Face à l’Histoire le conservatisme de nos appareils

samedi 27 juin 2015

Nous sommes les témoins passifs de signes avant-coureurs annonciateurs de mutations et de basculements des rapports de forces géostratégiques dans la confrontation des impérialismes dominants. Ces nouvelles réalités nécessiteraient la mise en question de nos axiomes et paradigmes traditionnels.

Nonobstant, notre déni de l’Histoire fait que nos modes d’analyses demeurent inchangés et structurent jusqu’à ce jour nos problématiques politiques sur le terrain de nos engagements militants. Ainsi le poids réactionnaire de nos appareils politiques et syndicaux, en proie à une tenace paranoïa de conservatisme d’appareil, pèse telle une chape sur toute velléité de réflexion politique non formatée face à la dynamique de la dialectique de l’Histoire.

Mutation et basculement

La réunification de l’Allemagne en 1989, l’effondrement de l’empire soviétique et son basculement dans la sphère de l’économie capitaliste en 1991 signent les premiers changements qui déterminent de nouvelles approches stratégiques eu égard à ces nouveaux rapports de force à l’échelle planétaire.

D’un monde bipolaire Est-Ouest, anti ou pro-capitaliste, un autre monde unipolaire pro-capitaliste se fait jour, en dépit de l’affirmation et de la montée en puissance de la Chine dite “communiste”. Cette nouvelle configuration alimente l’idée que les États-Unis s’installeraient durablement dans la toute puissance sans pôle d’opposition et seraient, dès lors, maîtres du monde.

Désormais privées de l’alibi que représente la puissance soviétique comme référant idéologique, “les bureaucraties ouvrières” orphelines de leur univers fantasmé persistent à soutenir la Russie devenue capitaliste “sans états d’âme” au prétexte de réinventer une bipolarité perdue susceptible de contenir la toute puissance états-unienne. Cette nouvelle approche présente pour nos bureaucraties un double avantage : le fait d’affirmer l’absolue nécessité de s’opposer au seul impérialisme américain les exonère de tout soutien aux peuples en lutte, victimes de puissances impérialistes jugées acceptables dès lors qu’elles seraient étrangères aux intérêts des États-Unis et ce positionnement les exonère de toute analyse de classe laquelle serait un éventuel facteur de déstabilisation de leur propre pouvoir.

Revers de l’impérialisme américain

Outre les revers militaires et diplomatiques dans le sous-continent indien et au Moyen-Orient, l’impérialisme américain est désormais confronté à des impérialismes “émergents” russe et chinois à propos desquels il s’avère dans l’incapacité de développer des stratégies de confrontation et d’opposition susceptibles de faire pièce à leurs velléités revendicatives en termes de marchés et d’espaces à conquérir.

L’impérialisme chinois, hors de sa sphère immédiate où il exerce la toute puissance de ses armes, se montre dans “l’ailleurs” fin tacticien dans ses stratégies d’appropriation des richesses (minières, agricoles, implantations stratégiques mais aussi et surtout financières). Ainsi il impose en 2015 la Banque Asiatique d’Investissement pour les infrastructures, (BAII), laquelle défiant le système financier international fixé en 1944 à Bretton Woods (États-Unis) attire les capitaux européens, australiens, asiatiques dont ceux du Japon et de Taïwan en lieu et place de la Banque Asiatique de Développement pro-américaine et ce à la barbe d’un oncle Sam déstabilisé qui “perd la main”.

Les États-Unis certes tentent d’affirmer leur domination mais leur espace d’intervention se heurte aux institutions financières qui associent les marchés de puissances dites émergentes tels les BRICS (Brésil, Russie, Chine, Afrique du sud) ou encore le marché euro-asiatique mis en place par le Kremlin dans son ancien espace soviétique de Moscou, Tachkent, Astana.

Quant aux conflits au Moyen-Orient, les observateurs militaires experts en stratégie mesurent les limites de l’armement de haute technologie qui ne saurait suppléer à un engagement significatif en hommes au sol dont le prix en pertes humaines révulse les puissances occidentales mais aussi Obama et l’opinion américaine. Les pertes humaines militaires sur le terrain sont désormais potentiellement en corrélation avec de possibles revers électoraux et les détenteurs de pouvoir politique répugnent à laisser Moloch à ses sacrifices. Ce refus du prix de la mort va a contrario de la volonté de toute puissance de nos sociétés vieillissantes nostalgiques de leur empire perdu.

