Un mois dans le monde

samedi 24 septembre 2016

Brexit

Bien sûr les motivations des électeurs et électrices, qui ont majoritairement voté pour la sortie de l’Europe, sont diverses. Il y a parmi les partisanEs de cette sortie des racistes et des “petits blancs” nostalgiques de l’Empire Britannique. Il y a aussi un “vote de classe” de la part des nombreuses victimes du libéralisme européen, c’est assez clair quand on regarde la géographie du vote. Mais la City et le patronat étaient contre le Brexit.

Il faut dire que les libéraux européens sont indécrottables dans la croyance en leurs dogmes. Juste après ce vote, Juncker a infligé un blâme aux gouvernements espagnol et portugais qui ne respecteraient pas suffisamment la religion du déficit zéro. Cette Europe n’est pas amendable.

Une grosse interrogation pèse sur l’unité du Royaume-Uni, l’Écosse et l’Irlande du Nord ayant massivement voté contre le Brexit.

Espagne

Il est légitime de vouloir qu’un mouvement social ait un débouché politique. Podemos est né après le mouvement des Indignés (ou du 15 mai). Après deux succès emblématiques (les mairies de Madrid et Barcelone), le parti s’est institutionnalisé, il a cessé d’incarner une rupture et de s’appuyer sur les luttes. Les nouvelles élections espagnoles sont un échec pour lui. Il rêvait d’imiter Syriza en dépassant le parti socialiste “officiel”. Il a échoué assez nettement. Il perd deux millions de voix sur le total Podemos + Izquierda Unida des élections précédentes. Malgré une série impressionnante de scandales, la droite néo-franquiste progresse et reste en tête. Pas assez pour gouverner et celui qui fera alliance avec elle commettra un suicide politique. Le nouveau parti de droite Ciudadanos semble tenté.

Autriche

La défaite à l’arraché aux élections présidentielles du candidat d’extrême droite Hofer, représentant le “parti de la liberté”, créé en 1945 pour abriter tous les anciens nazis, n’est peut-être que partie remise. La victoire de l’écologiste Van der Bellen, obtenue grâce au vote par correspondance, a été invalidée. Dans l’ambiance raciste et sécuritaire qui submerge l’Europe, on a tout à craindre du nouveau scrutin qui aura lieu le 2 octobre.

Libye

Le ministre de la guerre Le Drian a salué le “courage et le dévouement” de trois agents de la DGSE morts “en service commandé” (leur hélicoptère a été abattu) à Benghazi, dans l’Est de la Libye. Le gouvernement dit “d’union nationale” (en fait installé par l’Occident pour appeler “légalement” les Occidentaux à intervenir) a mollement protesté. Allons donc, nous sommes donc en guerre ? En Libye ? Contre qui, dans quel but ?

Brésil

Le “coup d’État légal” est allé à son terme. C’est un politicien de droite pourtant bien mouillé dans les scandales, Michel Temer, qui a inauguré les Jeux Olympiques (malgré les sifflets) en pleine crise sociale en lieu et place de Dilma Rousseff. Le Parti des Travailleurs de Lula et Dilma ne peut s’en prendre qu’à lui-même. C’est lui qui s’est allié au PMDB (Parti du Mouvement Démocratique Brésilien) de Temer, historiquement lié au grand patronat. C’est lui qui a trahi toutes les promesses faites aux paysans sans terre, c’est lui qui a suivi les consignes du FMI et n’a rien fait pour créer une industrie de transformation susceptible de ne pas rendre le Brésil tributaire du prix des matières premières. C’est lui qui a organisé ces Jeux Olympiques qui auront achevé de vider les caisses de l’État. C’est aussi lui qui a, tout comme la droite, mis les mains dans diverses caisses dont celles de la multinationale Petrobras. C’est lui qui a régulièrement lancé ses forces paramilitaires (souvent formées en Israël) contre les favelas. Pourquoi une telle peur alors que quelqu’un comme Dilma Rousseff a fait preuve d’un grand courage dans la lutte armée contre le régime des généraux ? Sans doute parce que cette génération a été traumatisée par sa défaite quand tout le sous-continent était dominé par des dictatures fascistes. La droite arrive aux affaires en pleine crise sociale et elle a annoncé la couleur avec un programme d’austérité : elle veut s’attaquer aux droits des travailleurs, licencier et libéraliser un peu plus l’économie.

Turquie

Quel étrange coup d’État ! On pourrait penser, vu la rapidité et la radicalité de la riposte d’Erdogan, que c’est lui-même qui l’a organisée. Le plus probable est que, compte tenu de la proximité idéologique entre l’AKP et l’organisateur présumé du putsch (Fethullah Gülen, fondateur de la confrérie Hizmet), Erdogan était au courant et a volontairement laissé faire. Les deux hommes ont été amis, Gülen a aidé l’AKP dans sa conquête du pouvoir. Quand ils se sont brouillés, Gülen a dénoncé publiquement les très nombreux scandales dans lesquels les proches d’Erdogan sont compromis. Plusieurs indices semblent montrer que la CIA a joué un rôle dans cette tentative, en particulier le fait qu’Erdogan ait immédiatement coupé le courant de la base américaine d’Incirlik.

Personne n’a revendiqué le putsch. Surtout pas les Kurdes qui ont des souvenirs très douloureux des coups d’État précédents. Celui de 1980 avait provoqué l’exil ou l’emprisonnement de milliers de militantEs kurdes.

Une purge impitoyable qui touche l’armée, la police, la justice et toute la fonction publique transforme le régime turc. Ce régime autocratique est en train de devenir une dictature.

Hedy Epstein

Son nom ne vous dit peut-être rien. Elle vient de mourir à l’âge de 92 ans. Pendant la deuxième guerre mondiale, toute sa famille a été exterminée à Auschwitz. Après guerre, elle émigre aux États-Unis. Elle sera de tous les combats : pour l’avortement, pour les droits des minorités, contre les violences policières, contre la guerre. Depuis 25 ans, elle était particulièrement engagée pour les droits des PalestinienNEs. Membre des femmes en Noir et de ISM (International Solidarity Movement), elle avait participé à plusieurs actions contre le blocus de Gaza. Une grande dame.

Pierre Stambul


Brèves

8 décembre - Réunion publique - jeudi 14 décembre à 19h - Après les récentes défaites de Daesh, où va la Syrie ?

Réunion publique avec :
Joseph Daher, militant syrien originaire d’Alep
Sakher Achawi, (...)

7 juillet - RELAXE POUR ELIE DOMOTA !

Message de soutien d’Émancipation à Élie Domota
Le syndicaliste guadeloupéen Élie Domota, (...)

14 février - Réunion publique - Jeudi 23 février à 19h - Alep : un tournant ?

Résistances populaires en Syrie et manœuvres internationales
Réunion publique avec :
Ziad (...)