Notre librairie (janvier 2017)

samedi 11 février 2017

Le talon de fer

2016 : centenaire de la mort de Jack London, auteur universellement connu pour ses récits d’aventures et ses romans destinés à la jeunesse. On connaît moins l’écrivain révolutionnaire qu’il est aussi. Le talon de fer fait partie de cette littérature “de la révolte”. Cette fiction évoque une révolution collectiviste aux États-Unis, qui avorte et au terme de laquelle une impitoyable répression de l’oligarchie capitaliste impose, pour une période de trois cents ans, le règne duTalon de fer. Roman d’anticipation, roman d’action, roman initiatique de la lutte des classes, roman écrit au féminin (c’est une narratrice qui fait le récit des événements), ce texte de 1905, surprend par sa préscience de la mondialisation capitaliste. Cette édition compte un cahier iconographique couleur de 24 pages reproduisant plusieurs feuillets du manuscrit original.

Le talon de fer , Jack London, éditions Libertalia, novembre 2016, 464 p., 16 €.

Dessine-moi un homme

“Évocations avec Pascal Lemaître” complète et prépare la découverte de ce livre centré sur la personne de Stéphane Hessel. La première partie de l’ouvrage, affiche un côté ludique. À travers une correspondance fictive avec son frère ainé, resté en Allemagne, Stéphane Hessel nous présente toutes les personnalités du monde artistique des surréalistes, qu’il a très bien connues dans son enfance. Les lettres sont illustrées au crayon noir, comme l’ensemble du livre, par Pascal Lemaître qui a rencontré Stéphane Hessel et sa femme très souvent dans leur maison de Trouville. La seconde partie de l’ouvrage plus sérieuse présente de courts textes de l’auteur. On y découvre la place importance qu’a toujours tenue la poésie dans son existence. Le livre se termine avec des textes de ses proches et une biographie chronologique. Un ouvrage sensiblequi permet d’approcher un homme animé jusqu’au bout par son émerveillement devant la vie, mais aussi un homme de résistance et de révolte.

Dessine-moi un homme , Stéphane Hessel, illustré par Pascal Lemaître, éditions de l’aube, novembre 2016, 144 p., 16,90 €.

La grève des ovalistes

Les deux auteures engagées par leurs travaux respectifs autour de la question des femmes et du travail des femmes, relatent dans cet ouvrage paru pour la première fois en 1982, la “première grande grève des femmes ouvrières en France”, la grève des ovalistes de Lyon en juin-juillet 1869. Cette grève témoigne à la fois de l’histoire des femmes et de l’histoire de la classe ouvrière. En Juin 1869,1 ?800femmes cessent spontanément le travail. Après plusieurs semaines de grève, possibles grâce à la caisse de solidarité de l’AIT (Association internationale des travailleurs), leur adhésion, demandée en retour va être l’enjeu des rivalités toutes masculines entre courants marxiste et anarchiste. Bakounine sera finalement leur représentant au Congrès de Bâle de 1869 : un exemple de plus de la confiscation de la parole des femmes…

La grève des ovalistes (Lyon juin-juillet 1869 ), Claire Auzias et Annik Houel, éditions L’atelier de création libertaire, octobre 2016, 184 p., 14 €.

Le défi des Nuits Debout

La revue trimestrielle Contre-temps consacre son dernier numéro à la crise de la démocratie libérale. Le capitalisme n’a jamais aimé la démocratie et le néolibéralisme s’évertue à l’en débarrasser pour de bon. Ce qui nous opprime dans le monde du travail, de l’entreprise mais aussi sur le plan politique au niveau national, européen et mondial en est une preuve. Un défi à relever : émanciper l’Europe du néolibéralisme, sans tomber dans le piège d’un certain populisme. Le mouvement Nuits Debout initié au printemps 2016 en France fait sens dans ce contexte. L’expérience de Podemos en Espagne peut aussi nous aider.