Brèves féministes

jeudi 23 octobre 2014
par  Catherine

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE
Chronique des sexismes ordinaires

Des instituts de recherche… et du patriarcat

À l’occasion d’une visite sur le site de l’IRHSES (l’Institut de Recherche sur l’Histoire du Syndicalisme dans les enseignements du second degré) du SNES je me suis intéressée à la composition de son Conseil d’administration : à mon grand étonnement le ratio est de... dix hommes pour une femme !

Et un tel déséquilibre ne semble pas prêt de s’inverser vu le renouvellement partiel au printemps dernier : une femme et trois hommes (dont notre responsable national qui se trouve être un homme).

Bien sûr il ne suffit pas de décréter la parité pour motiver les camarades femmes, mais il semble essentiel de les solliciter largement pour être partie prenante y compris de ces instances de recherche.

Pour l’Institut de recherche de la FSU, la composition du bureau semble présenter une meilleure répartition : une femme pour trois hommes mais quand on creuse du côté des équipes de recherche, à l’exception d’une d’entre elle, il y a au maximum une femme par équipe... On est bien loin de la parité et même de la représentation équilibrée entre les hommes et les femmes préconisée par la FSU dans ses statuts !

Catherine Léger

Des chars pour la liberté ?

Belgrade, 28 septembre. Dans une Serbie qui a depuis longtemps chassé du pouvoir les démons qui restent dans les mémoires occidentales, dans une Serbie qui, certes, a ses hooligans footballeux comme ailleurs et ses ultras nationalistes comme, et sans doute moins, que beaucoup de pays européens dans la période, dans une Serbie des libertés et des solidarités où chacunE connaît unE amiE homosexuelLE… Ce matin-là, le centre ville aux routes vides semble préparer la guerre, avec les seuls véhicules militaires.

L’instrumentalisation politique de la Gay Pride n’est pas ici une nouveauté : sa tenue est une des conditions sine qua non pour une entrée à terme dans l’UE. D’où des casseurs pour rendre l’événement intenable… Mais de là à déployer de tels moyens, il y a de quoi s’interroger. Qui pourra être témoin de cette manifestation ? Dans ces conditions, comment se sentir et devant qui être fierEs, si personne ne peut assister à la marche et la rejoindre ? Pas de transports publics, autos déviées : il faut se lever tôt et aimer la randonnée pour participer à la Gay Pride. Et avoir le sens de l’humour, à être tant protégéE qu’on en devient invisible : à clandestinE, clandestinE et demi…

La faute à Adam

Ce n’est pas ma faute. Il m’hurle dessus. Il veut m’écraser, me soumettre, me faire taire. Ai-je le droit de parler ? Oui. Pourtant, il paraît que c’est ma faute s’il se déchaîne sur moi.

Ce n’est pas sa faute. Il l’humilie, furieux. A-t-elle le droit d’aller danser ? Oui. A-t-elle le droit de parler aux gens qui l’entourent ? Oui. Pourtant, il paraît que c’est de sa faute s’il est dans cet état et si leur couple va mal.

Deux histoires vraies et simples. C’est moi et c’est elle, mais le mal est général. Une femme, une fille a-t-elle le droit de sortir en jupe ? Oui. Pourtant, si la jupe est moulante, il paraît que cette tenue “provocante” peut expliquer un viol. Ce sera de sa faute… D’ailleurs, “ne sors pas comme ça”.

On veut nous rendre responsables des violences que nous subissons. Si nous sommes coupables, c’est d’être libres. Ou de le vouloir. Je revendique cette culpabilité-là.

Claire Demel

L’Émancipation syndicale et pédagogique –7/10/2014 – page 36