Rwanda : un long combat pour la vérité

jeudi 16 avril 2015

François Graner, que certain-e-s militant-e-s d’Émancipation ont pu par exemple croiser à l’EDMP, a réalisé un travail en vue des vingtièmes commémorations du génocide des Tutsis au Rwanda. Voici une présentation de ce livre : "Le sabre et la machette".

L’Émancipation : Bonjour François, et merci de cet entretien. Pourquoi l’association Survie, et toi-même, en êtes arrivés à travailler sur le Rwanda ?

François Graner : En 1994, pendant le génocide des Tutsis, je n’avais pas compris grand-chose, j’avais juste compris que c’était quelque chose de très important. Et c’est après que j’ai vu des témoignages et des documents accusateurs contre la France, dont ceux de Survie effectivement. Survie est une association qui, à cette époque, a compris très vite le rôle de la France, car elle avait commencé à étudier le rôle de la France en Afrique. Et donc, quand le génocide a commencé, Survie avait déjà alerté sur les risques. Ils étaient par conséquent très impliqués et ont dénoncé le rôle de la France. Quand j’ai connu leurs livres sur le sujet, cela a constitué un choc pour moi. Et puis j’ai voulu petit à petit commencer à me faire ma propre opinion : c’est cela qui a donné mon livre. Les conclusions de mon livre, après mon enquête, sont cohérentes avec la majeure partie des accusations de Survie. Je suis donc devenu actif à Survie depuis que j’ai commencé à écrire en prévision des vingtièmes commémorations du génocide. Le premier ouvrage à dire beaucoup de choses sur le sujet a été Complicité de génocide par François-Xavier Verschave. Le tout premier livre que j’ai lu, ce sont les Dossiers noirs de la politique de la France en Afrique , et j’ai lu aussi beaucoup d’autres livres dont celui de Michel Sitbon, un livre sur le rôle du journal Le Monde , un sur le rôle de Mitterrand…

Pour résumer un petit peu ce qu’est Survie, son but est résumable par la phrase de Montesquieu qui figure en tête du livre sur la Françafrique : “Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime”. C’est exactement ça : tout ce qui est dans l’intérêt national de la France mais qui est catastrophique pour la planète, Survie sait le dénoncer. À l’origine, c’était une association de style caritatif, mais ils ont commencé à s’intéresser à ce que devenait l’argent, à voir s’il y avait de la corruption et si l’argent qui était donné aux “bonnes œuvres” en Afrique aboutissait à ses destinataires. Et, en fait, ils ont commencé à faire un audit et ont abouti à des chiffres faramineux : environ 95 ?% de l’argent part à des choses inutiles ou à des destinataires corrompus. Puis, ils ont commencé à réfléchir sur le fond et, en 1993, a été produite une enquête internationale de terrain de plusieurs associations : le président de l’association a tiré la sonnette d’alarme, un génocide se prépare au Rwanda et il faut que la France change de politique très rapidement. Cet appel n’a pas été entendu et l’association Survie a basculé pour attaquer frontalement ce que fait la France en Afrique et donc le rôle de la France dans le génocide en 1994 est une des trois bases de nos actions.

L’Émancipation : Peut-on dire que le génocide a constitué un tournant pour le travail de Survie ?

F. G. : Complètement : cela a changé la nature de l’association. Cela a aussi changé la vie de beaucoup de gens : il y a tout un milieu militant de gens comme moi qui se sont trouvés face à ces accusations à essayer de comprendre un peu le rôle de la France.

L’Émancipation : Quelles sont les particularités de ton travail sur la question ? As-tu découvert des choses que tu ignorais ?

