Transformer l’échec

Édito
mercredi 12 octobre 2016

On n’a pas gagné… c’est sûr !

Hollande s’est précipité pour promulguer la loi Travail et le gouvernement se hâte pour l’appliquer. Et sur la réforme du collège, là non plus on n’a pas gagné…

On doit s’interroger sur l’échec de ces deux luttes emblématiques, longues, déterminées, fortes d’un très large soutien.

Ces luttes sont parmi les plus importantes menées contre un pouvoir élu à gauche et qui fait une politique de droite, libérant cette dernière pour toutes les surenchères. D’où des réticences à fragiliser le gouvernement ; d’autant plus que celui-ci en a profité pour développer l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative à sa politique et pour passer systématiquement en force.

Mais les directions syndicales ont une responsabilité certaine. En premier lieu bien sûr celles qui ont soutenu la loi El Khomri (CFDT, UNSA). Mais aussi celles qui dans la Fonction publique n’ont pas mobilisé les personnels sur les attaques spécifiques pour contourner les garanties statutaires (Compte personnel d’activité, loi déontologie et “accord” PPCR…). Dans l’enseignement, les PPCR permettent d’utiliser l’évaluation pour une gestion méritocratique des ressources humaines et pour balayer toutes velléités de résistances vis à vis des contre réformes. Et surtout, les directions syndicales ont eu un retard inacceptable à rejoindre les jeunes mobiliséEs contre la loi Travail dès le début mars et les ont laisséEs seulEs se faire réprimer sauvagement. Puis elles ont égrené les journées d’action espacées, là où la grève reconductible s‘imposait pour le retrait de la loi Travail, comme de la réforme des collèges.

Pour autant on n’a pas perdu...

D’abord le 15 septembre a montré la persistance du refus de ces contre-réformes, qui peut permettre de résister à chaque étape d’application de ces contre réformes dans chaque entreprise, chaque collège.

Ensuite cette jeunesse réprimée dès le mois de mars s’est radicalisée et peut contribuer activement à la résistance à ce gouvernement ou à tout autre. D’autant plus qu’elle s’est rapidement décillée sur le monde de la loi Travail et sur le guignol électoral qu’il donne à voir.

Les passages en force systématiques du pouvoir et les réponses syndicales loin d’être à la hauteur ont rapidement fait apparaître dans la mobilisation une variété de structures qui oeuvrent au soutien et à la convergence des luttes, à des blocages et autres formes d’actions de confrontation : AG interpro-interluttes locales, départementales et/ou régionales, Nuits debout, appels de syndicalistes, comme “On bloque tout !”, “cortèges de tête” des manifs. Autant de structures qui s’imposent à côtés des syndicats et même devant dans les manifs ou les actions coup de poing. Mais il serait présomptueux de penser qu’elles peuvent appeler à des initiatives centrales à la place des syndicats.

Ces structures sont à faire vivre parce qu’elles représentent une alternative à la stratégie des journées d’action des directions syndicales et au piège du dialogue social dans lequel elles se laissent enfermer. Mais il faut dans le même temps renforcer les forces qui défendent dans les syndicats l’indépendance par rapport au pouvoir, le combat sans faille contre sa politique de répression, l’autonomie, l’unité et la convergence de luttes, avec toutes celles et ceux qui sont porteurs/ses d’alternatives progressistes.

L’objectif étant d’obtenir des appels à la grève les plus unitaires possible particulièrement en cas d’attaques de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et pour la relaxe des Goodyear et des Air France.

Olivier Vinay, le 30/09/16


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

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Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)