Reconquérir le terrain dès le premier soir !

dimanche 17 janvier 2016

Au lendemain des résultats catastrophiques des élections régionales dans la Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, plaçant Marine Le Pen largement en tête du premier tour, nos camarade de l’Oise ont décidé une initiative. Le texte de leur appel, que nous publions ci-dessous, pose les grands axes d’un débat indispensable au niveau national.

Dès que l’on évoque les progressions des droites extrêmes, à relativiser cependant à la vue d’une abstention massive, le mot “abandon” vient de suite à l’esprit, abandon se concrétisant dans les idées et dans les politiques menées. Des abandons dramatiques et irresponsables entraînant désarroi et désespoir.

Illustrons par quelques exemples, que l’on pourrait multiplier à l’envi, ces abandons, doux euphémisme souvent pour ne pas dire trahison :

La République a oublié qu’elle se devait d’être sociale,

exigence pourtant inscrite dans l’article 1er de la constitution.

Or, depuis plus de trois décennies, tout est entrepris pour que les inégalités explosent au profit d’une minorité s’accaparant toujours plus de pouvoirs, de richesses et d’arrogance.

Tout est entrepris aussi pour que l’accès au droit se heurte à une précarité sociale, économique... où la survie a peu à peu remplacé le bonheur et la vie elle-même.

Chômage et souffrance au travail sont devenus le quotidien des salariéEs. Aujourd’hui, 95 ?% des embauches se font sous un contrat précaire (CDD, intérim, stages et apprentissage) mais encore, la durée de ces contrats ne cesse de se raccourcir pour n’être plus que d’un mois désormais (source Insee). Autant dire qu’il n’y a désormais plus guère de difficulté pour licencier, ce débat est malheureusement déjà derrière nous (ce qui ne signifie pas évidemment une acceptation, il nous faudra reconquérir le droit perdu à la sécurité sociale), ce qui n’empêche pas gouvernement et patronat, insatiables, d’en vouloir toujours plus et de remettre en cause ce qu’il reste du Code du Travail.

La laïcité pourtant fondatrice de la République

est quotidiennement bafouée.

L’école privée, avec la complicité des municipalités, même celles se réclamant de la gauche, déstabilise de plus en plus, par une concurrence déloyale et faussée, une École publique en souffrance et elle aussi abandonnée à l’image de l’ensemble des Services publics.

Ce 3 octobre 2015, à la cathédrale de Strasbourg, clôturant les États généraux du Christianisme, Bernard Cazeneuve, a osé déclaré que “notre devise nationale, « liberté, égalité, fraternité » rejoint bien à certains égards le message évangélique” et que “la France est historiquement un pays de tradition chrétienne”.

Après de telles déclarations, la lutte indispensable contre les intégrismes devient véritablement inaudible.

Les solidarités de classe ne sont guère mieux loties.

À ce sujet, les propos tenus à l’égard des salariéEs d’Air France coupables de ne pas se résigner, de ne pas accepter un plan de licenciement équivalent pour elles/eux à une véritable mort sociale, ont été abjects mais malheureusement significatifs du parti pris de nos “élites”.

Que dire enfin du sort réservé aux MigrantEs

qu’ils/elles aient d’ailleurs des papiers ou pas (Valls vient d’écarter “définitivement” le droits de vote des étrangers), et de la violence faite aux Roms ? Quant aux jeunes des quartiers, ils/elles demeurent toujours aussi stigmatiséEs, la relaxe des policiers impliqués dans la mort de Zyed et Bouna en étant le symbole le plus terrible et insupportable. Il y a peu encore, nous nous passionnions pour ces intellectuels qui pensaient le monde, tout imprégnés de notre humanité commune. Désormais, assidus des plateaux télé, sans cesse en quête du buzz, ils prônent le renfermement sur soi et la nostalgie du passé. La réaction en fait !

L’original et la copie

En fait, tous les partis de l’alternance ne cessent de courir derrière le Front National, censé “poser les vraies questions”.

Mais en le copiant, en reprenant ses thématiques, en le laissant être maître du débat public, ils n’auront fait que le légitimer pour l’amener aujourd’hui aux portes du pouvoir.

Désormais nous n’avons plus le choix, baisser les bras ne peut plus être à l’ordre du jour, il nous faut nous investir à nouveau, résister, débattre, lutter... Bref devenir ou redevenir militantEs !

Deux axes nous semblent alors essentiels :

• recréer des solidarités concrètes et sans faille contre les exploitations, les exclusions, les stigmatisations, les ségrégations, les expulsions, les racismes... Repenser des lieux où tous les exploitéEs, où toutes celles et ceux qui n’acceptent pas puissent se retrouver sans aucune exclusive.

• construire des alternatives anti-capitalistes tant il semble évident que ce système est entré dans une phase de destruction massive qui met en péril notre humanité même. Au-delà d’une mondialisation marchande et financière qui ne sert que les profits de quelques-uns, le capitalisme porte en lui les nationalismes “comme la nuée porte l’orage”.

Le siècle dernier nous a appris que derrière ces nationalismes se cache toujours la barbarie.

N’attendons pas d’être emportéEs !

Le Chahut


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)