas le droit de l’imposer, il a ajouté que ce ne serait pas obligatoire…

Pour le respect des traditions, il a également annoncé l’interdiction des manifestations anti-corridas à proximité des arènes de la ville : “On manifeste tant qu’on veut mais loin des arènes. (…) Tant que je serai maire de Béziers, ça sera comme ça dans notre ville.” Cette déclaration démontre s’il en était besoin l’attachement de l’extrême-droite à la liberté d’expression.

De même, c’est sûrement au nom de son attachement à la laïcité que le maire de Béziers a ouvert les festivités de la Féria avec une messe dont il a dit que ce n’était pas une “action innocente” et que c’était une “déclaration d’amour de toute une ville à ses toreros et à ses arènes. Une ville unie pour chanter ses traditions, c’est à dire ses racines et son avenir”.

Le maire d’Hayange, s’est fait remarquer par la publication d’un livre autobiographique sous le titre “Du gauchisme au patriotisme”. Cet ancien militant CGTiste (exclu pour son appartenance au FN) y règle ses comptes et explique tout au long du livre publié par Riposte Laïque “avoir peur de l’islam”.

Mesures contre les syndicats et les partis politiques

L’extrême-droite n’aime pas les syndicats, il est alors peu étonnant que les syndicalistes deviennent des cibles privilégiées au sein des mairies qu’elle occupe.

C’est à Hayange que le premier fait de cet ordre a été noté. Et pour cause, le maire, exclu de la CGT a des comptes personnels à régler. Dès le 9 avril 2014, alors que les agents distribuaient des tracts à leurs collègues, ce qui est la base du travail syndical, le tout nouveau maire est venu leur interdire cette distribution au prétexte qu’elle était “politique”. Sûrement autant que sa décision de ne pas mettre à disposition des syndicats le matériel habituellement prêté pour le 1er mai.

Toujours dans la même logique, le maire à diffusé une note de service : “Le devoir de réserve vous impose, même en dehors de votre service, de vous exprimer avec retenue. Et ce, y compris dans votre vie privée et en particulier sur Internet ou sur messagerie électronique.”, sous peine de “procédure disciplinaire”.

À Villers-Cotterêts, le maire FN a supprimé par ses premières mesures la subvention à l’Union locale de la CGT (300 euros mais le symbole est fort) et celle de la FCPE.

À Mantes-la-Ville, c’est la subvention versée à l’ensemble des associations, dont la LDH, qui a été amputée dans la même proportion – 20 % – pour l’ensemble des structures associatives.

Il faut néanmoins rappeler que certains actes, certaines mesures ne sont pas du seul fait de l’extrême-droite, mais aussi de l’UMP, du PS, et parfois d’autres formations de gauche : sur les Roms, les expulsions, les propos racistes, les commémorations douteuses au sujet de la guerre d’Algérie, la colonisation, etc...

Sur le terrain : plusieurs sources de résistance 
 
Avant les résultats des élections des collectifs existaient dans certaines villes en danger, comme par exemple le collectif Affront National à Brignoles, né du ramdam médiatique autour de l’élection d’un conseiller cantonal FN. D’autres se sont créés dans la foulée des élections municipales, ou par la suite, toujours en fonction d’histoires locales, en fonction du passé militant dans les villes concernées. D’où différentes formes de collectifs.

Des comités de vigilance se sont créés à Hénin-Beaumont (lancé par la LDH), à Mantes-la-Ville et à Marseille avec le “Collectif Marseille 13e/14e de veille et de lutte contre l’extrême droite”, à Cogolin.

Ces collectifs mettent en place des diffusions de tracts, des actions. À Cogolin par exemple, des jeunes ont voulu participer au Corso Fleuri avec une pancarte “Corso Fané”, avant de se faire éjecter.

Dans certaines villes deux collectifs cohabitent, car créés sur des bases différentes. Par exemple à Fréjus, dans le Var, le PS a créé le “Forum Républicain”, alors que la LDH lançait de son côté “l’Observatoire de la démocratie locale”.

Plus actifs, des associations, telles que la LDH, les anciens collectifs Ras l’front, les collectifs antifascistes (créés ou relancé après le meurtre de Clément Méric) se mobilisent.

D’autres résistances sont plus locales encore, quand à Beaucaire, des enseignantEs ont refusé de serrer la main du nouveau maire FN et de siéger en sa présence au Conseil d’administration du lycée Paul-Langevin.

Au plan national également

Plusieurs initiatives se mettent en place au niveau syndical.
Une campagne contre l’extrême-droite a été lancée le 29 janvier à Paris par la CGT, la FSU et Solidaires avec des organisations de la jeunesse (UNEF, UNL, Solidaires Etudiant-E-s). Plus de 25 initiatives locales issues de cette campagne ont eu lieu et d’autres vont l’être dans les mois à venir : stages de formations syndicale contre l’extrême-droite (souvent avec l’aide de VISA), débats, rassemblements, échanges d’informations...

Chaque organisation menant cette campagne sort également son propre matériel : brochures et tracts de la CGT, de la FSU, tracts et 4 pages et lettre d’information électronique sur l’actualité de l’extrême-droite de Solidaires. VISA, regroupant des militants syndicaux et des syndicats, publie des brochures et organise des formations syndicales en nombre croissant. Un VISA départemental a été créé dans les Bouches-du-Rhône. VISA ne veut pas mener la lutte à la place des syndicats et associations concernées par les mairies d’extrême-droite, mais a écrit à toutes les UL pour apporter son aide éventuelle.

La CONEX plus large que VISA intègre des associations antifascistes et des syndicats. Elle joue aussi un rôle de veille et de coordination. Elle pourrait jouer le rôle qu’a joué le réseau Ras l’front dans les années 95 car son cadre est plus large. Lors des assises de la CONEX les 28 et 29 juin un texte a été adopté, qui aborde notamment la question du congrès du FN à Lyon les 29 et 30 novembre 2014. Cet appel, plus l’appel du Comité de Vigilance 69 ont débouché sur un week-end de manifestation et de débats à Lyon, contre le congrès du FN.

C’est aussi en faisant “simplement” et “efficacement” du syndicalisme qu’on fera reculer l’extrême-droite !

Pascal Brun

(*) à partir de là le texte n’est plus féminisé, car il n’y a pas une seule femme qui a été élue maire sur les listes d’extrême-droite lors de ces municipales.

Cet article est notamment basé sur des documents réalisés par VISA (Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes http://www.visa-isa.org/), et sur la Lettre d’information sur l’extrême-droite diffusée par l’Union syndicale Solidaires.