Ce facteur politico-militaire limite les prétentions impérialistes et les États-Unis, après avoir provoqué le chaos en Irak, sont désormais incapables de réorganiser les rapports de force régionaux au Machrek dans la perspective de leurs propres intérêts.Leurs atermoiements dans cette région, la prise de distance avec leurs anciennes alliances sunnites (Arabie Saoudite) pour tenter de se concilier (en pure perte) les chiites iraniens sur la question que pose leur possible armement nucléaire, leur non-maîtrise du conflit syrien et leurs accords tacites passés avec Moscou sur l’armement chimique du pouvoir de Bachar al-Assad, leur échec à vouloir infléchir la politique du pire de Netannyahou en l’absence de concessions faites aux palestiniens, sont autant de signes d’un impérialisme dominant qui perd sa crédibilité de toute puissance.

Poutine figure emblématique

L’impérialisme américain perd de sa superbe et serait, après de multiples revers, plutôt sur la défensive, soucieux de la montée en puissance de la Chine. À l’Est, Poutine pièce maîtresse d’une verticale du pouvoir, très réactif à la moindre faille dans la cuirasse du Goliath américain, avance ses blindés comme autant de pièces sur son jeu d’échec. Cette agilité qui se double d’une force militaire écrasante lui aura permis de reprendre pied dans le Caucase Nord et Sud, en Crimée et en mer Noire, mais aussi potentiellement en Ukraine. Son alliance indéfectible avec Bachar al-Assad en Syrie le rend incontournable dans les futures négociations au Machrek.

Malgré le déficit démographique, la chute du rouble, le prix du baril, l’obsolescence de l’appareil de production et les difficultés économiques qu’elle génère, la fédération de Russie se situe au premier rang mondial du marché des hydrocarbures et du marché de l‘armement dont le lobby industriel de haute technologie n’a jamais failli ni périclité. Il est donc aisé d’imaginer qu’en dépit de ses difficultés économiques Poutine, par ailleurs détenteur de l’arme atomique, ne saurait modérer ses ambitions impérialistes et expansionnistes.

Souverainisme

Méprisant à l’égard d’une Europe qu’il juge décadente, Poutine fustige ces États européens qui s’effarouchent dans le giron de l’OTAN. Il offre ainsi la force d’un référentiel d’idéologie nationaliste porté par une grande nation de surcroît “anti-impérialiste”, cher à nos politiques animés de ce “concept souverainiste” né dans les années 70 d’un nationalisme revisité par le socialiste Jean-Pierre Chevènement et le gaulliste “social” Philippe Seguin.

Jean-Pierre Chevènement, pierre angulaire du souverainisme

Chantre de la Nation et de la République (bourgeoise), défenseur ombrageux de ses “valeurs” et d’une France souveraine, jacobine, évidemment opposée à Maastricht, Chevènement affirmera ses convictions d’homme d’État, soucieux de la protection de ses institutions, de son potentiel industriel (nucléaire) et de son ordre bourgeois. Il excellera, en qualité de ministre de l’Intérieur, pour organiser la chasse aux immigrés dans le gouvernement Jospin. En défense des intérêts français au Moyen-Orient il prêtera volontiers des vertus souverainistes et laïques à Saddam Hussein et Hafez al-Assad, avec lesquels il entretiendra d’excellentes relations. En 2002 il démissionnera du gouvernement Jospin et se présentera contre son “ami”, le faisant chuter, en développant une stratégie dite “des deux rives”, gauche et droite voire extrême rassemblant pour l’occasion les nationalistes grand teint, tel le politique d’extrême droite Paul-Marie Coûteaux ou encore le suppôt de l’Algérie française, Pierre Poujade.

Dynamique Coûteaux

Paul-Marie Coûteaux, qui fut conseiller dans les cabinets ministériels de Jean-Pierre Chevènement et Philippe Seguin se “frottera” aux figures militantes nationalistes dont celles du Front national. Proche de ce parti, il constituera une formation satellite du parti d’extrême droite, le SIEL (Souveraineté, Indépendance et Liberté) dont il sera le président. Lieu d’échanges sur la question nationale et la souveraineté, il fera le lien avec les souverainistes chevènementistes tels Bertrand Dutheil de la Rochère et Florian Philippot.

Ce dernier, alors étudiant à HEC, rejoint Chevènement en 2002 lors de sa campagne présidentielle et “décoiffe” la mouvance “social-étatiste” avec le slogan de campagne “HEC avec le Che” (sic). Devenu énarque, il gagne en crédibilité et en 2005 toujours situé “à gauche”, au zénith à Paris, il partage les tréteaux du meeting avec Jean-Luc Mélanchon contre le traité de Lisbonne. Cette dynamique nationaliste le conduira auprès de Marine Le Pen en 2009 et il adhérera au Front national en 2011.