F. G. : Il y a des accusations très graves depuis 1994 de la part d’un certain nombre de témoins, de militants, d’associations de journalistes… qui accusent certains officiers français de complicité de génocide. Les officiers ont démenti. Depuis 20 ans, il existe une masse de documents, qui est utilisée pour leur propre défense. Beaucoup de documents ont été déclassifiés, soit par les parlementaires soit par la justice, beaucoup de journalistes ont interviewé ces officiers. Il y a une masse de documents de source militaire beaucoup plus importante que pour n’importe quelle autre opération française. Je me disais que c’était important d’écouter ces officiers, de voir ce qu’ils disaient, d’écouter leur point de vue. Je me mets dans la position de quelqu’un qui n’y connaît rien, qui voit d’un côté les témoignages accusateurs, de l’autre côté les officiers qui démentent : que fait-on dans ces cas-là ? Je me suis proposé d’étudier les documents militaires publics (au début, je voulais aussi étudier les “politiques”. Je me suis centré sur les militaires parce que c’étaient eux qui se trouvaient sur le terrain et c’est un groupe plus homogène et plus précis à analyser). Cela ne dédouane pas du tout le rôle des politiques, des diplomates ou de certains journalistes dans l’action de la France. Si j’écoute uniquement ce que disent les officiers en allant à leurs sources, ce qu’ils disent eux-mêmes, est-ce que c’est cohérent ? S’il y a une réalité, tout ce qu’ils disent doit être cohérent avec leur défense. Je trouve qu’à partir de ce qu’ils essaient de dire pour se défendre, en fait, ils confirment une grosse majorité des accusations que portent les associations contre eux. C’est une sorte de puzzle qui s’assemble : quand on assemble toutes les pièces, on trouve quelque chose de tout à fait cohérent, précis, qui tient debout.

Tu as aussi demandé si cela apportait des éléments nouveaux. Mon but était surtout de voir si cela confirmait les accusations, mais il se trouve qu’un certain nombre de choses nouvelles sont apparues, j’ai pu préciser des accusations. J’ai été très surpris d’une chose, à savoir son actualité ; je pensais plonger dans le passé et en fait beaucoup de choses sont très actuelles (par exemple sur le rôle de l’armée dans les opérations extérieures). C’est plus intéressant que ce que je pensais au départ.

Et puis, il y a deux chapitres que je n’avais pas prévu de mettre au départ, mais il y a tellement de pièces qui se sont assemblées que je n’ai pas pu faire autrement que les mettre. D’abord, sur le rôle possible de la France dans l’attentat initial qui a servi de déclencheur au génocide (le président de la République du Rwanda a été tué alors qu’il venait de négocier des accords de paix, il revient dans son avion qui est abattu en vol). Quelques heures après, le génocide commençait. Concernant cet attentat, chaque camp accuse l’autre et il y a des suspicions sur le fait que la France pouvait être impliquée à un degré ou à un autre. Mais, je pensais qu’on ne trouverait absolument rien dessus dans les documents des officiers. Et en fait, le travail sur cette question a donné l’un des plus gros chapitres de mon livre : de toutes les accusations que j’examine, c’est là où j’ai le plus de traces qui se sont assemblées et qui montrent que l’hypothèse que la France soit très fortement impliquée dedans est pour moi cohérente et ne peut être écartée d’un revers de main.

L’autre chose, c’est qu’au lieu de trouver une nébuleuse d’officiers et finalement des ordres qui remontent à Mitterrand (qui a été le maître d’œuvre de la politique de la France au Rwanda)… j’ai été très surpris de voir le rôle très important du chef d’état-major des armées (l’amiral Lanxade), qui a tout contrôlé de bout en bout : il a pris le contrôle interne dans l’armée et a inversé le rapport de forces face au ministre. Il est bien entendu derrière le principal responsable (Mitterrand), mais Lanxade a une très forte responsabilité dans ce qui s’est passé.

Une des choses qu’il était intéressant de voir dans le point de vue des militaires, c’est que pour eux le Rwanda était un pays je dirai presque comme les autres ; c’est-à-dire qu’ils se sont comportés au Rwanda comme ils se sont comportés – et se comportent encore – dans énormément de pays qui sont alliés à la France ou qui ont un dictateur allié à la France. On a l’impression d’une opération “banale” de soutien à des dictateurs “habituels”, mais là c’est un régime génocidaire. Donc, on comprend pourquoi les militaires se défendent en disant qu’ils sont de bonne foi, mais, en même temps, on voit que si dans ce cas de génocide il n’y a aucun garde-fou à ce qu’ils peuvent faire (la démocratie, les valeurs de l’armée)… cela montre aussi que les actions habituelles qu’ils font dans plein de pays – et qu’ils considèrent comme normales – sont déjà hors norme sont déjà des actions très graves.

