Contre le mur

mardi 26 avril 2016

Les Éditions Libertaires viennent de publier la version française d’un petit livre paru en anglais en 2013 aux États-Unis, et passé presque inaperçu.

Mais il est vrai que le nouveau mur de la honte dont il s’agit ici, et plus encore les luttes communes de PalestienNEs et IsraélienNEs qui le dénoncent, font l’objet d’une véritable omerta médiatique.

Les manifestations du vendredi

Pourtant, chaque vendredi des militantEs israélienNEs franchissent le mur pacifiquement, pour rejoindre les palestinienNEs et manifester ensemble pour affirmer qu’une autre voie est possible. Malgré la répression israélienne, les milliers de blesséEs, les centaines de prisonnierEs, les mortEs, le mouvement se poursuit depuis 2003.

Certes, les manifestations du vendredi, mais aussi les autres actions communes menées ponctuellement, ne pèsent apparemment pas très lourd face au déploiement des forces militaires israéliennes. Mais ce que redoute surtout le gouvernement israélien, c’est la médiatisation, ce sont les récits des militantEs internationaux une fois de retour chez eux/elles, comme ceux de notre camarade Pierre Stambul.

D’où l’importance des témoignages. Le grand intérêt de ce livre, c’est qu’il s’agit de témoignages non pas d’internationaux ou internationales revenuEs d’un voyage, mais de militantEs israélienNEs qui militent avec les PalestinienNEs pour une paix juste et durable.

Le mur à Bil’in où il y a une manifestation chaque vendredi depuis 2004.

L’historique du mouvement

L’introduction présente l’historique du mouvement “Les Anarchistes contre le mur”, mouvement d’abord informel, dont les origines, pour les auteurs, remonte à la seconde Intifada (septembre 2000) et aux actions de solidarité avec la population palestinienne, menées par le mouvement Ta’ayush (“Vivre ensemble” en Arabe) entre 2000 et 2003, qui regroupait quelques centaines de militantEs israélienNEs soutenuEs par les militantEs internationaux/ales de l’ISM (International Solidarity Movement), et qui menaient des actions non violentes (distributions de nourriture, chaînes humaines, manifestations de masse, violations collectives de couvre-feux,…).

Fin 2003, après l’assassinat de deux militantEs par l’armée dans la Bande de Gaza (dont Rachel Corrie), puis la blessure d’un militant israélien par des tirs de l’armée israélienne, le mouvement prend le nom de “Les Anarchistes contre le mur” et participe avec les PalestinienNEs aux manifestations et actions quasi quotidiennes contre le mur qui commençaient à se construire, et à partir de 2005 aux manifestations hebdomadaires de plusieurs villages. Ils/elles participent aussi à d’autres formes d’actions, comme planter des arbres, reconstruire des maisons, réparer des puits, accompagner des fermiers et des bergers, organiser des manifestations à l’intérieur d’Israël. Il participe aussi aux manifestations de masse contre la guerre du Liban en 2006 et la guerre de Gaza en 2008,…

Les témoignages

Après l’introduction d’Uri Gordon, militant israélien, et Ohal Grietzen, qui a milité avec les Anarchistes contre le mur et pour la campagne BDS, le livre s’organise en deux parties.

La première partie regroupe communiqués, déclarations et tracts produits de 2003 à 2009. Chaque texte est daté et brièvement contextualisé, ce qui permet de mieux connaître ce mouvement et quelques temps forts qui l’ont marqué. Malgré son nom, ce mouvement n’a pas au départ de tradition libertaire, il s’agit d’une “initiative pragmatique qui n’a pas de plate-forme idéologique, pas de manifeste et pas de programme concernant le futur de la région”.

La seconde partie, la plus longue, rassemble témoignages et réflexions. C’est la partie la plus émouvante, qui nous plonge dans le quotidien des militantEs. Un quotidien fait de peur, de sang et de larmes, mais aussi un quotidien fait de solidarité et d’espoir, d’une incroyable détermination à lutter, parce que lutter c’est vivre.

Raymond Jousmet

Les Anarchistes contre le mur . Textes rassemblés et présentés par Uri Gordon et Ohal Grietzer, Éditions Libertaires, février 2016, 138 p., 13 €.

À commander à l’EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12e, 01 44 68 04 18, didier.mainchin@gmail.com).


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