Exilé.e.s, spolié.e.s, isolé.e.s, méprisé.e.s, réprimé.e.s…mais si solidaires entre eux/elles … et avec nous !

dimanche 18 juin 2017

Une approche à deux voix, Aubépine Dahan et Houssam El Assimi des associations “Paris d’Exil” et “La Chapelle Debout”, qui partagent et renforcent, y compris par leurs différences, leur solidarité avec les migrant.e.s du 19ème arrondissement de Paris et leur résistance à la répression qui en découle. Interview en plusieurs volets sur les conditions faites par l’État et la ville de Paris aux exilé.e.s et sur le vécu et les aspirations de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants et des personnes solidaires.
Interview suscitée par Olivier Vinay

SAISON 1 : Les honteuses réalités du Droit d’asile au pays des droits de l’homme

L’Émancipation : Depuis quand êtes-vous engagé.e.s aux côtés des personnes exilées/sans papiers ?

Houssam : J’avais déjà participé à quelques manifs de sans pap au moment du CPE. C’est en juin 2015 à la suite du démantèlement du campement sous le métro aérien et des violences policières du 8 juin que je me suis engagé dans cette lutte.

Aubépine : J’ai commencé en novembre 2015, lorsque des personnes exilées ont tenté d’installer un campement Place de la République à la suite de l’évacuation du lycée Jean-Quarré.

H : Il y a donc environ six mois, entre mon engagement et le début de celui d’Aubépine, que j’ai fait partie de ceux qui ont décidé d’ouvrir le lycée Jean-Quarré pour l’occuper, afin que les migrant.e.s ne soient plus à la rue et afin de forcer un dialogue avec les pouvoirs publics.

L’Émancipation : Qu’est-ce qui vous a conduit à vous impliquer ? Quelles motivations ? Les soutiens sont-ils/elles politisé.e.s ou non ?

H : J’étais indigné de voir des gens dormir dans la rue, harcelés et violentés par la police, avoir la gale, la tuberculose. Et aussi par antiracisme. Le fait de voir des noirs faire des cabanes dans des arbres au bois Dormoy en plus de la violence qui s’est déchaînée sur la halle Pajol le 8 juin 2015 a été un déclic.

A : J’observais la situation depuis l’été 2015 mais je ne me suis impliquée que lorsque les personnes exilées sont arrivées en bas de chez moi. Je voulais rencontrer les personnes, comprendre comment on pouvait en arriver à une telle situation d’abandon au cœur de Paris (à l’époque je pensais qu’on avait une mairie de gauche), et voir comment agir.

H : Au départ du mouvement de solidarité, la politisation était très partielle et variable selon les personnes : par exemple il y avait des gens dont c’était le premier engagement, des gens qui n’étaient là que pour apporter une aide matérielle quelle qu’en soit la forme, des gens, militant.e.s professionnel.les., qui voulaient mettre l’accent sur la dimension politique (mouvement des sans-papiers, antiracistes, des gens qui défendaient la ville plus que les migrant.es...).

Cela se traduit dans la variété des pratiques : attachement au respect des droits existants, respect ou non de l’État et des institutions... Cela s’est vu lors du démantèlement d’Éole le 8 juin 2015 et lors de l’expulsion de la caserne : certains se réjouissaient de l’évacuation malgré la façon dont ça se faisait, et d’autres trouvaient les conditions de cette évacuation tellement ignobles qu’ils critiquaient le dispositif en lui-même (1). Reste la question de la place des personnes migrantes dans la lutte, qui divisaient entre ceux/celles qui découvraient la question et ceux/celles qui avaient réfléchi. Sachant que tout ce beau monde a eu tendance à se radicaliser du fait des rencontres, de la répression et de la violence de la situation.

A : Ce qui m’a frappée au départ, c’est la grande diversité des personnes qui se retrouvaient pour agir, diversité de milieux sociaux, de générations, des lycéen.ne.s aux retraité.e.s, de Paris ou de banlieue. Du coup, les motivations aussi étaient très diverses : les gens pouvaient se référer à leur propre histoire ou mémoire familiale d’exil ; à des idéaux politiques de gauche ou bien des valeurs républicaines, humanistes ou religieuses : des catholiques, et des musulman.e.s, dont certain.e.s étaient là pour aider leurs “frères” et “sœurs”. Certain.e.s, persuadé.e.s de trouver des Syrien.ne.s, étaient même déçu.e.s lorsqu’ils s’apercevaient que les personnes ne parlaient pas l’arabe... Malgré cette diversité dont on a peu l’habitude, la coordination des actions s’est faite très facilement. Plus tard, on a été confronté à l’expression marginale de certaines formes de racisme... ce qui a un peu fissuré cette belle unité. Globalement, je dirais comme Houssam que j’ai constaté chez moi-même et chez d’autres une radicalisation au contact de cette situation véritablement intolérable, ce d’autant plus que les idéaux républicains étaient fortement ancrés. Du coup, on a vu des gens qui n’avaient jamais milité devenir très critiques envers l’État, les institutions, les politiques en général.

