Après le Forum social de Montréal

mercredi 14 décembre 2016

Le 12e Forum social mondial (FSM), qui s’est tenu à Montréal du 9 au 14 août 2016, a rassemblé, d’après la Comité d’organisation (1), près de 35 000 participants, en majorité des jeunes. C’est un peu moins qu’espéré, mais c’est tout de même un beau résultat.

Un millier de volontaires locaux ont permis la tenue, pendant six journées, de près de 1200 activités (conférences, ateliers, manifestations diverses), une vingtaine d’assemblées de convergences, et quelques grandes conférences très suivies (syndicats, éducation, droit à l’habitat et des quartiers, migrations, justice climatique, extractivisme, traités de libre-échange, économie sociale et solidaire, etc.), ainsi que des rencontres régionales de mouvements (Amérique latine, Moyen-Orient Palestine, Syrie…) ; des Forums associés ont eu lieu, à Montréal : Forum mondial des médias libres, Forum parlementaire et des élus locaux, Forum des Premières Nations, Forum mondial théologie et libération, Forum social mondial thématique pour un monde libéré de la fission nucléaire civile et militaire et le Sommet noir de la diversité culturelle Hoodstock…, ou ailleurs : un peu avant – Forum Social Mondial des Migrations à São Paulo, ou un peu après – Forum social irakien à Bagdad…

Toutefois, comme le souligne le Français Gustave Massiah, membre du conseil international du FSM, l’appréciation de ce Forum est contradictoire (2).

Le succès d’un forum dépend largement de la mobilisation des mouvements sociaux

Ce FSM était le premier Forum mondial organisé dans le Nord. Et bien sûr, quand la décision a été prise (lors du Forum précédent à Tunis en 2015), beaucoup avaient souligné que cela entraînerait des difficultés pour assurer une participation réellement mondiale : problèmes des coûts de transports et d’hébergements, problèmes de visas. Permettre une participation significative de militants du Sud (et même du Nord) exigeait de se mobiliser pour trouver des moyens financiers d’appuis pour le financement des voyages (fonds de solidarité), ce qui n’a pu être suffisamment fait. Quant aux visas, malgré des assurances du côté du Premier ministre, l’administration canadienne (avec ses sous-traitants administratifs privés) a tout à fait sciemment pour empêcher des centaines de participant.e.s d’Afrique ou du Moyen-Orient de venir à Montréal ! Notamment en expliquant les refus de visa par le caractère “pas clair” (sic) de l’objet du voyage de syndicalistes ou militant.e.s associatifs africains ou arabes fort bien identifié.e.s, de parlementaires népalais.e.s, de personnalités très connues au Québec comme la Malienne Aminata Traoré, etc. Le comité organisateur québécois n’a pas pu ou pas su organiser une stratégie significative pour faire face à ces défis (financement d’un fond de solidarité, réaction face aux refus des visas).

Ce comité organisateur a fonctionné principalement par larges assemblées d’individus, vastes débats et recherche du consensus. Cette manière de faire a eu la vertu de permettre l’implication active de centaines de Montréalais.e.s, jeunes en grand majorité. Mais elle a été à l’encontre de la gestion de priorités ou d’urgences (cf. par exemple la réaction à la question des visas, ou aux attaques contre la présence annoncée au sein du Forum de la campagne “BDS” sur la Palestine (3)). Surtout elle n’a pas facilité la mobilisation en amont des grandes et petites organisations locales (les syndicats, CSN, FTQ, enseignant.e.s (4) ne se sont impliqués dans le Forum que tardivement) et a fortiori des organisations extérieures (du reste du Canada, des États-Unis (5), du reste du monde).

Selon le lieu où se déroule le FSM (jusqu’à présent au Brésil, en Inde, au Kenya, au Sénégal, en Tunisie…), il est plus ou moins facile aux uns ou aux autres de s’y rendre, et naturellement les “locaux” représentent toujours plus de la moitié des participant.e.s… Il n’en reste pas moins que lors des derniers Forums on notait un déficit de participant.e.s de certaines régions du monde : Europe du Nord et de l’Est, Asie du Sud-Est, Asie de l’Est (malgré une présence de petits groupes chinois, coréens…), Afrique anglophone (en dehors de l’Afrique du Sud), etc. Le canadien Pierre Beaudet constate que cette fois-ci, "le Forum de Montréal a été mondial, mais avec un petit “M”, avec une participation plus que limitée d’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie. Même du côté européen (à part la France) et des États-Unis, la participation a été restreinte" (6).

