Un mois dans le monde

jeudi 16 juin 2016
par  Catherine

Canada

Cette histoire a commencé comme un cauchemar. La raréfaction du pétrole et l’augmentation des cours se confirmant, les capitalistes nord-américains ont décidé, il y a une quinzaine d’années d’exploiter les sables bitumineux de l’Athabasca dans le nord de l’Alberta. Le gisement couvre 142 000 Km2 (1/4 de la France) et les réserves placent le Canada au 3e rang mondial. L’exploitation a pollué durablement les forêts, les lacs et les rivières d’une zone immense. Des fortunes et des villes artificielles comme Fort Mac Murray sont apparues. Au diable, les recommandations écologiques de la COP 21 sur les économies d’énergie et la fin programmée des énergies fossiles ! Et puis patatras : le cours du pétrole a très fortement chuté avec la surproduction et la population a commencé à partir comme d’autres l’avaient fait dans la même région un siècle avant avec la ruée vers l’or en Alaska. Le gigantesque incendie de Fort Mac Murray, avec l’évacuation totale d’une ville de 100 000 habitantEs, symbolise la fragilité de cette folie causée par la cupidité capitaliste. À nous de tout faire pour que cesse définitivement cet immense saccage !

Londres

L’élection d’un maire musulman à Londres a la même valeur symbolique que l’élection d’un président noir aux États-Unis. En France, une telle élection semble impossible avec la virulence des attaques contre les MusulmanNEs. Mais au-delà du symbole, le pouvoir a une logique et un coût. Autrefois, Sadiq Khan était favorable au boycott d’Israël. Dans sa campagne, il a dit “être pour la paix” et pense aujourd’hui “que nous ne devons pas tourner le dos à Israël”.

Grèce

Une grève générale et des manifestations violentes n’auront pas empêché un parlement à majorité Syriza de voter le type même du plan d’austérité contre lequel ce parti avait fait campagne en 2015. Et ceci au moment même où des “experts” européens reconnaissent que 95 % de “l’aide” européenne qui sera obtenue en échange de la mise à mort du système des retraites, ira aux banques qui ont saigné la Grèce, et pas à la population.

Pologne

Il n’y a plus un seul député “de gauche” à la Diète polonaise (le Parlement). Il faut dire que, comme en Hongrie, c’est la “gauche post-communiste” qui a détruit méthodiquement l’ancien système social. Alors l’alternance se fait entre la droite pro-européenne et la droite autoritaire. Cette dernière (qui a gagné les dernières élections) veut gouverner sans partage en modifiant la Constitution et en criminalisant tous ceux qui ont gouverné avant elle. Répondant à l’appel d’associations de la société civile et des partis d’opposition, près de 250 000 personnes ont manifesté le 7 mai à Varsovie contre cette dérive.

Luxembourg

Celui qui a été longtemps à la tête de ce petit pays, Jean-Claude Juncker, préside la Commission Européenne depuis novembre 2014. Excellent modèle pour l’Europe libérale. Il aura tout fait pour transformer son pays en Panama européen. C’est là que tous les grands groupes rapaces qui font de juteux bénéfices en Europe déclarent leurs revenus, le taux d’imposition étant incroyablement bas. C’est dans ce charmant mais riche État censé faire respecter le droit que s’est ouvert le 26 avril le procès intitulé LuxLeaks. Les grandes banques luxembourgeoises se sont spécialisées et pratiquent “l’optimisation fiscale”, c’est-à-dire le moyen pour les Google, Macdo et autres Ryanair d’échapper “légalement” à l’impôt. Qu’on se rassure, ni ces multinationales, ni les banques luxembourgeoises ne sont poursuivies : la “justice” luxembourgeoise, par la voix du Procureur, réclame cinq ans de prison et plus d’un million d’euros d’amende au lanceur d’alerte Antoine Deltour qui a révélé ces pratiques.

Philippines

Pour Churchill, “la démocratie est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres”. En tout cas, sa forme populiste est juste une horreur. En attendant une hypothétique victoire de Trump aux élections américaines, aux Philippines (pays de 100 millions d’habitantEs), c’est fait : Rodrigo Duterte a largement remporté les élections présidentielles avec un programme simple : rétablir la peine de mort et exécuter sans jugement des milliers de “criminels”. Sur les femmes, il n’est “pas mal” non plus : à propos du meurtre et du viol d’une religieuse australienne en 1989, il avait déclaré : J’ai vu son visage et je me suis dit “Putain, quel dommage ! Ils l’ont violée, ils ont tous attendu leur tour”. J’étais en colère qu’ils l’aient violée, mais elle était si belle. Je me suis dit “le maire aurait pu passer en premier”.

Israël

Le gouvernement français, par l’action de Fabius quand il était ministre des affaires étrangères, a lancé une “initiative de paix” sous forme de “conférence internationale” à Paris. Faut-il en attendre quelque chose ? Nétanyahou n’acceptera une telle conférence que si elle exige des PalestinienNEs qu’ils/elles capitulent sur toutes leurs revendications. Et en attendant et en l’absence de toute sanction, la colonisation s’accélère. Pas encore réunie, Kerry s’étant décommandé, la conférence est ajournée. Comme disait l’ancien Premier ministre Yitzhak Shamir en 1991 : “nous négocierons le temps qu’il faut pour qu’il n’y ait plus rien à négocier”.
De toute façon, ce gouvernement français qui matraque les manifestant-e-s et casse le droit du travail est un allié inconditionnel de Nétanyahou. Un diplomate français avait obtenu qu’à l’UNESCO, la France vote une motion condamnant les violations du droit à Jérusalem-Est. Sur injonction de Nétanyahou et du CRIF, Hollande a désavoué ce vote !
Pendant ce temps, Omar Barghouti, initiateur de l’appel international au BDS (en 2005) est menacé de mort et assigné à résidence. Et des ProtestantEs de 13 pays différents envoyéEs par le Conseil Œcuménique des Églises pour assister à une conférence sur le dérèglement climatique à Béthléem ont été misES en centre de rétention et (pour la plupart) expulséEs.

Pierre Stambul, le 18 mai 2016

Gaza le 25 mai

On est dans la cage. Khuza’a est un bourg de 15 000 habitantEs, peuplé d’agriculteurs et agricultrices à quelques centaines de mètres de ce que l’occupant appelle pudiquement “la barrière de sécurité”. Là, pas de terroriste ou de tunnel, mais des gens qui luttent pour avoir les moyens de vivre et de produire. En 2014 (opération “bordure protectrice”) dans ce bourg, l’armée israélienne a détruit totalement 395 maisons, en a rendu inhabitables 600 autres. Elle a détruit les routes, les écoles, la clinique, la mosquée. Elle a tué 92 personnes, des “gens ordinaires” dont deux enfants, des vieux, un handicapé sur sa chaise roulante.
Deux ans après, faute de ciment, des familles vivent encore dans des algécos surchauffés l’été. Mais les terres sont cultivées, la moisson est presque achevée, la population reconstruit.

P. S.


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