Droits et libertés, toujours plus dans l’inacceptable !

Édito
samedi 10 septembre 2016

Dans le domaine sécuritaire, Hollande, Valls et Cazeneuve ont franchi un pas décisif :
- manifestations interdites (pour le BDS, lors de la COP 21, pendant la lutte contre la loi El Khomri) ou empêchées comme lors du 1er mai à Paris,
- bourses du travail assiégées,
- ciblage de militantEs, personnes gardées à vue “préventivement” et empêchées de manifester,
- manifestations “en cage” ou tirs de grenades sans sommation dès la formation de manifestations etc.

Le gouvernement a adopté ouvertement un langage antisyndical, n’hésitant pas à criminaliser celles et ceux qui contestent la casse sociale. Dès le début des manifestations, la répression (policière comme judiciaire) s’est acharnée contre la jeunesse.

L’état d’urgence est devenu permanent. Il s’accompagne d’opérations dites “antiterroristes” où la police intervient très brutalement chez des milliers de personnes, les “quartiers” étant les plus visés. Ces opérations n’ont débouché sur quasiment aucune inculpation, ce qui prouve qu’elles sont imposées pour intimider et terroriser.

Les violences policières se généralisent et se nourrissent de l’impunité de leurs auteurs. L’usage des armes à “létalité réduite” provoque de très nombreuses victimes grièvement blessées, voire tuées comme à Sivens. La police a désormais le droit de porter des armes en permanence. La “justice” a innocenté les policiers ou gendarmes auteurs de violences mortelles comme à Sivens, à Clichy-sous-Bois ou comme on l’a vu récemment au procès de Bobigny où le meurtrier d’Amine Bentoussi a été relaxé après lui avoir tiré dans le dos, alors qu’il était menotté. Si les bavures et violences policières sont impunies, par contre cette justice d’exception a prononcé des peines très lourdes contre des manifestantEs : de prison, financières, d’interdictions de manifester pendant plusieurs années...

Vis-à-vis des réfugiéEs qui arrivent en Europe, le refus de toute régularisation et les expulsions honteuses (comme à Calais) sont toujours la règle. Hollande n’a même pas respecté sa promesse d’accepter 3500 réfugiéEs syrienNEs. Seulement 900 ont été régulariséEs. Le gouvernement attise les attaques contre les réfugiéEs à Calais comme à Mayotte.

L’annonce d’une intervention policière prochaine à Notre-Dame-des-Landes est la menace d’une nouvelle violence d’État.

Le but du pouvoir n’est pas d’apporter la sécurité mais au contraire d’instaurer un nouvel ordre politique et social basé sur la stigmatisation, la violence, la répression et l’emprisonnement. Ce même gouvernement qui a lancé l’armée française dans plusieurs guerres néocoloniales ou impériales, utilise ces guerres pour nous bâillonner. La reprise du discours du Front National ou de celui des syndicats policiers de droite, légitime ces discours de guerre aux pauvres et de “tout sécuritaire”. Tout est motif pour prolonger l’état d’urgence.

Émancipation appelle à défendre les libertés fondamentales que ce gouvernement de casse sociale est en train de détruire :

- en défendant, partout, le droit de manifester et de s’opposer à la politique du gouvernement,

- en soutenant les victimes de la répression policière,

- en témoignant pour les défendre,

- en rejoignant les différents collectifs contre la répression, les violences, les assassinats et l’armement de la police, contre la guerre, contre l’état d’urgence...

Émancipation tendance intersyndicale,

Trentels, le 16 août 2016


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)