Mobiliser dès la rentrée contre la politique du pouvoir, qui est au service du capitalisme

dimanche 4 octobre 2015
par  Catherine

Les Hollande, Valls et consorts peuvent d’ores et déjà se targuer d’un bilan comparable à Sarkozy en termes de soumission aux exigences du capitalisme et d’attaques contre les libertés et les droits des travailleurEs.

L’offensive est globale, frontale et très dangereuse par sa cohérence. En jonglant avec une kyrielle de projets de lois et de procédures législatives intégrant “l’urgence”, le 49-3, les amendements de dernière minute et même les ordonnances, annoncées notamment sur la loi déontologie/mobilité, le gouvernement maintient l’essentiel des contre-réformes Sarkozy et tente de construire un maillage réglementaire, inextricable, une véritable toile d’araignée libérale, destinée à contenir puis à annihiler les acquis et les revendications des travailleurEs et à renforcer l’austérité et la privatisation des services publics : record du nombre de licenciements de précaires et de chômeurEs, qui sont de moins en moins indemniséEs et de plus en plus contrôléEs ; démantèlement de la protection sociale, des garanties professionnelles, des statuts, du code du travail, des prud’hommes ; destruction et privatisation des services publics (école, université, culture, santé, transports…) et développement des “maisons des services publics” qui constituent un levier pour privatiser ; les grands projets inutiles imposés rentrent dans cette logique. Au niveau international, cette politique se traduit par le soutien à des régimes d’oppression (État d’Israël, Arabie Saoudite, Égypte…) et par le refus de défendre des peuples (Palestiniens, Syriens, Grecs…) qui se battent contre le colonialisme, l’oppression ou les diktats de la commission européenne du Fonds monétaire international (FMI) ou des banques.

L’ANI, le Pacte de responsabilité et les lois Macron ne servent pas à créer des emplois (et n’en créent pas d’ailleurs). Ces dispositifs permettent en fait de détourner les richesses produites, les économies sur les salaires et la protection sociale, les budgets destinés au public vers les actionnaires, la finance et les stratégies guerrières post-coloniales et impérialistes. Les services publics et la fonction publique sont alignés sur la gestion du privé, à la façon des entreprises, avec le management, les “ressources humaines”, la mise en œuvre du "Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel "(RIFSEEP) et les attaques convergentes de la réforme territoriale, de la loi déontologie/mobilité, et des PPCR (Cf. encadré ci-dessous). En même temps les travailleurEs du privé, dont les garanties et les capacités de riposte sont attaquées, se voient de plus en plus soumiSEs à la loi des marchés et des patrons, eux-mêmes de plus en plus exigeants au fur et à mesure que le gouvernement fait leur jeu. Cette politique d’exploitation maximale et rendue possible par des textes et des pratiques visant à limiter les droits, les libertés et à réprimer les opposantEs : interdictions de manifester, blessures et même meurtres de jeunes par la police, militarisation des forces de répression, Zones à défendre (ZAD), utilisation des lois scélérates et projets sur le terrorisme, le renseignement et l’immigration.

En matière d’Éducation, cette politique de démantèlement et de privatisation conserve l’essentiel des contre réformes de Sarkozy. Les lois Peillon et Fioraso sont dans la continuité de ces réformes, qu’elles aggravent. L’enseignement privé continue d’être choyé, alors que, dans le public, les suppressions de postes, de classes, d’enseignements ou de dédoublements, ont pour résultat la multiplication des classes sans profs, des effectifs pléthoriques, une précarité sans précédent (allant jusqu’à 10 à 15 % des personnels) et des conditions de travail éprouvantes : jusqu’à 30 voire 35 élèves par classes en maternelle, primaire, collège et lycée ; démantèlement et territorialisation de l’éducation prioritaire, du premier degré avec les rythmes scolaires, du collège ; attaques statutaires (obligation réglementaire de service, indemnités…)

Dans le supérieur, des attaques similaires se doublent des conséquences de la fusion des universités et de la réforme territoriale, avec l’appel aux financements par le privé, leur permettant de contrôler le contenu des enseignements dispensés ainsi que la masse salariale et les moyens en personnels.

