Un mois dans le monde

lundi 24 novembre 2014
par  Catherine

Kobané

L’histoire a retenu Staline arrêtant les troupes soviétiques aux portes de Varsovie insurgée depuis le 1er août 1944 , laissant les Nazis “finir le travail” puis reprenant l’offensive après le massacre des insurgéEs polonaisES. Ce qui se passe à Kobané y ressemble un peu. Déjà 800 civils kurdes ont été massacrés par Daesh qui occupe une partie de la ville. Kobané est à 1km de la frontière turque et l’armée de Erdogan pourrait mettre en déroute en quelques minutes les fous de Dieu millénaristes. Mais elle ne le fait pas, les Kurdes de Kobané sont les alliés du PKK et Erdogan n’est pas fâché que toute idée de Kurdistan syrien autonome disparaisse. Dans le même ordre de double langage, on est surpris de l’inefficacité de l’intervention occidentale. L’armée américaine a même été capable de larguer des armes… par erreur à Daesh.

Gaza/Égypte

Deux mois après la trêve qui a suivi le grand massacre de “Bordure protectrice” (2200 mortEs), rien n’est réglé. Les rares camions qui rentrent dans Gaza avec du matériel de reconstruction viennent d’Israël et ce sont des entreprises israéliennes qui font le “service après-vente” du grand massacre.
Côté égyptien, le blocus est quasi total. Chacun a ses exigences : les militaires égyptiens exigent que le nouveau gouvernement d’Union Nationale palestinien prenne le contrôle du poste frontière de Rafah alors que le Hamas exige que ce gouvernement paie ses fonctionnaires. L’attentat qui a coûté la vie à 30 militaires égyptiens permet à l’armée d’al-Sissi de fermer cette frontière pour un temps indéterminé. Plus que jamais, Gaza est une cage.

Israël/Palestine

Même le président israélien Reuven Rivlin, pourtant membre du Likoud, a estimé que la société israélienne était sérieusement malade. Pour l’instant, cela n’influence pas ce qui est en route. Dans Silwan, quartier de Jérusalem-Est, les colons se sont emparés de 25 appartements. Et le gouvernement israélien annonce 1000 logements nouveaux à Jérusalem-Est.
Le gouvernement suédois et le Parlement britannique ont reconnu l’État de Palestine. Premier pas nécessaire mais pas suffisant : Omar Barghouti, animateur palestinien de l’appel mondial au BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) estime qu’une reconnaissance internationale d’un État palestinien ne jouissant pas de tous ses droits, n’a pas de sens.
Pour une fois, la politique de Nétanyahou a fini enfin par provoquer des réactions en Europe. La Belgique avait financé la construction de pylônes électriques en Cisjordanie qui ont été dynamités par l’occupant. Cette fois-ci, l’ambassadeur israélien en Belgique a été convoqué et admonesté.

Tunisie

Le parti “laïque” Nidaa Tounès qui affirme avoir défait les Islamistes d’Ennahda aux élections législatives ne sort pas de nulle part. Son dirigeant Béji Caïd Essebci a été un dignitaire de la dictature de Ben Ali (président de la “chambre des députés” à l’époque du parti unique) et éphémère Premier ministre après la révolution quand la bourgeoisie tunisienne a essayé de maintenir le “benalisme” sans Ben Ali.
On notera aussi que la gauche (le “Front populaire” dont plusieurs dirigeants ont été assassinés) obtient un score et un nombre de députés modestes. On retiendra surtout l’abstention massive. Plongé dans la misère et le chômage, le peuple tunisien ne voit pas d’issue.

Bolivie

Evo Morales a été largement réélu pour un troisième mandat. Il bénéficie avant tout d’être le premier président amérindien de l’histoire de la Bolivie. Il a tenu des promesses simples comme celle d’offrir l’accès au gaz à tous les Boliviens ou d’avoir désenclavé La Paz en construisant un téléphérique urbain. Le taux de pauvreté dans le pays a diminué de 50%, ce n’est pas négligeable. Seule la détermination des forces syndicales et sociales peut garantir qu’il n’y aura pas de retour en arrière.

Brésil

Dilma Roussef a été réélue de justesse. Jusqu’à présent, le Parti des Travailleurs a bénéficié d’une conjoncture favorable : une très forte croissance qui a permis une certaine redistribution. Il n’y a plus de croissance et l’absence de mesures anticapitalistes contre les grandes multinationales et les grands propriétaires terriens pose la question : ce nouveau mandat de la “gauche” brésilienne va-t-il être celui des contre-réformes voulues par les capitalistes ou celui enfin d’un début de rupture ? On serait plutôt tenté de croire à la première éventualité.

Hong-Kong

Ce qui se joue avec les grandes manifestations dans l’ex-colonie britannique dépasse la question de Hong-Kong. Le capitalisme mondialisé a-t-il absolument besoin du type de “démocratie” occidentale où l’on vote sans réelle possibilité d’alternative ou ne s’épanouit-il pas mieux avec un État fort et un parti unique chargé de garantir les profits ?

Austérité

Tous les indicateurs capitalistes sont au vert en ce qui concerne la Grande-Bretagne : hausse de la consommation des ménages, création d’emplois, baisse du nombre de chômeurs. Dans ce bilan, il y a juste un gros oubli : la précarité généralisée, la marginalisation d’une partie de la population et des salaires de misère. Des dizaines de milliers de manifestantEs ont défilé à Londres le 18 octobre contre l’austérité, les coupes budgétaires et les bas salaires.

Totalement coupables

La mort de Christophe de Margerie aura donné lieu à des louanges indécentes. Faut-il oublier le naufrage mafieux de l’Érica, l’explosion d’AZF à Toulouse et la tentative de Total de ne pas assumer, la guerre meurtrière au Congo-Brazzaville financée par nos chers pétroliers ou le salaire de 5 millions d’euros annuel hors stock-option dudit Margerie ? “Les morts sont tous des braves types” se moquait Brassens. Il avait raison de se moquer.

Pierre Stambul

L’Émancipation syndicale et pédagogique –4/11/2014 – page 16


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