Un mois dans le monde

lundi 29 septembre 2014
par  Catherine

Irak

Autrefois, il y avait un seul Irak gouverné par un dictateur sanguinaire. L’invasion américaine n’a pas seulement fait des centaines de milliers de victimes, elle a définitivement fait éclater le pays en trois. Nouri al-Maliki, installé par les Américains a exercé un pouvoir personnel. Il s’est aliéné la population sunnite qui a massivement basculé dans le camp d’un groupe djihadiste particulièrement fanatique et violent : l’État islamique. Ce groupe a récupéré des armes et des territoires abandonnés par une armée gouvernementale peu motivée et, renforcé par des volontaires venus du monde entier, il compterait 50000 combattants... Du coup, les États-Unis cherchent l’appui des ennemis d’autrefois, l’Iran des Ayatollahs ou le PKK pour contenir l’avancée de ce groupe qui contrôle aussi de vastes territoires en Syrie.
Brusquement, la France manifeste sa « compassion » pour les Chrétiens d’Irak et les Yézidis, victimes de massacres. Nos autorités seraient plus crédibles si elle ne pourchassait pas les Sans Papiers venus d’Irak et de Syrie.
D’où vient l’argent de l’État islamique ? D’alliés des États-Unis comme l’Arabie Saoudite ou le Koweït qui avaient déjà financé Ben Laden. D’après Edward Snowden, al-Baghdadi, qui dirige ce groupe, aurait été formé … par le Mossad.

Libye

La guerre civile qui avait abouti, avec l’intervention occidentale, au renversement et à l’assassinat de Kadhafi, n’est toujours pas terminée. La ville de Benghazi échappe au pouvoir central et plusieurs milices dont Ansar Asharia y font régner leur loi. Le pouvoir installé par l’Occident ne contrôle même plus l’aéroport de la capitale. Deux milices, l’une « islamiste » et l’autre « berbère » s’y affrontent à l’arme lourde. Décidément, les interventions occidentales auront détruit les États nations et plongé les peuples « libérés » dans le chaos.

Turquie

L’AKP et Erdögan sont au pouvoir depuis plus de 10 ans. Malgré la corruption, l’autoritarisme et la répression contre l’opposition, il a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour. Il le doit sûrement à la croissance économique qui a fait naître toute une nouvelle classe capitaliste. Face à lui, l’alliance entre la social-démocratie et l’extrême droite nationaliste n’a pas réussi à ressusciter le mythe kémaliste. Il faut noter que le candidat kurde Demirtas qui a mené une campagne en faveur des droits des femmes et des homosexuels a obtenu 10% des voix et arrive en tête dans le Kurdistan.

Ukraine

Cette guerre absurde a fait déjà plus de 2000 morts y compris les passagers d’un avion de ligne abattu. Dans les deux camps qui s’affrontent, il y a des oligarques : côté occidental, celui du chocolat et coté Poutine, celui de l’acier.
Les médias occidentaux ont donné une relation très partiale de la « révolution » de la place Maïdan. L’accord que l’Union Européenne a proposé à Ianoukovytch, que celui-ci a refusé de signer et qui a été accepté par son successeur est une horreur. C’est une caricature des recettes libérales : destruction de la protection sociale, abrogation de toutes les lois sur le salaire minimum ou le temps de travail, privatisations de tout ce qui n’a pas encore été bradé. Il faut savoir aussi que quand la Wehrmacht s’est retirée d’Ukraine en 1944, trois millions d’Ukrainiens, qui avaient bien souvent été des collabos et des pogromistes actifs, l’ont accompagnée. Une moitié de ces exilé-e-s n’est pas rentrée et ces exilé-e-s ont joué un rôle actif dans le financement de la « révolution ». Héritier de cette histoire, le parti « Svoboda » a plusieurs ministres. Pire, la milice armée Pravyï sektor a joué un rôle primordial sur la place Maïdan ou dans l’incendie d’Odessa et ses forces ont été incorporées à l’armée ukrainienne.
En face, les milices prorusses sont souvent composées de membre de la pègre.
Prise entre deux feux, la population civile est directement prise à partie dans des grandes villes (comme Donetsk) bombardées à l’arme lourde. Poutine manifeste clairement sa volonté de reconstituer l’ancienne URSS et il ne lâchera pas. Makhno, reviens, ils sont devenus fous !

Système financier

Certes, les banquiers de la BNP sont des capitalistes avides de gains et de trafics en tout genre. Mais quand même : l’amende de 9 milliards de dollars que l’oncle Sam leur inflige a pour cause … le blocus de Cuba et l’embargo sur l’Iran qui sont autant d’actes de gangstérisme que l’impérialisme américain veut imposer à toute la planète.
Au même moment, l’Argentine est en défaut de paiement. Au-delà des raisons structurelles, il y a un « fond vautour » américain qui a racheté la dette argentine lors de la crise précédente. Avec des intérêts exorbitants, ce fond exige d’être « remboursé ». L’Argentine a fait appel devant la « justice » américaine et bien sûr, elle a perdu ! Pas question de toucher aux spéculateurs !

Du Mavi Marmara à Ferguson

Elle s’appelle Hedy Epstein, elle a 90 ans. Rescapée du génocide nazi, elle est américaine. C’est ce qu’on appelle une « activiste ». Elle était sur le Mavi Marmara puis sur la deuxième flottille qui n’a pas pu atteindre Gaza. Elle vient d’être arrêtée alors qu’elle manifestait pour protester contre l’assassinat du jeune Noir Michael Brown par la police de Ferguson (Missouri).

Saint Esprit

Il n’y a pas eu de miracle pour la banque du Saint Esprit (Espirito Santo). Au Portugal, les salaires sont bloqués, la fonction publique licencie, les retraites sont rognées, le chômage galope. L’Etat portugais a quand même trouvé 4,4 milliards d’euros pour renflouer Espirito Santo. Le gouvernement portugais s’est justifié : il faut « rétablir la confiance ».

Les « Justes »

C’est le nom qu’on donne à celles et ceux qui ont sauvé des Juifs pendant le génocide nazi. Le Hollandais Henk Zanoli (91 ans) a rendu sa médaille à Israël.Il accuse ce pays de meurtre. Il avait de la famille dans le camp de Bureij à Gaza. Tou-te-s sont mort-e-s lors d’un bombardement.

Érythrée

On a beaucoup admiré la guérilla de ce pays qui a combattu pendant 30 ans contre l’occupant éthiopien. Le régime (parti unique) tourne à la dictature paranoïaque. Des centaines de milliers d’Érythréens fuient ce « meilleur des mondes ». On les retrouve partout à Lampedusa, à Calais, à Ceuta et bien sûr aucun pays d’Europe ne leur accorde l’asile politique.

Pierre Stambul


Brèves

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7 juillet - RELAXE POUR ELIE DOMOTA !

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