Un mois dans le monde

mardi 24 mars 2015
par  Catherine

Yémen

Après l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et la Libye, ce pays aussi est aujourd’hui menacé de dislocation et de guerre civile. Pourtant un mouvement populaire assez exemplaire avait permis d’obtenir la démission du dictateur Saleh resté 34 ans au pouvoir. La révolution n’a pas pu aller jusqu’au bout. Le nouveau pouvoir a rapidement perdu le contrôle de nombreuses régions. Au Yémen les Chiites forment 30 % de la population. Ils sont entrés en rébellion il y a 15 ans. À la faveur de l’affaiblissement du pouvoir central, les milices Houthis (chiites) ont pris la capitale Sanaa et dissout le gouvernement. Mais le sud du pays leur échappe. Ils sont contrôlés par différents partis (dont le parti socialiste, héritier de l’ancien pouvoir au Yémen du Sud) mais aussi par Al Qaïda au Yémen qui risque de fédérer, comme cela s’est fait en Irak, l’opposition au chiisme.

Daesh et les pays arabes

Daesh a exécuté avec une mise en scène macabre un pilote jordanien. En représailles, la Jordanie a exécuté des prisonniers de Daesh dont une femme. En Libye, Daesh a fait son apparition en massacrant 21 travailleurs égyptiens coptes. En représailles, l’aviation égyptienne a bombardé les zones tenues par Daesh. On comprend mieux à quoi vont servir les Rafales vendus par la France. Rafales qui vont d’ailleurs être directement utilisés par la France en Irak. Cette généralisation de la guerre dans le monde arabe laisse dubitatif. Daesh, c’est un avatar du salafisme, idéologie diffusée par l’allié privilégié de l’Occident (l’Arabie Saoudite). L’Occident n’a jamais ménagé son soutien absolu, financier, militaire et politique, aux monarchies du Golfe. Et donc indirectement son soutien à Daesh.

Ukraine

À peine signés, les accords de Minsk sont immédiatement violés. Grâce à l’armement impressionnant livré par Poutine, les “séparatistes” (qui sont souvent des groupes mafieux) sont en train de s’imposer. Le but de Poutine est clairement de faire tomber le gouvernement pro-occidental à Kiev. Et à défaut, d’amputer le pays de larges territoires en laissant pourrir indéfiniment la situation comme en Transnistrie, région moldave qui échappe au pouvoir central depuis 25 ans.

Lettonie

Son gouvernement a décidé d’annuler une exposition sur l’holocauste à Paris à cause “du préjudice que cette manifestation porterait à l’image de la Lettonie” pendant qu’elle préside l’Union Européenne. Quel préjudice ? Il se trouve que les partis au pouvoir dans ce pays se réclament de ceux qui ont “combattu l’occupation soviétique”. En même temps, ils ont guidé les Einsatzgruppen et ont contribué à l’extermination de la quasi-totalité des Juifs lettons, ce que l’exposition rappelait. Prompts à voir partout l’antisémitisme, les dirigeants israéliens n’ont rien dit : la Lettonie est leur allié.

Europe et Grèce

L’offensive des eurocrates contre le gouvernement Tsipras bat son plein avec l’aide assez obscène des médias. Les radios françaises se plaignent du ministre des finances grec qui serait un “amateur” et qui (scandale) n’a pas de cravate. Isolé, le gouvernement grec a commencé à reculer et l’aile gauche de Syriza reproche à Tsipras les promesses non tenues.
Parmi les tortionnaires de la Grèce, la BCE (Banque centrale européenne). Son dirigeant, Mario Draghi, a été, quand il a dirigé la banque d’affaire Goldman Sachs, celui qui a masqué les difficultés de la Grèce. Non seulement il somme Tsipras de continuer à affamer son peuple, mais il est curieusement silencieux sur le nouveau scandale qui frappe les banques européennes : 180 milliards d’euros planqués par les maîtres de l’Europe dans la branche suisse d’HSBC. Avec une telle somme, la Grèce serait un pays prospère.

Espagne

La victoire de Syriza donne des idées aux Espagnols. Podemos a rassemblé des dizaines de milliers de manifestantEs à Madrid. Et les deux grands partis qui ont ruiné l’Espagne (le Parti Populaire néofranquiste et le Parti “socialiste”) commencent à se faire bien des soucis
.

Copenhague et Paris

Citons la déclaration de la fédération des Juifs européens pour une paix juste (à laquelle appartient l’UJFP).
“Nous sommes profondément choqués par les récents événements qui se sont déroulés en France et au Danemark et nous exprimons notre solidarité avec les juifs, les musulmans et tous ceux qui sont menacés et qui ont condamné ces tueries.
En tant que groupe d’associations juives, nous répétons que nous nous considérons comme faisant partie des sociétés dans lesquelles nous vivons, et rejetons l’appel de Nétanyahou, et d’autres, aux Juifs à émigrer en Israël.
Nous considérons que, pour des motifs personnels et électoralistes, Nétanyahou tente de saper les liens dont les minorités ont besoin pour résister ensemble au racisme et pour renforcer la diversité dans nos sociétés. Les outrances de Nétanyahou affaiblissent le combat contre le racisme et le fascisme en Europe.
Nous rejetons la prétention du gouvernement israélien de parler au nom de tous les Juifs dans le monde. La politique d’Israël, ainsi que nous l’avons récemment constaté avec l’agression contre Gaza, attise l’antisémitisme.
Nous réitérons notre engagement en faveur d’une paix juste basée sur le droit international et l’égalité des droits, et exprimons notre soutien à ceux qui, en Israël et en Palestine, se battent pour cette cause.”

Israël/Palestine

Le gouvernement israélien a obtenu la démission du Canadien William Schabas qui présidait la commission de l’ONU chargée “d’enquêter” sur les crimes commis à Gaza.
En Palestine, la répression ordinaire se poursuit. Une jeune étudiante de Bir Zeit, Lina Khattab, est en prison depuis le mois de décembre. Elle a été kidnappée lors d’une manifestation non-violente.
Pour les élections israéliennes, les traditions se maintiennent. En baisse dans les sondages, Lieberman demande la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. Nétanyahou et sa femme se débattent dans de sordides histoires de vaisselle volée. Pas sûr que ça suffise pour faire perdre l’extrême droite.

Pierre Stambul

L’Émancipation syndicale et pédagogique –3/03/2015 – page 31


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