Un mois dans le monde

mercredi 17 décembre 2014

JPEGBurkina

En 25 ans de brèves internationales dans L’École Émancipée puis L’Émancipation, une seule fois ces brèves ont entraîné des menaces. J’avais osé rappeler l’assassinat de Thomas Sankara en 1987 par les hommes de Compaoré et une mystérieuse association France-Burkina nous avait menacéEs de procès.

Au pouvoir depuis 27 ans et bénéficiant de l’impunité malgré les plaintes déposées contre lui pour assassinat, Compaoré a cru que tout ce qu’il avait réalisé jusque-là, des élections truquées, des opposants qui disparaissent et sont assassinés ou des richesses pillées, pourrait durer indéfiniment.

L’annonce le 30 octobre d’une nouvelle “candidature” (en violation flagrante de la constitution) a provoqué un véritable soulèvement populaire. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Compaoré a été tenté par la répression sanglante, mais une partie de l’armée n’a pas suivi. La France a immédiatement exfiltré son protégé vers la Côte d’Ivoire. Coïncidence ? La principale artère de Ouagadougou s’appelle “avenue France Afrique”.

Les partisans de Thomas Sankara, qui a laissé le souvenir d’un anticolonialiste sincère et désintéressé, partisan de formes de démocratie directe, ont joué un rôle important dans le soulèvement. Il est trop tôt pour savoir si l’armée va réellement remettre le pouvoir aux civils. On a trouvé récemment dans le pays beaucoup d’or. Les mines sont accaparées par une minorité de nantis et cette richesse ne profite pas à la population. Cette situation pourrait aiguiser les appétits (lire l’enquête parue dans Courant Alternatif, novembre 2014).

JPEGMexique

Presque tous les pays d’Amérique Latine ont connu ou connaissent encore une certaine gauche au pouvoir, “chaviste” ou social-démocrate. Le Mexique est une exception. Même au prix de fraudes électorales manifestes, la bourgeoisie mexicaine a empêché cette alternance. Les formidables expériences du Chiapas ou de Oaxaca sont restées sans lendemain. Après huit ans d’intermède, le PRI (parti révolutionnaire institutionnel) qui a dirigé le pays pendant presque tout le XXe siècle, est de retour aux “affaires”. Le terme “affaires” est bien approprié. Le PRI est le parti favori des très puissantes mafias qui, grâce au trafic de la drogue, ont amassé des milliards de dollars et gangrènent le pays.

L’État de Guerrero fait penser aux palmiers d’Acapulco mais est l’un des États les plus pauvres du Mexique. Le 26 septembre dernier, des étudiants se rendent à Iguala pour collecter des fonds. Leurs véhicules sont attaqués par la police locale appuyée par le gang des “Guerreros Unidos”. Il y a six mortEs et 43 disparuEs. Les autorités locales tardent à “enquêter”. 10 jours plus tard, 28 corps sont découverts dans une fosse commune. Les autorités locales prétendent, contre toute évidence, que ce ne sont pas les disparuEs. La collusion entre le gouverneur du Guerrero et la mafia devient évidente après les premiers aveux des mafieux.

Les autorités fédérales supplantent celles du Guerrero. La complicité du maire d’Iguala et du gouverneur du Guerrero avec les assassins devient évidente. Problème, ils sont membres de l’opposition “de gauche” (le PRD) mais apparemment tous compromis avec les narcotrafiquants.

Le 12 novembre, les manifestantEs incendient le Parlement du Guerrero mais aussi les bureaux des députés, ceux du gouverneur, et les sièges locaux du PRI. Et du PRD.

JPEGFerguson

Un président noir à Washington, ça aurait dû au moins faire diminuer les crimes racistes. Même pas ! En France comme chez l’Oncle Sam, un policier qui tue ou mutile dans l’exercice de ses fonctions est forcément innocent. Aux États-Unis, les victimes sont de préférence jeunes et noires. Sans surprise, le flic qui avait abattu à Ferguson un jeune Noir, Michael Brown, ne sera pas poursuivi. Dans une ville à majorité noire, le jury qui a pris cette décision était à majorité blanche. Sûrement un hasard ! Sans même attendre cette décision, des policiers de Cleveland ont fait encore mieux en abattant Tamir Rice un dangereux terroriste de 12 ans qui, coïncidence, était lui aussi noir.

JPEGKurdistan

Le PKK a longtemps gardé la réputation d’être un parti stalinien exerçant une forme d’autoritarisme parfois exacerbé sur ses militantEs et les territoires qu’il contrôle. Selon des témoignages convergents, les choses changent. Au Kurdistan, des formes nouvelles d’autogestion émergent avec des conseils de villages et une représentation des minorités (Yézidis, Alévis, Arméniens…). Le PKK ne revendique plus l’indépendance mais une large autonomie et des droits culturels. Il a inscrit des réformes sociales dans son programme et s’adresse aussi à la population turque. Les critiques contre l’ancienne politique stalinienne émanent à présent de cadres du PKK.

JPEGDaesh

L’Occident réalise à présent que des jeunes, convertiEs à l’Islam radical, sont partiEs en masse en Syrie ou en Irak pour y commettre des crimes épouvantables sous les ordres de Daesh ou d’autres groupes. Le recul manque pour comprendre. Les sociétés occidentales sont vides de sens. Elles ont rendu inaudibles voire obscènes toutes les valeurs sur lesquelles elles étaient censées reposer : égalité, fraternité, antiracisme, droit au travail, au logement, à la santé, à l’éducation. Les idées de changement radical progressiste ont été profanées par une pseudo-gauche qui accompagne la casse sociale. Alors des jeunes cherchent et trouvent le pire.

Pierre Stambul


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