Le succès d’un forum dépend largement de la mobilisation des mouvements sociaux dans le pays organisateur ou dans la région. Cela a été le cas par exemple lors du Forum de Porto Alegre au début des années 2000 avec les mouvements brésiliens et latino-américains et dans le contexte de l’émergence générale de l’altermondialisme, du Forum de Mumbaï en 2004 avec notamment les mouvements Dalits (7), de celui de Belem en 2009 avec notamment les mouvements autochtones amérindiens, et bien sûr du premier Forum de Tunis en 2013. Ils ont bénéficié de ce que Pierre Beaudet appelle l’“alignement des astres”. “Les organisations brésiliennes et tunisiennes ont mis tous leurs efforts sur les Forums parce que dans un sens, cela faisait partie de leur timing. Les citoyens et citoyennes ont été informés à travers un énorme travail de mobilisation et d’information, plusieurs mois à l’avance, et dans un contexte où dans l’air, il y avait ce savoureux parfum du changement. Ce n’est plus la même chose aujourd’hui, au Québec, mais aussi dans plusieurs régions du monde, même en Amérique du Sud, où le vent du changement a tellement soufflé durant les dernières années” (8). À l’inverse ce n’était pas le cas pour le FSM de Nairobi en 2007 ou pour les Forums sociaux européens en 2002-2010 dont le processus s’est perdu dans les sables (9)...

Bien avant ce FSM 2016 la question était posée de la pertinence et de l’utilité des rassemblements mondiaux de ce type. Et cela a fait l’objet de nombreuses discussions à Montréal même, notamment lors d’une assemblée de convergence très suivie, ou lors de la réunion du Conseil International du FSM après le Forum proprement dit. Après tout, comme le remarquait le bolivien Pablo Solón, comme toute chose, le processus des Forums naît, croît et meurt (10). Des fondateurs ou acteurs réguliers des Forums comme le Philippin Walden Belo ou l’Israélien Michel Warshawski ont posé la question “cela vaut-il la peine ?” (11). Le contexte d’aujourd’hui n’est plus du tout celui des années 2000, avec d’une part, en positif, l’émergence de nouveaux mouvements et de nouvelles générations militantes, mais qui se développent loin ou à côté, des Forums, avec les Indignados, Occupy et plus généralement les mouvements des places qui sont apparus ou apparaissent un peu partout d’Istanbul à Santiago du Chili, de Hong Kong à Érevan, jusqu’à Nuit Debout à Paris… et d’autre part bien sûr en négatif, la réaction conservatrice – notamment en Amérique Latine, la montée des nationalismes xénophobes – notamment en Europe, la crise climatique, l’extension des guerres de dislocation, du terrorisme et des discours de haine.

Le processus des Forums a connu trois phases (12) que Pierre Beaudet décrit ainsi :
- “La phase heureuse du début des années 2000, d’un évènement, le Forum est devenu un processus que plusieurs réseaux se sont appropriés, marqué d’une manière différenciée par des cultures politiques spécifiques orientées selon les priorités du moment” ;
- Celle de l’“extension” qui s’est prolongée jusqu’au début des années 2010, avec non seulement des FSM sur plusieurs continents mais aussi la multiplication des Forums et Initiatives régionales et continentales (plus de 1000 forums locaux de 2006 à 2016 !), thématiques et sectoriels (eau, médias, paysans, migrants, éducation, paix, extractivisme, climat…) un peu partout dans le monde de la Bolivie à Hyderabad, Détroit ou Sarajevo…
- Mais nous sommes depuis déjà longtemps dans “la phase anxieuse” : quelles initiatives prendre, quelles formes d’organisation, quelles modalités d’échanges et de débats face à la montée des périls ?

Montréal et après ?

Faut-il continuer les Forums ? Après l’expérience de Montréal avec ses qualités et ses limites, à peu près tout le monde pense dans la galaxie altermondialiste, comme la belge Francine Mestrum que “le principal avantage du Forum c’est son existence, et qu’il reste, jusqu’à présent le seul rassemblement global de la société civile globale” (13).

Mais quel(s) Forum(s) ? Pour certains, il s’agit d’accentuer encore plus un espace horizontal ouvert pour faciliter les rencontres et les convergences ; pour d’autres, il s’agit de renforcer la radicalité des forums en organisant les débats politiques, les prises de décisions et les actions communes (14).

Les premiers comme le brésilien Chico Whitaker (un des fondateurs historiques du FSM), insistent sur la nécessité de respecter la charte de Porto Alegre (15), de maintenir un Forum comme “bazar”, espace de débats, d’information et d’échange, un lieu de convergence, où chacun apporte ses idées et ses expériences… “Un espace ouvert dans le respect de la diversité des participants […] qui permet de se reconnaître mutuellement et de surmonter les préjugés, de créer de nouvelles alliances qui seraient demeurées invisibles si nous étions restés isolés les uns des autres” (16). En d’autres termes, la nécessité de ne pas faire du Forum en tant que tel un objet politique, avec des résolutions du Forum, des prises de positions “au nom du Forum”, bref comme le dit la charte, des forums qui n’ont pas un caractère délibératif, où il n’y a pas de vote et où personne ne peut s’exprimer au nom de tou.te.s les participant.e.s.