Florian Philippot donnera au FN un corpus idéologique structuré sur le schéma programmatique chevènementiste. Ce “greffon” de la “gauche nationale” bourgeonnera sur le rameau national tricolore et produira cette pousse génétiquement modifiée dans le champ politique de la république française. Manœuvrier démagogue, il reprendra les axes référentiels du programme de la gauche dite “radicale” : retraite à 60 ans, les trente cinq heures, revalorisation du SMIC et redressement des institutions de l’État.

À l’international, pourfendeur de l’impérialisme américain il engagera, aux côtés d’Aymeric Chauprade et Louis Alliot animateurs de multiples réseaux, des relations quasi-organiques avec le Kremlin. Xavier Moreau, ancien officier des forces françaises, mettra en musique cette alliance avec le maître du Kremlin, porté par un enthousiasme qui se manifestera par la déclaration : “la Russie de Poutine produit aujourd’hui un modèle alternatif fondé sur la restauration des valeurs familiales patriotiques”. Tout un programme pétainiste !

Ligne de force souverainiste

À Moscou Marine Le Pen sera désormais familière des instances du pouvoir et disposera dès 2013 d’une radio, certes d’une audience très limitée, dans cette capitale.

La ligne de force souverainiste qui se sera structurée dans la petite bourgeoisie nationale, de la gauche proclamée radicale à l’extrême droite, n’épargnera ni le PCF ni le Parti de Gauche, ni le PS ni les partis de droite UDI, UMP et donnera au FN un regain de vitalité politique.

Cette armature idéologique qui sous-tend l’alliance tacite entre “partis ouvriers” et “partis bourgeois” permet aux premiers de demeurer inscrits dans l’arc international des États opposés à l’impérialisme américain, ancien paradigme issu de la guerre froide, et aux seconds de revitaliser une charte idéologique attachée aux “valeurs” d’une nation souveraine conduite par un Bonaparte charismatique, seul viatique pour une France redynamisée par une économie orientée vers l’Est.

Les impérialismes français et russe à la manœuvre

Il n’est pas d’impérialisme “principal” ou d’impérialisme “secondaire”. La logique intrinsèque de l’impérialisme se manifeste par sa recherche permanente de matières premières, de marchés confisqués par tous les moyens, y compris par la guerre.

Du Machrek à l’Europe de l’Est, manœuvres commerciales et internationales

À l’international les souverainistes sont vent debout contre les insurgés syriens et ukrainiens.

Gérard Bapt, député socialiste de Haute-Garonne et par ailleurs président du groupe “Amitié France-Syrie” à l’Assemblée nationale, organise une équipée reçue par Bachar al-Assad lui-même, de concert avec trois autres élus de la République, Jacques Myard député UMP, membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, flanqué d’un autre député et d’un sénateur de l’opposition de droite. Il affirme avoir voulu engager la réflexion avec Bachar dans le but de trouver une solution à la crise syrienne.

Quant à Bapt, l’initiateur, il avoue pudiquement :“c’est un petit pas, un premier pas”… de reconnaissance de Bachar, redevenu fréquentable dans le contexte de la montée en puissance de l’E.I. (État Islamique) et d’une population française tétanisée par les attentats terroristes de janvier.

Sur ce chemin de Damas pavé de bonnes intentions s’engouffre une nuée de lobbyistes hétéroclites relevant de services diplomatiques et de renseignement (chevènementistes), de délégués pro-russes “tous fronts” confondus de gauche comme d’extrême droite, de lobbyistes d’affaires attachés au commerce du pétrole et de l’armement, tel Patrick Barraquand, contrôleur général économique et financier à Bercy en responsabilité de l’industrie d’armement.

À ce beau monde, se sont joints Stéphane Ravin, consultant pour les sociétés stratégiques, lié à la DGSE, mais aussi les chevaux légers d’un Bernard Squarcini pressé de renouer avec le chef de la sécurité syrienne, le sinistre Ali Mamlouk.

Notre gouvernement, sans doute trop affairé avec sa loi Macron, a prétendu tout ignorer de cette “échappée belle”. Le peuple syrien, sous les barils de TNT, appréciera.