On a l’impression que l’existence du génocide, dont ils étaient prévenus, n’a rien changé à leur stratégie, ni avant, ni pendant, ni après. Quand je dis “ils”, ce sont les officiers, mais aussi un certain nombre de politiques dont Mitterrand. On a l’impression que génocide ou pas, cela ne change quasiment rien pour eux. Cela fait qu’ils ne peuvent pas intervenir de façon aussi voyante car ils sont un peu inquiets face à l’opinion du monde, mais c’est tout. Dans la pratique, cela ne change rien.

L’Émancipation :  : As-tu fait l’objet de pressions au cours de tes recherches ?

F. G. : Pour moi, pas du tout. Et avant de me lancer là-dedans, je me suis renseigné auprès d’autres gens. À ma connaissance, personne n’en a eu : il y a eu des procès en diffamation, mais des pressions ou des menaces à peine voilées, il n’y en a pas. Y compris concernant les gens les plus exposés. Ce qu’il y a eu surtout, c’est un silence assourdissant ou un déluge médiatique en face pour essayer de faire taire les critiques. La parole a été bien plus donnée aux personnes qui nient toute responsabilité de la France.

L’Émancipation :  : Quelles sont les revendications de Survie concernant la question du génocide rwandais ?

F. G. : Je dirais presque que la principale revendication c’est de l’appeler “génocide tutsi” et non pas “génocide rwandais”. Un des gros problèmes qu’il y a en France, c’est le brouillard créé autour de ce génocide. Il y a des gens qui essaient de nier qu’il y a eu un génocide, mais aussi d’autres qui essaient de nier qui étaient les victimes et qui étaient les coupables. Par exemple, on n’emploie jamais un terme aussi vague que “génocide européen” pour désigner la Shoah. Et donc là, il y a l’idée de vouloir faire une confusion entre Hutus et Tutsis, c’est une confusion délibérée de la part de beaucoup de gens. Il faut bien rappeler que c’est un groupe d’extrémistes hutus qui a poussé à tuer l’ensemble des Tutsis en tant que tels, de tous âges et de tous bords, ainsi que les Hutus qui s’opposaient à ces massacres. Plus généralement Survie et les associations, les militants, les chercheurs, les journalistes qui sont de ce côté-là réclament la vérité et la justice, la vérité, donc l’accès aux archives civiles et militaires couvertes par le secret-défense. Ils réclament aussi justice pour mettre fin à l’impunité, car s’il y a des procès contre les militaires français, pour l’instant ils n’avancent pas beaucoup. En tout cas ils durent depuis une dizaine d’années, il y a beaucoup d’aspects qui ne vont pas très vite en termes de justice.

Une autre revendication importante est de reconnaître la spécificité du rôle de la France et donc les responsabilités qu’elle peut avoir.

Ceci dit, Survie est aux côtés de beaucoup d’autres associations et d’individualités. Que ce soit sur la question du négationnisme, sur laquelle les associations de rescapés font un gros travail. Ou alors sur l’anticolonialisme, à propos duquel des associations militantes ou des partis qui sont anticoloniaux rejoignent Survie sur le thème de la Françafrique.

L’Émancipation : Comment est vécue cette question du génocide par les Rwandais ?

F. G. : Je ne peux pas parler au nom de tous les habitants du Rwanda. D’abord, il y a beaucoup de bourreaux, beaucoup de victimes, beaucoup de témoins. Et puis, il y a beaucoup de jeunes qui sont nés après ou qui l’ont à peine connu, car il a maintenant 20 ans. Il y a donc beaucoup d’optiques différentes. L’État rwandais lui-même a des relations avec la France qui dépendent de ses intérêts en tant qu’État, qui ne sont pas nécessairement celles de tous les Rwandais. Il y a globalement chez les rescapés tutsis, d’après ce que j’ai pu comprendre, un assez gros ressentiment contre les Français, en tout cas contre l’armée française. Sachant tout de même qu’il y a quelques dizaines de milliers de Tutsis qui ont été sauvés quand la France est intervenue à la fin du génocide pour protéger les génocidaires… et aussi pour faire bonne figure en sauvant ces Tutsis qui, eux, sont effectivement reconnaissants à l’armée française.