Mais objectent les seconds, ce forum “espace” se réduit trop à une sorte d’addition de rencontres entre ONG ou associations, avec parfois échanges de pratiques, de débats entre experts et/ou de session d’information et de formation. Pas un outil de concertation et de mobilisation collective de mouvements. Il faut, explique le portugais Boaventura de Sousa Santos que “le FSM facilite le passage d’une politique de mouvement à une politique d’inter-mouvements, c’est-à-dire une politique qui reconnaît qu’aucun mouvement ne peut réussir individuellement sans coopérer avec d’autres” (17).

Au cours des premiers FSM une partie très significative des militant.e.s et mouvements participants ont organisé des “assemblées des mouvements sociaux” censées remplir cette fonction d’identification des thématiques partagées, de reconnaissance des actions en cours par les uns ou les autres, de définition de campagnes et mobilisations internationales pour des objectifs communs... Bref après l’échange et la réflexion, place, pour ceux et celles qui le désirent, à l’action. Mais ces assemblées se sont transformées peu à peu en des espèces de meetings de présentation de catalogues de voeux et de revendications, pas toujours suivis d’effet une fois chacun rentré chez soi. Ce qui n’empêchait pas – et n’a pas empêché non plus à Montréal d’ailleurs, d’autres (ou les mêmes), sans “assemblées des mouvements sociaux”, de profiter des Forums pour développer en réseaux des actions communes et efficaces sur divers thèmes.

Au fond un Forum réussi fonctionne comme un marché : chacun apporte ses légumes et il peut en ressortir plusieurs types de soupes... Les deux conceptions (plus “ouverte”, laissant chacun élaborer sa “soupe” ou plus “politique”, proposant des “recettes de soupes” ) ne s’opposent pas forcément, c’est un axe de tension dialectique qui fait le dynamisme d’un Forum.

Sans doute faut-il, face à la réaction omniprésente, à la crise des mouvements progressistes et à la montée des périls, “faire”, comme le suggère le Canadien Ronald Cameron, “de ces rendez-vous des rassemblements qui servent les luttes et les mobilisations. Le centre de gravité des FSM, ajoute-t-il, porterait moins sur les activités singulières des organisations et mouvements, mais plus sur leur concertation” (18).

Une autre discussion porte sur l’avenir immédiat du forum ; faudrait-il l’arrêter pour laisser à des formes nouvelles plus d’opportunité pour émerger ou faut-il maintenir un processus à faire évoluer ? Un séminaire international est prévu en janvier à Porto Alegre au Brésil, pour réfléchir à l’organisation des prochains Forums et à la manière de poursuivre le processus. L’organisation des Forums va être repensée, par exemple des forums plus resserrés, avec moins d’ateliers dispersés, répétitifs ou redondants, mais ausssi avec plus d’espaces de convergences et de rencontres, un Conseil international (qui organise avec les comités locaux, chaque Forum) renouvelé et réorganisé et des canaux d’information et de communication reconstruits. L’idée d’organiser des “assemblées de luttes” à l’occasion des Forums et rencontres est proposée. Un débat sur l’analyse de la situation politique mondiale est ouvert (appréciation des enjeux et des défis, la pertinence et l’actualité des Forums sociaux mondiaux) (19). Et, comme le suggérait le réseau No Vox à Montréal, “il faut espacer la tenue des Forums sociaux mondiaux à 3-4 ans et réduire le nombre d’ateliers lors de chacun d’eux, prévoir l’organisation de Forums régionaux, entre les mondiaux, pour permettre le développement des convergences et des solidarités continentales, abandonner l’imposition de cadres quasi-universitaires et les dits grands axes qui ne favorisent pas les transversalités et marginalisent les mouvements qui luttent pour les droits sociaux, économiques, démocratiques, culturels... Revoir la stratégie organisationnelle pour faciliter les échanges transversaux entre les différents fronts de lutte” (20).

“L’altermondialisme ne se résume pas aux Forums Sociaux Mondiaux, même si ceux-ci y ont occupé une place importante”, nous rappelle Gustave Massiah. “Le mouvement altermondialiste est un mouvement historique d’émancipation qui prolonge et renouvelle les mouvements historiques précédents, le mouvement ouvrier, le mouvement paysan, la décolonisation… L’altermondialisme, c’est un projet alternatif, celui de la transition écologique, sociale, démocratique et géopolitique” (21). Montréal fut une étape utile et finalement fructueuse. Et les rencontres internationales altermondialistes se prolongent sous diverses formes.

