Qui a tué Ali Ziri ?

dimanche 17 janvier 2016
par  Catherine

Ce film de Luc Decaster est sorti le 7 octobre 2015 à l’espace Saint-Michel, à Nantes. Il retrace la lutte d’un collectif d’Argenteuil pour réclamer justice après des violences policières ayant entraîné la mort d’un homme.

Le propos : Ali Ziri , un homme de 69 ans décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police nationale à la suite d’un contrôle routier.

“Arrêt cardiaque d’un homme au cœur fragile” déclare le procureur de Pontoise.

Un collectif d’Argenteuil demande une contre-expertise qui révèle 27 hématomes sur son corps. L’enquête commence.

Le 4 janvier 2012, le collectif, avec le soutien de S. Hessel, pose une plaque commémorative à Argenteuil.

Le lendemain les syndicats Alliance et FO exigent qu’elle soit retirée, le Ministre de l’intérieur enjoint le maire de la commune de s’exécuter !

En mai 2013, M. Valls refuse de recevoir le collectif. Le non-lieu sera prononcé... Les procédures en appel se poursuivent.

Pendant cinq ans, le cinéaste a suivi les pas de ceux qui demandent “Justice et vérité” après cette mort, ignorée par les médias.

Un cinéaste engagé

Luc Decaster, originaire de Saint- Nazaire, fut chaudronnier, professeur d’histoire travaillant sur le mouvement ouvrier. Il reprend des études de cinéma en 1991 et filme autour d’Argenteuil où il vit : “un film c’est un espace de réflexion et d’imagination... un travail sur une sémantique du ressenti”.

On lui doit Le Rêve usurpé (1994), Dieu ne nous a pas fait naître avec des papiers ! (2007), État d’élue (2010), On est là ( 2012).

Michel David, qui produit ses films, se définit comme “un producteur engagé”.

Filmer, écrire, c’est témoigner. Voir, débattre collectivement ensuite, peut donner de la force pour lutter contre l’inacceptable : le racisme d’État, les violences policières, l’impunité.

Ce film est programmé dans différentes villes en France, soutenu par Amnesty International, l’ACAT, la LDH, le MRAP, ne le ratez pas !

Emmanuelle Lefevre