L’Ukraine

Les souverainistes du PG se montrent éloquents. Ainsi Djordje Kuzmanovic, en responsabilité du dossier affaires étrangères ose dire : “si les États-Unis ont leur zone d’influence la Russie a le droit d’avoir la sienne”.

Cette reconnaissance du fait accompli par les grandes puissances laisse pantois ! Quant à Mélanchon il enfonce le clou :“je condamne la tentative d’encerclement de la Russie par l’OTAN qui en est la cause” (de l’annexion de la Crimée et du conflit dans le Donbass).

Le fait que la fédération de Russie s’étende sur onze fuseaux horaires, sur plus de 17 millions de km2, faisant de celle-ci le plus grand pays au monde semble lui échapper… et la politique irrédentiste du Kremlin, en “protection” des populations russophones ne peut qu’inquiéter ! Mélanchon pourtant pointilleux sur la question du souverainisme français n’a cure du droit à la souveraineté du peuple ukrainien lequel ne saurait affirmer son droit à l’existence dans la zone d’influence russe !

L’Histoire pourtant nous rappelle que les peuples du Caucase sont aussi dans cette zone d’influence et nous invite à méditer sur leur sort !

Quant à l’inénarrable Chevènement, curieusement représentant du quai d’Orsay auprès du Kremlin, il ne s’émeut guère de l’annexion de la Crimée jugée “presqu’île historiquement russe” (pourtant conquise au XVIIIe siècle sur les Tatars du Khanat de Crimée) mais s’irrite de la destitution de Ianoukovitch qu’il apparente à un coup d’État. Notre souverainiste historique se réapproprie la rhétorique de Poutine pour s’en faire le propagandiste zélé au point de présenter le peuple ukrainien divisé entre pro-communistes à l’Est et pro-nazis à l’Ouest !

Cette “antienne” est évidemment reprise par le PCF. Paul Laurent part d’un constat pourtant objectif : “l’Ukraine est l’enjeu d’intérêts impérialistes opposés, ceux de l’Occident et de la Russie” mais dénonce aussitôt l’insurrection populaire de Maïdan dont le caractère pro-nazi serait le fait de provocations occidentales, “l’extrême-droite et les groupes néo-nazis dictent à l’opposition sa ligne politique et font régner la terreur dans le pays”.

Il en appelle à une table ronde avec les États-Unis, l’Union Européenne et la Russie sous l’égide de l’ONU… afin d’étouffer une insurrection populaire anti-oligarques éprise de justice et de liberté.

Ainsi le souverainisme de “gauche” fait le lit de l’extrême droite

Le FN qui prospère sur les “terres” des “partis ouvriers” laissées en déshérence, découvre en Poutine l’allié rêvé d’un chef charismatique et cynique à l’esprit “enchanté” par les “valeurs” traditionnelles de l’église, de la patrie, de l’ordre qu’encensent les puissants pour mieux légitimer l’autorité d’un État de “non droit”.

Cette reconnaissance réciproque entre le Kremlin et le FN offre à ce parti une notoriété internationale avec l’appui d’un Poutine aujourd’hui courtisé par toute la droite. Le FN bénéficiera ainsi, outre de soutiens politiques importants, de soutiens matériels et financiers. Instrumentalisé par Poutine, le FN développera des réseaux en osmose avec ceux de la droite populaire de l’UMP pour œuvrer à la mutation de la droite dite républicaine de tradition atlantiste vers une force politique d’un souverainisme affiché “anti-européen” réorienté sur l’axe d’alliance avec la fédération de Russie orthodoxe, favorisant ainsi l’éclatement de l’OTAN et de la zone euro. Le FN approuvera l’annexion de la Crimée et l’occupation du Donbass.

L’Ukraine n’est plus qu’un cadavre” plaisantera Éric Zemmour. Flagorneur, Philippe de Villiers ajoute sa touche en déclarant “qu’il y a plus de liberté d’expression en Russie qu’en France” et se montre très “en phase” avec le Kremlin. Ce qui lui permettra d’obtenir de juteux marchés en août 2014 pour implanter“ses parcs d’attractions” en Crimée et à Moscou.

Les affaires encore les affaires

Les accords de paix de Minsk, le 12 02 2015, n’altèreront pas les fiévreuses rencontres entre Paris et Moscou. L’opportuniste Sarkozy facilitera les relations en prétendant que les populations russophones ukrainiennes ont besoin d’être protégées par une force d’interposition et dénoncera les États-Unis qui“souhaitent la séparation de l’Europe et de la Russie”. Il ignore l’activité de l’armée russe dans l’Est ukrainien et se réfugie dans le déni.