L’Émancipation : Pour toi, quelles sont les évolutions en France concernant la vision du génocide rwandais ?

F. G. : Si on l’appelait le “génocide des Tutsis” ce serait mieux. Une des choses qui commence à changer à la suite des vingtièmes commémorations, c’est qu’enfin arrive de plus en plus dans la presse, l’expression “génocide des Tutsis” qui était effectivement beaucoup plus occultée les années précédentes. Il y a eu une chose qui n’a pas changé, par exemple ce sont les deux partis qui sont au pouvoir : le RPR de l’époque (actuellement l’UMP), et le PS, qui assumé la continuité de la vie politique depuis 20 ans... et cela a servi d’étouffoir. Et nous avons a aujourd’hui un président qui est dans la ligne de Mitterrand, donc qui ne remet pas en cause son héritage.

Mais, par contre, il y a eu aussi des évolutions ; il y a eu notamment beaucoup de documents qui sont devenus publics. Comme je le disais, il y a ceux des officiers pour se défendre, mais il y a une quantité gigantesque de nouveaux documents et aussi un renouvellement des générations politiques (parmi les responsables impliqués à l’époque il y en a peu qui sont au pouvoir actuellement, les derniers qui se défendent sont Juppé et De Villepin). Il y a eu a la création du “pôle génocide” pour traiter des plaintes sur le sujet, qui est très importante. La France a signé le traité de Rome en 2002 pour sa création. Il n’a été créé que 10 ans après, ce qui est très long, mais depuis 2012, il y a un tribunal qui permet que les plaintes concernant le Rwanda ne soient plus noyées dans la masse. Il y a un tribunal dont 80 ?% du travail est de s’occuper du Rwanda, les juges ont les moyens, ils se sont plongés dans le dossier à fond, ils font leur travail normalement et même bien. D’où le procès qui s’est ouvert le 4 février 2014, le premier procès enfin depuis 20 ans d’un premier génocidaire réfugié sur le territoire français. Et puis, les autres plaintes avancent aussi, comme celles contre l’armée française pour complicité de génocide. Comme on dit : on peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.

L’Émancipation : Penses-tu que le système éducatif peut jouer un rôle dans la reconnaissance du génocide ?

F. G. : Oui, pour moi, il peut et il doit. Cela me semble très important. Pour moi, c’est un des faits essentiels du XXe siècle et il est complètement sous-enseigné. Suivant les années, il occupe une part très marginale du programme, voire est quasiment supprimé. Or, à la limite, il suffit presque en une phrase de dire il y a eu un génocide des Tutsis et que c’est un des grands génocides du XXe siècle. Si déjà cette phrase-là était dite à tous les élèves durant leur scolarité, ce serait énorme pour lutter contre l’enfumage. Récemment, le CNED a publié des documents durant l’été 2013, dans lesquels il parlait du “génocide des Hutus par les Tutsis”. Et cette bourde (je ne sais comment l’appeler) a été détectée uniquement des mois après, ce qui déjà est un signe très inquiétant : que des gens aient pu dire cela, que cela ait pu passer le filet des relecteurs est à peine croyable. On n’imagine absolument que le CNED ait pu écrire quelque part que les Turcs aient été massacrés par les Arméniens au début du XXe siècle ; personne n’écrirait non plus qu’il y a eu des guerres inter-ethniques entre Aryens et Sémites et que cela a donné lieu à des massacres horribles. Des négationnistes pro-nazis n’iraient pas jusqu’à proclamer ce que le CNED écrit froidement et apparemment de bonne foi. C’est dire que le niveau de connaissances est ridiculement bas et que le filtrage est ridiculement bas. Cela serait inimaginable concernant le génocide arménien, juif ou tsigane.

