Au CDFN de la FSU des 21 et 22 mars 2017

jeudi 18 mai 2017

Lors du dernier Conseil Délibératif Fédéral National de la FSU, l’exécutif national a tenté de déminer sur les derniers “développements” de l’accord PPCR et les déconvenues qu’il occasionne dans de nombreux secteurs, sur son appel à reculons pour la manif pour la justice et la dignité du 19 mars, sur ses ambiguïtés vis-à-vis du rôle des mutuelles par rapport à une sécu à 100 %, sur son refus d’exiger l’abrogation des derniers textes sur les migrantEs, ainsi que sur les violences policières…. Autant de points sur lesquels la délégation des éluEs Émancipation a insisté, avec des résultats dans les votes largement supérieurs à sa représentation.

Il se trouve encore des gens pour s’amuser de cette campagne électorale et de la profonde nausée politique entretenue :
- par les promesses non tenues, non tenables, démagogiques ou mortifères, passées ou à venir des responsables politiques socio, ultra ou facho libéraux,
- par l’appauvrissement du plus grand nombre généré par ces politiques, en regard du fric insolent. Que ce fric soit détourné des fonds publics par les Fillon, Le Pen et maintenant Le Roux qui tombe, y compris sous le coup de la protection judiciaire de la jeunesse ou qu’il soit investi par le patronat pour Macron, dans l’attente du retour sur investissement.

En dernier ressort cette ambiance profite à ceux et celle qui se prétendent antisystème, alors qu’ils en sont les purs produits quand ils n’en sont pas les jokers.

Il n’y a pas lieu de s’amuser de tout cela, parce que, même si on n’est pas exactement dans la conjoncture des années trente, jamais le FN n’a été aussi près du pouvoir, jamais, depuis la Libération, l’extrême droite n’a été si forte en Europe, comme aux USA. Jamais ses idées n’ont autant imprégné les partis et la société, autorisant tous les débordements xénophobes, répressifs et guerriers.

Tu as tout à fait raison, Frédérique [Rollet], elle est historique, la responsabilité du syndicalisme, tout au moins de celui dont on peut attendre quelque chose, du syndicalisme qui se veut de lutte, mais aussi celle des politiques qui se veulent à gauche de la gauche gouvernementale et celle des mouvements sociaux…

Les mouvements sociaux, avec les quartiers, les associations, les collectifs de luttes, les dynamiques issues des luttes contre la “loi travail” tendent à s’unifier.

Et le 19 mars a été une étape de cette unification. Le 19 a mobilisé une partie du syndicalisme, massivement Solidaires et la CNT, et seulement une frange de la CGT et de la FSU.

Eh oui, il n’y a eu qu’une frange de la FSU le 19, malgré la signature d’un texte spécifique avec la CGT, la LDH et ATTAC et malgré le refus de l’exécutif de sortir un appel reprenant les quatre points de l’appel des familles des victimes, comme décidé au dernier BDFN et rappelé par Bernadette [Groison] à la fin de ce BDFN. Ce qui est en cause, ce n’est pas tant le double appel ou l’absence du second qui n’aurait peut-être pas ramené plus de monde de la FSU. Ce qui est grave, c’est le non respect par l’exécutif des mandats que nous nous sommes donnés collectivement, touTEs ensemble, non respect de plus en plus fréquent.

Et il n’y a eu également qu’une frange de la FSU lors de l’impressionnante manifestation interprofessionnelle du 7 mars, avec les syndicats réputés de lutte.

Et il n’y a même pas eu une frange de la FSU ce midi devant le CNESER, contre les fusions d’établissements à l’initiative de tous les syndicats réputés de lutte du SUP… à l’exception remarquée des syndicats du SUP de la FSU.

Je ne veux pas forcément prétendre que ces syndicats ne sont pas de lutte, mais ce qui est un fait, c’est qu’ils n’étaient pas avec les autres.

C’est cette division-là qui est mortifère, Bernadette ! La division du syndicalisme de lutte, attisée par le rapprochement de la FSU de la CFDT et de l’UNSA.

Et le poison, c’est les PPCR dont on voit toutes les implications sur :
- les salaires, dont la plupart des personnels sont mécontents à l’exception de quelques corps du “haut du panier”. C’est normal, ça coûte moins cher que les corps massifs du “bas du panier”,
- la mobilité forcée entre les services, entre des ministères différents ou entre les trois fonctions publiques, d’autant plus contrainte que les CAP qui assureraient le contrôle de ces affectations ne sont pas précisées dans l’ordonnance,
- l’évaluation et les remplacements, deux sujets dont on va reparler dans ce CDFN.

Ce pouvoir, vis-à-vis duquel la FSU est d’autant plus attentiste qu’elle le considère en fin de règne, en profite pour perpétrer ses ultimes forfaits sous la forme d’une véritable averse d’ordonnances, de décrets, de circulaires et d’arrêtés qu’il importe de combattre pied à pied dans les instances de concertation à venir. Mais pas seulement, puisque, par exemple, les arrêtés sur les grilles d’évaluation ne seront même pas soumis au vote du CTM. Il est urgent d’appeler aussi à les combattre sur le terrain professionnel, comme dans la rue.

Intervention d’Olivier Vinay sur la situation générale


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