Brèves féministes (mai 2015)

vendredi 22 mai 2015
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Téléréalité : quand les mots n’ont plus de sens

Les gouvernements, le système médiatique et les partis réactionnaires s’essayent parfois au détournement de langage : ils utilisent des termes avec une connotation progressiste, évoquant des acquis sociaux et démocratiques, pour rendre plus “présentable” une réalité. Ainsi dans les collèges et lycées, le décret Peillon prévu pour s’appliquer à la rentrée 2015 prétend “reconnaître le travail” des personnels… quand il s’agit de l’alourdir. De même, le FN nous parle de “laïcité”… avec une politique toujours anti-laïque. Cela fonctionne aussi pour certains aspects du sexisme. Ainsi entre en vigueur le 1er mars une délibération du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, pour appliquer la loi sur “l’égalité réelle entre les femmes et les hommes” d’août 2014. Elle donne notamment des règles visant à une présentation des femmes “aussi valorisante” que celle des hommes dans les émissions de téléréalité (on ne rit pas). Comme si justement la nature de la téléréalité n’était pas la diffusion de stéréotypes construits autour de relations de domination déshumanisées, niant le collectif, la coopération et l’émancipation au profit d’une compétition et d’une domination sur tous les plans… et notamment dans les rapports hommes/femmes. Ces émissions sont parmi celles qui véhiculent le plus de clichés et stéréotypes sexistes (et réactionnaires en général). Lutter contre le sexisme dans le domaine médiatique passerait notamment par leur suppression, mais au final c’est le profit économique qui compte (et le parer d’une dimension “anti-sexiste” est finalement un habile tour de passe-passe). Mais qu’on se rassure : même si les chaînes de télé ne respectent pas les quelques consignes du CSA, il est entendu qu’elles ne seront pas sanctionnées !

Quentin Dauphiné

Concilier vie familiale et vie professionnelle

En 2014 lors du discours annuel sur l’état de l’union, Obama déclarait  : “Aujourd’hui, les femmes représentent environ la moitié de la main-d’œuvre. Mais elles gagnent toujours 77cents quand les hommes gagnent 1dollar. C’est mal, et en2014, c’est embarrassant. Une femme mérite d’obtenir le même salaire pour le même travail. Elle mérite d’avoir un bébé sans avoir à sacrifier son emploi”.

Neuf mois plus tard, rien n’a été fait pour l’égalité des salaires…

Mais Facebook et Apple proposent de prendre en charge les frais de congélation d’ovocytes des employées qui le désirent (jusqu’à 20 000 dollars maximum). Les femmes n’auraient ainsi plus à choisir entre “carrière et enfants”...

C’est ainsi que la fraction “moderniste” du patronat américain propose de “concilier vie familiale et vie professionnelle”. Et sans doute cela répond-il au souhait qu’Obama exprimait dans ce même discours : “Je pense sincèrement que lorsque les femmes réussissent, les États-Unis réussissent”.

Hélène Bertrand


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