Souverainistes et droite affairiste piaffent d’impatience pour la réouverture des marchés en direction de la Russie.

Les patrons du CAC 40 défendent leurs intérêts auprès du Kremlin, ce qui fait dire à l’économiste de droite Jacques Sapir :“un groupe du CAC 40 est un lobby à lui tout seul”.

Le 1er septembre 2014 une vingtaine de parlementaires français et des chefs d’entreprises rencontrent à Paris Sergueï Narychkine, président du parlement russe, pourtant interdit de séjour en France et en Europe occidentale. Sont là, pour faciliter les échanges et les relations avec les institutions de l’État, les inévitables souverainistes tels que Chevènement, Jérôme Lambert (radical de gauche), Dupont d’Aignan (Debout la République) et Jacques Myard (UMP) jumelé à Pozzo Di Borgo (UDI), lesquels s’illustreront dans les salons de Bachar al-Assad. Autour de la table, le gratin de l’industrie et du commerce profitera de l’aubaine dans ce contexte de pseudo blocus économique sanctionnant l’État russe pour faits de guerre en Ukraine. Seront donc présents Christophe de Margerie, PDG de Total, (décédé depuis sur l’aéroport de Moscou), à ses côtés Serge Dassault, Jean-François Cirelli, d’EDF Suez, et un PDG de la grande distribution Auchan.“Enfin un bol d’air frais” s’exclamera un parlementaire. Si conviviale aura été cette réunion de travail que le PDG Cirelli confiera :“nos députés étaient pro-Poutine à 800 ?% c’était presque gênant !”.

Souverainisme suppôt de l’impérialisme

Les partis de gauche dévoyés par les courants souverainistes vers des orientations nationalistes, pro-impérialistes font dire à Yassin al Haj Saleh intellectuel syrien ex-militant communiste : “pendant des décennies les élites politiques du monde arabe ont renoncé à la morale pour l’idéologie” ou encore :“je constate qu’en Syrie et ailleurs beaucoup de communistes ont sacrifié la dimension morale pour s’attacher aux rites”. “L’ailleurs” pourrait concerner l’ensemble du mouvement ouvrier bien au-delà du monde arabe.

Enfin Salam Kawakibi politologue syrien engagé répond à une question qui interroge sur le peu de soutien qu’apporte le mouvement ouvrier à la révolution syrienne lors d’une réunion publique, le 16 04 2015 à Paris :“le mouvement ouvrier de culture marxiste devenu pavlonien et ne s’intéresse à la révolution que si elle se réclame du marxisme”.

Faudrait-il en conclure que cette “idéologie” désinvestie de toute éthique de classe ne donnerait caution qu’à des directions bureaucratiques ouvrières dont la seule préoccupation serait un conservatisme d’appareil au détriment des luttes et des révolutions populaires ?

Quant aux réflexes pavloviens ils éclairent sur le psittacisme débilitant de ces rites dont la fonction est d’occulter la nécessité de l’engagement aux cotés de ceux et celles qui luttent pour leur émancipation et leurs droits dès lors qu’ils/qu’elles ne seraient pas inscritEs dans les schémas du vieux paradigme désormais rituel défini par l’arc d’alliance du temps de la guerre froide.

Les rapports de force géostratégiques dans leur dynamique évoluent mais nos directions grabataires demeurent figées dans une approche ritualisée de la réalité.

Seul un mouvement ouvrier résolument internationaliste en prise avec les luttes, se situant dans la claire perspective de la construction d’une Europe et d’un monde anti-capitalistes et donc opposé à tout impérialisme peut donner sens à nos engagements.

Que n’avons-nous pas soutenu le peuple syrien dès 2011 ! Le peuple de Maïdan ! Le peuple tchétchène !

Il est criminel et cruel de laisser à l’abandon de tels potentiels humains d’énergie révolutionnaire…

Faute d’une éthique de classe que nous sacrifions au profit de rites pavloviens imposés par les appareils bureaucratiques.

La cruche est-elle plus belle que l’eau ?” s’interroge le poète.

Claude Marill


Brèves

7 juillet - RELAXE POUR ELIE DOMOTA !

Message de soutien d’Émancipation à Élie Domota
Le syndicaliste guadeloupéen Élie Domota, (...)

14 février - Réunion publique - Jeudi 23 février à 19h - Alep : un tournant ?

Résistances populaires en Syrie et manœuvres internationales
Réunion publique avec :
Ziad (...)