Un mois dans le monde

vendredi 20 mai 2016

Mayotte

Il paraît que c’est un département français. C’est surtout une île arrachée illégalement aux Comores avec la promesse faite à la population d’une vie meilleure. La grève générale lancée par l’intersyndicale a commencé le 30 mars. C’est la suite d’un mouvement engagé en novembre et interrompu par l’état d’urgence. La revendication est simple : l’égalité réelle avec la métropole en termes de code du travail, de prestations sociales et d’infrastructures publiques. La réponse du pouvoir colonial est tout aussi simple : renforts militaires, envoi des forces de répression pour démanteler les barrages et violence contre les grévistes qualifiéEs d’émeutierEs.

Panama

La liste des bénéficiaires découverts des paradis fiscaux est savoureuse : en France la Société Générale, Balkany, Cahuzac, Guérini, Platini, Le Pen père et Chatillon, le financier de sa fille… En Grande-Bretagne, Cameron est touché, il aura du mal à rebondir. Dans des pays pétroliers comme l’Algérie ou l’Angola, des ministres ont planqué un fric dont l’origine est douteuse. En Israël, 600 sociétés (donc la banque Léumi) et Dov Weisglas, ancien chef de cabinet de Sharon sont cités. Même l’Autorité palestinienne est touchée avec un curieux mélange des genres entre l’argent public et celui d’un des fils de Mahmoud Abbas. Est-ce que ces révélations aboutiront à la mise sur la touche des coupables ? On peut en douter.

Belgique

Le ministre de l’intérieur Jan Jambon a tranquillement déclaré “qu’une partie significative de la communauté musulmane avait dansé après les attentats sanglants qui ont frappé la Belgique”. Il a aussi comparé la cache de Salah Abdeslam avec celles des Juifs pendant le judéocide. Le même ministre qui appartient à la droite flamande avait déjà déclaré “que les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons”. L’Union des Progressistes Juifs de Belgique a protesté contre ce racisme d’État.

Autriche

En France, la forte poussée de l’extrême droite est largement liée à la crise sociale et à la démolition préméditée de tous les acquis sociaux. En Autriche, le taux de chômage est un des plus bas d’Europe et le niveau de vie moyen très supérieur au nôtre. Avec 40% d’abstention, l’extrême droite est arrivée très largement en tête aux présidentielles (36% des suffrages exprimés). Les explications sont multiples : l’alternance des deux grands partis (conservateur et “socialiste”) depuis la libération a abouti à un gouvernement “d’union nationale” puisque de toute façon, droite et “gauche” font la même politique. Tous ces types de gouvernements en Europe sont discrédités. Résultat, les deux partis traditionnels tombent à 11% chacun. Sur la question des migrantEs, ce gouvernement avait repris le discours classique sur “l’invasion” et la nécessité de fermer les frontières. Du coup, les électeurs ont préféré l’original à la copie. Enfin, ne jamais oublier la manipulation de l’histoire autrichienne (encore pire que l’amnésie sur Vichy) déjà constatée à l’époque de l’affaire Waldheim (1986-1992) qui considère le pays comme une victime du nazisme alors qu’une bonne partie de sa population en a été un acteur essentiel.

Islande

En 2008, le pays avait connu une crise financière terrible : les banques avaient tellement joué au monopoly qu’elles étaient en incapacité de rembourser leurs dettes. La crise avait provoqué l’arrivée de la gauche au pouvoir et des mesures de bon sens. L’État garantissait les dettes des particuliers et refusait (décision confirmée par le référendum de 2011) d’indemniser les banques privées. Mais cette gauche a perdu le pouvoir en faisant le forcing pour faire entrer l’Islande dans l’Union Européenne.

Stupéfaction, le Premier ministre de droite Gunnlaugson qui était au pouvoir depuis quatre ans figure en bonne liste parmi les milliers de capitalistes planquant leur fric au Panama. Dans ce petit pays dont les traditions de démocratie directe remontent au Moyen-Âge, près de 10% de la population est descendue dans la rue et a obtenu la démission du corrompu. En cas d’élections anticipées, le parti “pirate” est donné gagnant !

Israël

C’était le 24 mars à Hébron dans la zone H2, celle qui est occupée par 700 colons sous la protection de l’armée israélienne. Un soldat achevait un Palestinien blessé et gisant au sol en lui tirant dans la tête. La scène a été filmée. L’assassiné a un nom Abed al-Fattah Yusri al-Sharif. L’assassin s’appelle Elor Azaria. C’est un de ces très nombreux Français qui s’engagent dans Tsahal, “l’armée la plus morale du monde”. comme elle aime à se définir.

La France poursuit tout jeune qui rejoint les groupes djihadistes. En même temps, elle est totalement complice de ceux qui commettent des crimes en s’engageant dans l’armée israélienne. Déjà, le 13 octobre 2015, l’assassinat de Motaz, militant du FPLP de Dheisheh, avait été revendiqué sur sa page Facebook par un soldat franco-israélien.

L’armée israélienne est quand même humaine : après l’avoir interrogé, elle a libéré Elor Azaria pour qu’il puisse passer Pessah (la Pâque juive) en famille.

Fin mars, une grande conférence sponsorisée par Sodastream et la banque Hapoalim et rassemblant tous les partis sionistes a eu lieu pour contrer les succès du BDS. À cette occasion, le ministre du renseignement, Yisrael Katz, a déclaré qu’Israël doit entreprendre des “éliminations ciblées de civils” visant des militants de BDS, avec l’aide des services secrets israéliens. L’ambassadeur de l’Union Européenne, présent, n’a pas bronché.

Comme l’écrit une des dernières voix dissidentes d’Israël, le journaliste Gideon Lévy : “rien ne détruira Israël plus sûrement que l’occupation”.

Pierre Stambul


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