Littérature de jeunesse

lundi 25 mai 2015
par  Rosine

Riposte !

Un petit livre qui s’attaque aux idées toutes faites du style : “les filles sont des chochottes”,“les filles qui se font agresser l’ont bien cherché”, “C’est aux mamans de s’occuper des enfants” et aussi “les noirs ne sont bons qu’en sport”, “On est envahis par les immigrés”, au final, vingt clichés qui ont la vie dure sont passés en revue. Les sujets ne sont pas très détaillés vu le format assez court du livre, mais les arguments apportés pour répondre à cette “bêtise ordinaire” sont simples et font mouche la plupart du temps. Un album documentaire à partir de neuf ans.

Riposte  !, Jessie Magana, illustré par Alain Pilon, éditions Actes Sud Junior, mai 2014, 11€.

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Imagine

Un très bel album sans texte qui invite les jeunes enfants à l’interprétation et au rêve au fil d’images superbes décrivant un monde extraordinaire. Une petite fille pour tromper son ennui dessine avec un crayon rouge une porte sur le mur de sa chambre, elle l’ouvre et s’échappe. Ce fabuleux crayon rouge, repère visuel, véritablefil de l’histoire, nous entraine dans le merveilleux voyage imaginaire de la fillette. Un album d’aventure, vivant et poétique qui se termine sur une jolie rencontre.

Imagine , Aaron Becker, éditions Gautier-Languereau, octobre 2014, 40 p., 14 €.

Avant, j’aimais bien aller chez Papy et Mamie…

À travers ce petit roman, notre camarade Jean-Pierre Tusseau, aborde un problème universel, et sensible celui de la vieillesse. Le petit Jules qui aime bien ses grands parents nous raconte, comment, subitement, tout bascule suite à l’AVC de son papy. Ce qu’il appréciait tant, devient alors pesant comme la charge des grands parents qui perturbe la vie quotidienne et l’équilibre de la famille. Le livre garde un côté tendre, humoristique comme les petits poèmes créés par Jules et résolument optimiste face à ces délicates questions du vieillissement de celles et ceux qu’on aime et de leur dépendance.

Avant, j’aimais bien aller chez Papy et Mamie…, Jean-Pierre Tusseau, illustré par Gilles Bonotaux, éditions du Petit Pavé, juillet 2014, 90 p., 10 €.

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Je m’appelle Nako

Cet album documentaire met en scène un jeune Rrom, Nako, qui raconte sa vie de nomade confronté à un monde hostile. Sans illusions ni misérabilisme, avec humour, Nako évoque son quotidien sous le signe du rejet et de l’incompréhension, ses aspirations, les tribulations des siens et aussi ce qu’ils lui apprennent d’une culture singulière et unique. L’album se termine par les paroles de la chanson Djelem Djelem, cet hymne des gens du voyage qui fait référence à l’extermination des Rroms par les Nazis. Sur la dernière page s’étalent des proverbes tous plus poétiques les uns que les autres.

Je m’appelle Nako , Guia Risari, illustré par Magali Dulain, éditions Le baron perché, mars 2014, 40 p., 16 €.

Gipsy

Un jour de printemps, Manu recueille un oisillon tombé du nid. C’est une pie, baptisée Gipsy par le jeune garçon et sa famille nomade ; c’est elle la narratrice. Elle fait désormais partie des gens du voyage et sillonne le monde en roulotte, en s’émerveillant. Gipsy mord la vie à plein bec et choisit de tourner le dos à son espèce pour adopter une famille de cœur qui aspire, comme elle, à parcourir le monde les plumes au vent. De la mer à la montagne, ensemble, l’oiseau et la famille parcourent le monde et découvrent ce qui les unit les uns aux autres : le même amour de la liberté. Un très beau livre qui séduit aussi bien par son texte poétique que par les superbes dessins de l’illustration.

Gipsy , Marie-France Chevron, illustré par Mathilde Magnan, éditions Courtes et Longues, février 2014, 22 €.

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Le zizi des mots

Un petit livre, pour toutes et tous, et sans limite d’âge ! Au travers de cet imagier, l’auteure nous interpelle (pour rire ?) sur le sexisme au quotidien de notre langue. Elle nous livre une vingtaine d’exemples de noms qui au masculin désignent “des personnes” et qui au féminin désignent “des objets” : un chauffeur/une chauffeuse, un mandarin/ une mandarine… Heureusement, il existe quelques contre-exemples, néanmoins cela fait réfléchir sur notre langue où certains noms comme “agresseur” n’existent qu’au masculin alors que le nom “victime” lui, est toujours au féminin…

Le zizi des mots , Élisabeth Brami, illustré par Fred L, éditions Talents Hauts avec le soutien d’Amnesty International, mars 2015, 12,90 €.

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Monsieur Moisange

Pierre Moisange apparaît comme“un drôle d’oiseau”. C’est un jeune homme célibataire, coincé entre son travail et son oiselière de mère qu’il adore. Son désir secret ? Voler ! En rêve, c’est ce qu’il fait chaque nuit, en compagnie d’une belle inconnue aux yeux vert colibri… Mais voici qu’un matin, des ailes lui sont poussées et le voilà qui virevolte, fend l’air et devient le coursier le plus rapide de Paris. C’est une aventure qui commence pour lui, il y rencontrera des pays inconnus et sa belle inconnue. Une aventure et aussi une réflexion, sur la différence, la célébrité et ce qu’on en fait. Un livre à partir de huit ans, pour toutes celles et ceux qui pensent que les rêves nous donnent des ailes et qu’il est important de chercher à les accomplir.

Monsieur Moisange , Fred Bernard, illustré par Gwendal le Bec, éditions Albin Michel jeunesse, mars 2015, 64 p., 11,90 €.