Cela prouve qu’il y a un manque de connaissance abyssal, et Jacques Schaff, qui a fait un gros travail sur la question, a montré que depuis 20 ans il y a eu de très rares apparitions dans les manuels sur le génocide des Tutsis et de même sur le rôle qu’aurait pu jouer éventuellement la France (1). À chaque fois qu’il y avait une mention de ce type, ce qui était très rare dans les manuels qu’il a analysés, elle était retirée dans l’édition suivante. Donc, cela veut dire qu’à chaque fois il y a eu probablement des gens impliqués dans les responsabilités de la France, qui ont passé des coups de fil "amicaux" à des éditeurs pour que cela soit retiré. Il a fait un très très gros travail de fond pour lister l’ensemble des manuels et regarder tout pendant 20 ans. Alors, ça change maintenant : par exemple, la revue L’Histoire qui pendent 20 ans n’a quasiment rien publié dessus (alors qu’elle publie sur plein de petits détails croustillants qui ont pu se passer à la cour de Louis XIV), elle ne publie qu’une page ou deux et quelques entrefilets en 20 ans. Là, ils viennent enfin de faire un vrai dossier… et c’est là qu’on voit que les choses changent un petit peu : ils voulaient mettre un texte d’Hubert Védrine, et les historiens ont réussi à l’en écarter, à faire un dossier qui globalement se tient assez bien, c’est un vrai dossier avec en couverture l’expression “génocide des Tutsis”. Il a fallu batailler pas mal, mais ça prouve qu’au niveau de l’enseignement de l’Histoire il y a quelque chose qui se dessine depuis un an. Mais, je pense que les enseignants ont un rôle à la fois pour lutter contre l’ignorance et contre l’enfumage, et si on ne veut “plus jamais ça” il faut à la fois expliquer l’existence du génocide des Tutsis et expliquer le rôle de la France dans le soutien des régimes dictatoriaux, comment elle a soutenu en pratique celui-là et ce que ça avait eu comme conséquences. Quand le maire de Grenoble a été mis en prison, beaucoup de gens en France n’ont pas été surpris mais ceux qui ont été surpris sont les Grenoblois (ceux qui lisaient le journal local n’avait rien lu disant qu’il risquait d’être mis en examen). Si les militaires français vont en prison un jour, peut-être que les Français-es seront les seuls surpris.

L’Émancipation : Quelles ont été les initiatives pour les 20e comémorations du génocide ?

F. G. : Ces vingtièmes commémorations, le fait que le vent change, le fait qu’il y ait ce procès du premier génocidaire en France… cela fait quand même trois choses qui ont motivé beaucoup de gens. Des gens publient des livres, il y a des colloques, des associations de rescapés font un gros travail de mémoire. Survie a fait un colloque, une campagne d’interpellation, des tournées de conférences avec des rescapés qui témoignent du rôle de la France… Moi-même, j’ai fait une tournée d’une quarantaine de conférences autour de la sortie de mon livre ; l’une d’elles (à l’université d’Orsay) a été interdite la veille et on l’a tenue sur la pelouse devant le bâtiment interdit d’accès. Et il y a un gros travail aussi en tant que partie civile contre les militaires français, contre l’ex-capitaine Barril… qui ont joué le rôle de mercenaires au Rwanda, contre les présumés génocidaires en France. L’activité des procès n’est pas l’activité la plus visible, mais c’est une très grosse activité en termes de temps et d’argent. D’où, d’ailleurs l’idée, que c’est vraiment le moment de faire un appel à l’aide à toutes les bonnes volontés… qu’on ait du temps à fournir, ou de l’argent ou de l’information : ce sont les trois choses qui sont les plus précieuses et qui font avancer la vérité.

Entretien réalisé par Quentin Dauphiné

François Graner : Le sabre et la machette – Officiers français et génocide tutsi , éditions Tribord, mars 2014, 7 euros.

Livre disponible sur commande dans notre librairie, L’EDMP, 8, impasse Crozatier, Paris 12e, 01 44 68 04 18, didier.mainchin@gmail.com


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