“Grève des femmes”

jeudi 3 mars 2016
par  Catherine

Le 8 mars est la journée de lutte des femmes... si cette lutte est toujours actuelle, c’est que les discriminations sexistes perdurent dans la sphère publique autant que privée. Aux problématiques de violences, de harcèlement, d’inégale répartition des tâches, il faut en plus ajouter les inégalités professionnelles dont sont victimes les femmes. Les raisons de se mobiliser ne manquent pas.
Voir ci-dessous l’appel de Solidaires à la grève des femmes !

Annick Champeau

Pourquoi une “grève des femmes” ?}

C’est par un appel à la grève, outil de lutte syndicale que Solidaires, avec le CNDF (collectif national pour le droit des femmes) entendent remettre la lutte sur le devant de cette journée et enclencher une dynamique de mobilisation partout où c’est possible.

Il s’agit de montrer que notre lutte est légitime, et qu’elle prend de l’ampleur et ce sur plusieurs années : on ne se fixera pas sur un chiffre de grévistes, mais bien sur des mobilisations qui devront s’amplifier sur le territoire et en actions visibles.

C’est quoi une grève des femmes ?

Ce sont des actions multiples et qui se veulent créatives pour donner une réelle visibilité à ces luttes. Elles vont :

d’une cessation symbolique, d’une rupture des habitudes : grève du ménage, des tâches quotidiennes, de toutes les tâches ménagères, éducatives encore très majoritairement dévolues aux femmes, et allant jusqu’à la grève des relations sexuelles (car la sexualité quand les partenaires ont envie, c’est tellement mieux !)...
...jusqu’à la grève, la cessation d’activité sur le lieu de travail, là où des collectifs de femmes peuvent se mettre en place, là où les femmes subissent des inégalités salariales, ou là où elles subissent un harcèlement sexuel, ou là encore où les stéréotypes et le sexisme sont leur quotidien.

Toutes les actions n’ont d’intérêt que si elles sont visibles.

Distributions de tracts sur le lieu de travail, pointant les inégalités, les situations sexistes dans l’entreprise, dans les services... Des demandes d’audience aux patrons, aux directeurs, des Assemblées générales ! Des badges, des jets de gants “mappas” et de balais... tout peut s’envisager, soyons créatives !

Et les hommes alors ?

Il ne s’agit pas d’exclure les hommes, car heureusement les hommes pro-féministes existent ! Mais ce sont les femmes les premières victimes de ces inégalités, il est donc aussi logique que cette journée soit l’expression d’une prise en charge de cette lutte par les femmes elles-mêmes. Les hommes peuvent témoigner de leur soutien.

Il faut aussi rajouter que ces luttes pour le droit des femmes ont des bénéfices pour les femmes... comme pour les hommes : aménagements des conditions de travail, des temps de travail, proximité familiale, conditions d’évolutions des carrières... qui profitent à tous et toutes.

Qui appellera à la grève des femmes ?

Solidaires a initié, dès 2014, cette démarche volontariste de replacer la lutte au coeur du 8 mars. Il appartient à l’ensemble des syndicats de Solidaires, de déposer des préavis de grève, de discuter nationalement, localement pour savoir quelle forme prendra la grève sur les lieux de travail, ou quelles mobilisations sont possibles. Pour la Fonction publique, Solidaires Fonction publique déposera le préavis.

Toutes les initiatives devront aussi remonter à Solidaires pour leur donner le plus de visibilité possible !

Le Collectif national pour le droit des femmes (CNDF) s’associe d’ores et déjà à cet appel, ce qui lui donne un poids certain, et la démarche est bien sûr ouverte aux autres syndicats désirant s’inscrire dans ces actions. Un texte d’appel est en cours de finalisation.

Parallèlement, un travail autour d’un texte unitaire sur le 8 mars est en cours avec la CGT (la CFDT s’étant déjà retiré de l’initiative d’un texte).

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 29/02/2016– page 7