Brèves féministes (juin 2015)

lundi 22 juin 2015
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Quand la victime est la coupable

Mon amie L. est dans la tourmente juridictionnelle depuis maintenant plus de cinq ans. Son délit : avoir été victime de violence conjugale et n’avoir jamais été entendue parce que considérée comme affabulatrice, manipulatrice, j’en passe et des meilleures !

Elle a été séquestrée, a subi le viol de la part de son ex-conjoint, mais ses plaintes n’ont pas été retenues. Elle fabulait ! La psychiatre qui l’a rencontrée ainsi que ses filles refuse de témoigner, prétextant le secret médical.

Actuellement, malgré une décision de justice lui donnant “l’autorité parentale exclusive”, elle se bat pour ne plus laisser ses enfants entre les mains de cet homme qui reporte la violence qu’il lui a fait subir sur ces dernières. Sous couvert du droit à la paternité, les fillettes se doivent d’aller chez leur père alors qu’elles ont témoigné de la violence qu’elles ont subie mais évidemment ces dernières mentent, leur mère les montant « contre leur père ».

L subit la “triple peine” :

- le “classisme” parce qu’elle a quitté cet homme sans argent puisque ce dernier s’est empressé de rafler l’argent qu’il/elle avaient sur un compte commun en toute impunité la laissant sans aucune ressource. Elle survit avec le RSA et est accusée de ne pas correctement subvenir aux besoins de ses enfants ;

- le “sexisme” parce qu’elle se bat et “redresse la tête” ; elle dénie à cet homme un droit paternel, considérant que la personne qui considère ses enfants comme des objets sexuels n’est pas un père mais un pervers sexuel de la pire espèce ;

- le racisme parce que L. est d’origine algérienne et que auprès de la police française, le moins qu’on puisse écrire c’est que ce n’est pas “de bon ton”.

Malgré les constatations faites par des psychologues et le témoignage d’une infirmière scolaire qui a entendu la parole de la fille aînée de L., le dossier stagne. Mon amie est en butte à cette injustice criante.

Comme quoi “Il n’y a rien de nouveau” sous le soleil. “Debout femmes esclaves et brisons nos entraves, debout !”

Isabelle Quinton

Violence dans la rue au service de l’exploitation capitaliste

La Turquie préside actuellement le G20 dont l’un des buts déclarés récemment est “de réduire de 25 ?% d’ici 2025 le fossé qui existe entre homme et femme sur l’accès à l’emploi”.

Or, les femmes turques se mobilisent fortement contre la “politique discriminatoire” du Parti pour la justice et le développement-AKP au pouvoir depuis 2002 et la dégradation de leurs droits. Erdogan cherche à limiter le droit à l’avortement. Il présente les femmes comme des êtres faibles, définit l’égalité homme-femme comme “contraire à la nature humaine”. Invoquant le Coran, (“Notre religion a défini une place pour les femmes, la maternité”), il leur recommande d’avoir au moins trois enfants…

Ainsi, depuis 10 ans, les violences contre les femmes ont considérablement augmenté. Entre 2002 et 2009, 4063femmes ont été assassinées pour cause “d’honneur”. En février dernier d’importantes mobilisations de femmes et d’hommes se sont déroulées pour protester contre le crime commis contre Özgecan Aslan. Alors qu’un chauffeur, tentait de la violer, cette étudiante de 20 ans s’est débattue. Furieux l’agresseur aidé par deux complices, dont son père l’a poignardée avant de finalement la violer, l’amputer des deux mains et la brûler pour éviter de laisser toute trace d’ADN.

Mais pour les gouvernements du G20, peu importent les violences subies à la maison ou au travail : seul compte le profit issu de l’augmentation du taux d’activité et des bas salaires imposés aux femmes.

Hélène Bertrand