Car de toute façon on continue. Avec peut-être, comme prochaine étape des Forums continentaux déconcentrés, comme en 2006 quand le FSM central avait été remplacé par trois “polycentriques” à Caracas (Venezuela), Bamako (Mali) et Karachi (Pakistan). Des propositions sont déjà faites : Dakar, Porto Alegre, Barcelone… Un forum vient de se tenir avec succès à Bagdad, on se mobilise pour la COP22 à Marrakech, on reparle d’Asie du Sud… d’autres convergences vont voir le jour.

Bernard Dreano, 9/10/2016

Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM/IPAM),

membre du Conseil international du Forum social mondial

(1) Le site du Comité organisateur de Montréal : https://fsm2016.org

(2) Gustave Massiah : “Le Forum social mondial de Montréal, quelques notes de compte-rendu”, sur le site intercoll, septembre 2016, http://intercoll.net

(3) Le mouvement Boycott Désinvestissement Sanction (contre la politique coloniale israélienne) dont la présence active au Forum a été dénoncée comme “antisémite” par certains parlementaires et médias canadiens.

(4) CSN, confédération des syndicats nationaux, confédération québécoise d’origine historique démocrate chrétienne, FTQ fédération des travailleurs du Québec, branche québécoise de la confédération canadienne d’origine historique social-démocrate ; les syndicats enseignants sont en lutte contre les atteintes aux droits de tous à l’éducation et pour la défense du service public.

(5) Ainsi l’important mouvement Black Lives Matter a été présent au FSM surtout dans l’événement périphérique “Hoodstock” à Montréal Nord.

(6) Pierre Beaudet : “Le Forum social mondial après Montréal” Bulletin Intercol !net altermondialisme2.0, septembre 2016, http://intercoll.net

(7) Les communautés “intouchables” et “tribales” discriminées en Inde.

(8) Pierre Beaudet : “Le Forum social mondial après…”, op. cit.

(9) Après le succès au moins quantitatif des Forums sociaux européens de Florence (2002) et Paris (2003), équivalents par le nombre et la variété des participants à des Forums mondiaux, le processus s’est essoufflé à Londres, Athènes, Malmö et achevé en 2010 à Istanbul… l’une des raisons étant l’incapacité évidente des mouvements européens d’aborder les questions… de l’Europe. Un tel lieu d’échange et de débat à l’échelle européenne manque cruellement aujourd’hui.

(10) Pablo Solón : “Todo nace, crece y muere” Sur l’avenir du FSM, About the future of the WSF, Sobre el futuro del FSM , Bulletin Intercol !net altermondialisme2.0, aout 2016, http://intercoll.net

(11) Michel Warschawski : “Modestes réflexions sur le FSM”, Sur l’avenir du FSM , op. cit.

(12) Pierre Beaudet : “Le Forum hier, aujourd’hui et demain”, Sur l’avenir du FSM , op. cit.

(13) Francine Mestrum : “An agenda for progressive political forces”, Sur l’avenir du FSM , op. cit.

(14) Gustave Massiah : “L’altermondialisme et les forums sociaux mondiaux”, Sur l’avenir du FSM , op. cit.

(15) La charte de Porto Alegre, adoptée en janvier 2002 après le 1er Forum, expose les principes de fonctionnement des Forums et autres rencontres (mondiaux ou non) : un espace de rencontre ouvert, démocratique et international, non confessionnel, non gouvernemental et non partisan, qui articule en réseau des instances et mouvements engagés dans des actions concrètes, au niveau local ou international et stimule leur connaissance et la reconnaissance mutuelles, un processus permanent de recherche et d’élaboration d’alternatives qui s’opposent au processus de mondialisation capitaliste. On trouve la charte sur http://www.crid.asso.fr/spip.php?article113

(16) Chico Whitaker : “ A preocupação com a eficácia”, Sur l’avenir du FSM , op. cit

(17) Boaventura de Sousa Santos : “Les prochaines étapes”, Sur l’avenir du FSM , op. cit.

(18) Ronald Cameron : “le Forum en débats”, Sur l’avenir du FSM , op. cit.

(19) Gustave Massiah : “Leçons à tirer du Forum social mondial de Montréal”, 13 sept. 2016, https://blog mediapart.fr

(20) Déclaration du réseau NoVox au Conseil International du Forum Social Mondial de Montréal 14 août 2016 www.no-vox.org, et bulletin Intercol ! Septembre 2016.

(21) Gustave Massiah : “L’altermondialisme et les forums sociaux mondiaux”, http://intercoll.net, 3 octobre 2016.


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