Brèves féministes

jeudi 26 mars 2015
par  Catherine

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE
Chronique des sexismes ordinaires

Quel traitement du corps de la femme ?

Comment une publicité sexiste permet qu’une femme torse nu, dans une pause lascive ou aguicheuse s’expose aux regards des passantEs, sans le moindre égard pour le sentiment suscité ou sans tenir compte de l’identité de l’âge des personnes confrontéEs à cette représentation ; et comment, en parallèle, dès que le buste féminin est utilisé publiquement à d’autres fins que celles de la séduction, il est considéré comme choquant, hors la loi (passible de procès pour exhibitionnisme), blasphématoire à l’intérieur d’une église… ? Dans son témoignage sur son expérience chez les sextremistes-femen, qui considèrent ce corps comme arme et ainsi se le réapproprient, Éloise Bouton pose la question centrale du corps féminin, de l’usage toléré ou censuré qui en est fait (Confession d’une ex-femen, Éloïse Bouton, éditions du moment, janvier 2015). Reflexion que chacunE peut poursuivre, en tenant compte du traitement différent accordé au corps masculin.

Véro C.

Le syndicat qu’il vous faut ?

Du récent congrès confédéral de FO, on retiendra surtout les débats pour savoir comment combattre (ou ne pas combattre pour certain-e-s…) la politique gouvernementale d’austérité : grève ou pas, journée d’action, grève interpro, grève générale ? Sur quelles revendications ? Avec quelles formes d’action ? Mais il y a eu aussi d’autres thèmes, par exemple la place des femmes et la lutte contre le sexisme dans l’organisation syndicale (y compris l’AFP y consacre une dépêche le 08 février). Ainsi l’intervention de la déléguée de la Haute-Marne, qui relève que “la réflexion avance à petits pas de fourmis”, et qui enfonce le clou : “Stop aux réflexions sexistes et grivoises. À chaque Comité confédéral national, nous avons droit aux remarques et sous-entendus du style : « Eh la blondasse, il ne faut pas demander comment elle est arrivée là celle-là », « Bon le discours MLF ça suffit : une fois ça va, on change de disque »”. Elle indique par ailleurs que ces réflexes sexistes ont des traductions concrètes dans la vie de l’organisation : “Stop aux comportements machistes qui conduisent par exemple à rayer systématiquement les femmes des listes des candidats aux divers mandats”. Débat d’autant plus important que dans le même temps, à FO aussi, on constate que lors des épisodes de lutte de classe, les femmes jouent un rôle important (ainsi la déléguée FO qui a mené la lutte des salarié-e-s de GAD en Bretagne l’an dernier)… et aussi parmi les congressistes qui ont critiqué la direction bureaucratique de FO par exemple sur son absence de certaines luttes, ou sur la signature de l’accord UNEDIC. Comme quoi à FO c’est comme dans les autres syndicats : des petits pas, mais encore de grands progrès à faire.

Quentin Dauphiné

L’Émancipation syndicale et pédagogique –3/03/2015 – page 36