Mort de Rémi Fraisse : ça ne passera pas !

vendredi 21 novembre 2014
par  Catherine

Émancipation, Tendance intersyndicale salue la mémoire de Rémi Fraisse, soutient ses proches et sa famille dans leur deuil et leur exigence de vérité sur les conditions de sa mort et continuera d’intervenir dans sa presse, dans les syndicats et dans les manifestations pour que de tels assassinats ne soient plus possibles, pas plus que les projets du même type que le barrage du Testet contre lequel il s’est mobilisé.

Le drame de Sivens, où Rémi a perdu sa vie en défendant celle de la nature, revêt tous les aspects de la provocation : alors que des milliers de manifestantEs étaient annoncéEs, le maintien sur le chantier d’une pelleteuse et d’imposantes forces de répression (en contradiction avec les engagements du préfet) montrent que les lobbies privés et leurs soutiens politiques PS cherchaient l’épreuve de force. Ils espéraient ainsi décourager les opposantEs au projet de barrage, dont y compris les experts commis par l’administration ont constaté le surdimensionnement et le danger pour l’environnement.

Ce mépris de la sauvegarde de l’environnement, comme des manifestations qui s’y opposent, a trouvé son point culminant avec les manipulations des autorités, suivies par certains médias, pour faire passer Rémi pour un adepte de la confrontation (quand bien même cela aurait été vrai, ça ne retire absolument rien de l’énorme responsabilité des promoteurs du projet de barrage et des forces de répression) et masquer les conditions de sa mort. Ce qui a conduit ses proches à déposer deux plaintes, pour “homicide volontaire” et pour “violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, afin d’avoir accès au dossier.

Une enquête indépendante doit être diligentée pour mettre en évidence toutes les responsabilités dans ce drame.

Celles du policier qui a tiré le coup mortel d’abord, et aussi celles de sa hiérarchie qui devra expliquer les tirs tendus sur les manifestantEs, y compris après l’annonce de la mort de Rémi, celle du préfet qui s’est déjà tristement illustré dans la répression du mouvement contre le barrage, y compris au lycée de Gaillac, celle bien sûr du ministre de l’intérieur qui est double puisqu’il a couvert la mise au service d’intérêts privés des forces dites de l’ordre (alors qu’il n’y avait rien à défendre le jour où Rémi a été tué) et qu’il a maintenu et amplifié l’utilisation contre les manifestantEs des armes qui tuent et mutilent, malgré les voix de plus en plus nombreuses qui se prononcent pour le désarmement de la police, celle du président du conseil général qui a imposé contre vents et marées le projet et a organisé la confusion d’intérêt public/privé en confiant la maitrise d’œuvre et en déléguant la maitrise d’ouvrage à l’entreprise chargée, au départ, de l’évaluation de l’impact environnemental, et celle des responsables de cette entreprise y compris dans le mise en scène “de la pelleteuse livrée à la violence des manifestants”.

Émancipation
appelle à participer à toutes les manifestations :
- pour obtenir la vérité sur la mort de Rémi et la poursuite des responsables,
- pour imposer le retrait définitif du projet de Barrage à Sivens,
- pour exiger le désarmement de la police et l’arrêt de la répression de toutEs celles et ceux qui combattent la politique gouvernementale.
Émancipation appelle à mettre en place à tous les niveaux des structures unitaires sur ces bases.

Communiqué de l’Émancipation tendance intersyndicale du 1er novembre 2014

L’Émancipation syndicale et pédagogique –4/11/2014 – page 35