L’Émancipation  : D’où viennent les personnes exilées à Paris ? Quels sont leurs projets en arrivant en Europe/en France ?

A : Les personnes exilées que nous avons rencontrées sur les campements sont originaires surtout d’Afghanistan et du Soudan. Viennent ensuite la Somalie, l’Érythrée, et l’Éthiopie, puis le Sénégal, la Guinée, le Tchad, les pays du Maghreb...

H : Les campements de rue ont eu tendance à regrouper des populations exilées à la rue, car être présent sur ces campements était pour elles le seul espoir d’obtenir un hébergement. Les nationalités citées plus haut ayant ceci de caractéristique qu’il n’y a pas de diaspora bien installée à Paris ou en France qui permettent de les accueillir et de faire en sorte qu’ils ne restent pas à la rue ou beaucoup moins (au contraire des Chinois, Sri-Lankais, Maliens...).

A : Les personnes qui arrivent sont pour la plupart issues de classes moyennes ou bien de familles de paysans. Le voyage coûte très cher et beaucoup ont vendu un bien au pays – véhicule, terre, appartement – pour pouvoir se le payer. Ou bien ils travaillent sur le chemin. Quoi qu’il en soit, la fermeture des frontières rend le voyage de plus en plus coûteux et dangereux. Les personnes arrivent à Paris dans un grand dénuement après s’être fait dépouiller par les passeurs sur le chemin.

H : Il y a un sentiment que j’ai eu du mal à appréhender pour agir politiquement, avant d’avoir discuté avec beaucoup de personnes : c’est le fait qu’il y a un relâchement consécutif à l’arrivée en France. On croit “y être arrivé” en arrivant. Du fait des mort.e.s en mer, que je considère comme assassiné.e.s, (cette lutte a changé mon rapport à la mort cf. “un homme et une femme sont mort.e.s” (2))en Méditerranée on envoie des bateaux pour chercher des passeurs mais pas pour sauver des migrant.e.s ; du fait de l’extrême difficulté de franchir certaines frontières, et des violences subies sur la route, beaucoup de primo-arrivant.e.s, ne connaissant pas la France, ou l’imaginant comme une terre de droits et de libertés, postulent que la situation va s’arranger d’elle-même. La découverte que ce n’est pas le cas, la torture blanche que constituent les persécutions administratives, l’attente interminable, les pièges en préfecture, l’arbitraire judiciaire, et l’aléatoire devant l’OFPRA... produisent de la déprime, de l’alcoolisme, et ont conduit au moins sept personnes à se suicider, et plus encore à tenter de le faire.

A : Dans l’ensemble, les projets des personnes sont d’une grande banalité : apprendre le français, trouver un travail, avoir une maison, fonder une famille (ou faire venir la leur), que leurs enfants aient des perspectives... quelques uns ont des “rêves” spécifiquement liés à la France, comme Ibrahim, cet ado Tchadien qui rêvait de visiter “la Sorbonne”, citait Rabelais dans le texte et voulait étudier la philosophie ; Mahmoud, ce jeune père de famille érythréen ayant fait sa scolarité au lycée français d’Asmara, ou ce mineur afghan du lycée français de Kaboul.

Les Afghans en particulier souhaitent que leurs filles aillent à l’école, ce qui leur est interdit ou très difficile en Afghanistan. Certain.e.s sont indifférent.e.s au fait de vivre dans une “démocratie”, ils/elles veulent juste avoir la paix. D’autres y sont très attaché.e.s et malgré les difficultés, se démènent pour profiter de ce qui leur est offert ici, passant leurs journées dans les bibliothèques avant de retourner dormir dans un recoin sous une sortie de périph.

H : Certaines personnes disent qu’elles cherchent “une vie généreuse”, tout simplement. Ce que je comprends, c’est qu’elles veulent juste avoir la même vie que nous. Or c’est justement cela qui leur est dénié. (3).

L’Émancipation : Quelles sont les tranches d’âge représentées, qui sont les personnes qui arrivent (familles, hommes seuls, mineurs...) ?

A : Il y a beaucoup de personnes entre 20 et 40 ans, majoritairement des hommes. On a vu arriver de plus en plus de familles entières avec plusieurs générations. De nombreuses femmes sont venues – ou arrivées – seules avec un ou plusieurs enfants, et les femmes enceintes ne sont pas rares. Il arrive que des familles perdent un ou plusieurs de leurs membres en route. Enfin les mineurs isolés sont nombreux aussi. Ils ne relèvent pas du parcours de l’asile mais de la protection de l’enfance. Pourtant, beaucoup restent à la rue après avoir été refusés par le dispositif de l’aide sociale à l’enfance. Certains sont alors hébergés par des hébergeurs solidaires (4).

