Brèves féministes (décembre 2014)

dimanche 21 décembre 2014
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Vous savez, cela s’appelle le Planning...

Dans les chaleureux locaux du Planning familial 47, en haut du vieux bâtiment de la Bourse du travail, on vous écoute, on vous soutient, on vous aide... Et on s’inquiète. Le Planning a beau faire partie du Collectif des Associations Partenaires de l’École Publique (CAPE), le nombre des interventions en milieu scolaire ne cesse de diminuer. Selon la présidente, on est passé, en gros, de 120 interventions en 2012, à 70 en 2013 puis 40 en 2014, sur le département. En cause ? La période réactionnaire qui a vu les attaques contre l’ABCD de l’égalité, et où les anti-éducation sexuelle trouvent un nouvel espace, dans le sillage des activistes de “La manif pour tous”. Pourtant, ce n’est pas l’argent qui fait défaut pour ces interventions : l’Agence Régionale de la Santé a toujours les mêmes enveloppes à disposition dans ce but. Alors ? Le Planning ne peut impulser ces actions ; ce sont les établissements qui gardent l’initiative de ces projets. Aujourd’hui, ils en montent moins, ou plus du tout. Par contre, lors d’un passage à l’acte, toute une panoplie de pompiers va être déployée – sur la seule classe concernée. Et là, on fera appel au Planning, au Centre d’information pour les droits des femmes... Où est passée la prévention ? Et l’enseignement obligatoire de l’éducation à la sexualité, en vigueur dès 1996, particulièrement réaffirmé dans la circulaire de 2003 (1) ? Dans les établissements, la dénomination “éducation à la sexualité” est un passeport pour les oubliettes. L’administration se montre bien plus empressée à traquer l’application d’un “socle commun” qu’à veiller à la mise en place effective d’un enseignement aussi fondamental à la structuration de la personnalité. Après, on nous pondra des lois répressives sur les récidivistes sexuels... Et en attendant, les anti-IVG veulent purement et simplement supprimer le Planning des intervenantEs en milieu scolaire. C’est l’objet de la pétition lancée par “Droit de naître” adressée à Mme Belkacem, et qui, début novembre, dépasse les 6000 signatures, selon le site. Le Planning familial a rédigé une lettre de réponse à l’attention de ses partenaires (2). Sera-t-il entendu ? ChacunE, dans nos établissements, de l’école au lycée, nous pouvons faire intervenir le Planning pour assurer l’obligation légale de l’éducation à la sexualité. Maintenant plus que jamais, c’est le moment de déposer de tels projets auprès des directions.

Claire Demel

(1) Circulaire n°2003-027 du 17-2-2003, à lire sur http://www.education.gouv.fr/botexte/bo030227/MENE0300322C.htm

(2) À lire sur http://www.reussirlegalitefh.eu/media/files/planning.pdf

Ça n’arrive pas qu’aux autres !

Nous nous sommes retrouvées à une dizaine de femmes pendant un trimestre au local du PAS (Programme d’action sociale) pour échanger autour d’une situation traumatisante que subissent plus de 30 % de femmes dans le monde et dont nous avons été victimes, à savoir la violence dite conjugale. Tous les mardis, nous nous réunissions de 14h à 16h pour d’abord faire connaissance et témoigner entre nous en fonction de nos identités et en respectant nos personnalités, de l’histoire de chacune. Ces échanges nous ont permis de prendre conscience que nous n’étions plus seules et nous ont donné des clefs pour tracer un nouveau chemin. Cela nous a redonné confiance et le goût de vivre. Nous avons participé à des ateliers de soins esthétiques : manucure, auto-relaxation, relooking vestimentaire, art plastique (fabrication d’un totem représentant les non-dits). Durant et à l’issue de ce trimestre, plusieurs d’entre nous ont pu connaître une situation familiale et sociale plus apaisée : retrouvailles avec nos enfants, un nouvel environnement, un travail, une joie de vivre.

La reconstruction est en cours : il faudra donner du temps au temps mais un premier pas vers une identité pleine et entière a été fait. Quand on n’a pas la parole, le corps “accuse le-s coup-s” de toutes les façons. Retrouver le droit de dire “NON” ensemble nous a été essentiel.

Texte relayé par Is@belle