Un tel bilan est sans appel et suscite colère, résistances à la mise en oeuvre de cette politique et de nombreuses luttes. Malgré ses échecs cuisants dans les dernières élections, qui l’ont sérieusement fragilisé, le pouvoir continue d’imposer sa politique avec de plus en plus de cynisme et d’insolence. Par exemple sur la réforme du collège il publie les textes le soir même de la grève et des manifestations réussies du 19 mai. Une telle attitude ne serait même pas envisageable s’il y avait en face une réaction syndicale unitaire à la hauteur.

Mais voilà : la stratégie de la plupart des directions syndicales n’est ni unitaire, ni à la hauteur et n’a mené qu’à la division et à l’échec.
Face à cette offensive, pour assurer la défense des personnels, il faudrait rompre :

-  avec le manque d’indépendance syndicale qu’elle soit directement politique, comme pour la CFDT et l’UNSA, courroies de transmission du pouvoir, ou financière et institutionnelle pour les autres directions syndicales qui avalisent par leur participation les pseudos-négociations du dialogue social. Celui-ci ne sert qu’à décliner la politique gouvernementale ce qui conduit à se prononcer contre la poursuite des concertations.

- avec la division syndicale qui fait hésiter à s’engager dans un mouvement. Même si les élections professionnelles de décembre dernier, qui redéfinissaient la représentativité, ont aggravé de façon durable cette propension à la division syndicale, il faut continuer d’œuvrer à l’union intersyndicale sur des bases claires, à commencer par CGT, FSU, Solidaires, FO.

- avec les appels à des grèves de 24h espacés et sans lendemain (et dans l’Éducation avant les vacances scolaires), le prolongement du 9 avril étant programmé… le 8 octobre ! Il convient de défendre la perspective de la grève générale et du blocage du pays.

-  avec les actions sectorielles en ordre dispersé : le premier degré, puis le second degré, chacun de leur côté, sans qu’il ne soit oeuvré à l’unification fédérale. Cela a été le cas à Radio-France, puis aux Hôpitaux de Paris, sans débouché confédéral. Ces deux dernières luttes ont été marquées par des grèves reconductibles conduites par des AG avec un soutien intersyndical. L’isolement de Radio-France et le non respect des mandats de l’AG par l’intersyndicale peuvent expliquer l’échec. Pour les Hôpitaux de Paris, la revendication claire du retrait du projet Hirsch, le refus des syndicats de participer à des concertations si cette exigence n’était pas satisfaite et la grève contrôlée et reconduite par les AG ont permis d’imposer le retrait du projet. Cette lutte montre bien les possibilités de gagner avec une telle stratégie.
Il est tout à fait possible d’infliger des défaites au gouvernement, qui seraient des encouragements pour les autres luttes. À condition que les AG et les syndicats se donnent les moyens de la grève dès la rentrée. À condition que des établissements et écoles en grève, se coordonnant pour ne pas rester isolés, œuvrent à l’extension. L’objectif étant que les journées d’action de centralisation interprofessionnelles et des différents secteurs comme la grève intersyndicale de rentrée contre la réforme du collège, soient intégrées dans un plan de mobilisation, avec des perspectives de poursuite et de développement des mobilisations, sur la plate forme précise suivante :

- arrêt des licenciements, réemploi et titularisation immédiate de touTEs les non titulaires. Refus de toute introduction de l’intérim dans la Fonction publique ;
-  création de tous les postes statutaires nécessaires (enseignantEs, vie scolaire, TOS, personnels médicaux et sociaux, remplacement…) ;

Émancipation tendance intersyndicale
Loquémau, le 16 juillet 2015 o

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 31/08/2015 – page 4 & 5


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