Femmes en révolution… cinq ans après

Dossier
jeudi 20 avril 2017

Les mobilisations qui, en 2011, ont renversé les dictatures de Ben Ali en Tunisie puis Moubarak en Égypte, ont donné un élan à d’autres mobilisations dans les pays du pourtour de la Méditerranée, comme au Maroc avec le Mouvement du 20 février. Elles ont renforcé des revendications comme l’abolition du Code de la famille qui inféode à vie les Algériennes. Partout, les femmes ont été en première ligne sous les banderoles. Six ans après, l’engagement de ces femmes n’a pas faibli. À Lyon, le Collectif Femmes en révolution a organisé, le 3 décembre 2016, un temps fort sur la lutte des femmes pour leur liberté.
Le statut des femmes a été un enjeu majeur des mobilisations dans les pays arabes et cette attention à la place des femmes reste essentielle. Elle permet d’avoir une vision plus complexe des mouvements de lutte dans ces pays et de combattre une vision très occidentale de la condition des femmes dans les pays du Maghreb et du Proche-Orient. Tel était l’objectif essentiel de cette journée (1).

Au-delà des différences de situation dans les pays du Maghreb, des points communs se dégagent à travers les propos de ces militantes.

Les mobilisations des “printemps arabes” ont vu des hommes et des femmes mener des combats communs contre la dictature, pour la liberté, la “dignité” et sur des revendications sociales.

Toutes ces militantes font état du poids et de l’influence du discours religieux pour assurer le maintien d’un ordre social qui opprime les femmes. Et dans la situation actuelle de crise sociale et politique, le poids de la religion et des imams s’est renforcé.

Alors que les mobilisations de 2011 ont surgi pour exiger la liberté, alors qu’étaient mises en avant des revendications démocratiques, politiques et sociales, les pouvoirs aujourd’hui en place peuvent compter sur le soutien des grandes puissances. Ainsi le gouvernement français livre des armes au régime militaire égyptien.

Renforcer la solidarité avec les militantes et tous ceux qui s’affrontent aux gouvernements en place est d’une impérieuse nécessité. C’est particulièrement vrai pour les femmes et le double combat qu’elles ont à mener pour l’égalité des droits, contre l’oppression patriarcale et pour les revendications sociales et politiques.

Propos recueillis par Hélène Bertrand

(1) Nous ne pouvons rendre compte ici que de la 1ère partie de cette journée.