H : Le type de population dépend des nationalités. Par exemple les femmes afghanes qui ont fait seules le voyage, sont bien moins nombreuses que les femmes érythréennes ou éthiopiennes. La surreprésentation des hommes jeunes est liée à la difficulté du trajet et aux stratégies communautaires et familiales de migration.

A : La décision de s’exiler est très souvent, en tout cas dans le cas des Afghans, une décision de la famille élargie face à une menace imminente, et non pas une décision individuelle. Les “ordres” de la famille notamment sur les choix de route et de pays que doivent faire les mineurs et même des hommes majeurs sont souvent dictés depuis le pays d’origine.

L’Émancipation  : Qu’est-ce qui est normalement prévu par l’État pour accueillir les personnes exilées ?

H : Normalement, d’après la loi, les demandeurs d’asile doivent pouvoir s’enregistrer dans une PADA (Plateforme d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) sous 72h ou 10 jours en cas de forte affluence. Cet enregistrement et le retrait du dossier de demande d’asile donne accès aux “conditions matérielles de l’accueil” c’est-à-dire : gîte et couvert en CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile), accès aux soins, scolarisation pour les enfants, ADA (Allocation pour Demandeurs d’Asile).

A : Le dossier de DA doit être rendu à l’OFPRA sous 21 jours, le récit devant être rédigé en français. L’association FTDA (France Terre d’Asile) est censée mettre à disposition des traducteurs gratuits dans toutes les langues. Ensuite le DA attend sa date d’entretien qui se déroulera obligatoirement à l’OFPRA à Fontenay-sous-Bois (même si son CADA est à Pau), entretien à l’issue duquel l’officier de protection statuera sur son cas.

L’Émancipation : Et en pratique, comment cela se passe ?

H : En pratique, l’accueil c’est la police (dixit Ahmad, soudanais). Concrètement, les personnes qui arrivent de la Roya (frontière italienne) via la gare de Lyon, ou d’Allemagne par la gare de l’Est se retrouvent à la rue. Elles dorment dans des squares, devant France Terre (ou Trottoir comme on dit) d’Asile, ou sous le pont du métro aérien. Se regrouper est leur seule chance de se défendre, d’avoir accès à la solidarité du voisinage, de s’organiser et d’avoir un jour un hébergement, par le biais des “évacuations” (5) (ce que les autorités nomment des “opérations humanitaires de mise à l’abri”). À cela s’ajoutent les rafles (6) (qui se sont systématisées depuis l’ouverture du camp Hidalgo) éventuellement suivies de placements en CRA (Centre de Rétention Administrative), y compris de mineur..s. Leur objectif est d’entraver les demandes d’asile et d’intimider, de harceler et de dégoûter les gens. Devant les institutions, la politique est celle de la file d’attente (cf. les travaux d’Emmanuel Blanchard) qui poursuit la même finalité et qui en plus, donne l’impression d’une masse énorme d’arrivées.

A : Les CADA étant insuffisants par rapport au nombre de demandeurs d’asile, l’État a ouvert des CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation) et des CHU-M (Centre d’Hébergement d’Urgence dédiés au Migrants) ce qui signifie concrètement que de nouveaux dispositifs d’hébergement ont été créés, dérogatoires au droit commun (code de l’action sociale, droits de l’enfant...). Les cahiers des charges que doivent respecter les opérateurs qui gèrent ces lieux sont bien moins exigeants que ceux des CADA. Et ils ne sont même pas respectés. La maltraitance institutionnelle est fréquente : pas de nourriture, ou nourriture avariée, pas toujours d’eau chaude pour se laver, non respect de la vie privée et de l’intimité, insalubrité et vétusté des locaux, traitements arbitraires, racisme. La santé des personnes hébergées se dégrade (malnutrition, maladies de peau), les dépressions et tentatives de suicide ne sont pas rares.

H : Les CAO, CHU-M, CAO MIE (pour les mineur.e.s) sont des “nouveautés”pensées pour recevoir les personnes à la suite du démantèlement de la jungle de Calais (7). Il faut rappeler que trois CRA dont celui de Plaisir ont été réouvert pour y placer un maximum de personnes interpellées aux abords de la jungle avant le démantèlement, et ainsi “soulager” le dispositif.

Les migrant.e.s utilisent fréquemment le terme de “prison” pour parler de ces lieux d’hébergement qui sont aussi des lieux de relégation, d’invisibilisation, de contrôle et parfois de rafle (par exemple le foyer Marc Seguin dans le 18ème, le 15 décembre 2015, ou le foyer Diderot dans le 12ème, le 24 mai 2016) . Il y a beaucoup de luttes menées par les migrant.e.s dans ces foyers, partout en France : Rennes, Boulogne (8), Paris (Place de Clichy, centre du Loiret dans le 13ème) et des procédures de justice sont en cours contre des associations gestionnaires de l’hébergement d’urgence (Secours Islamique Français pour Massy, Emmaüs pour Jean-Quarré, Aurore pour Boulogne...). Aucune association ne peut se prévaloir d’une gestion respectueuse des personnes et de leurs droits.

A : Au titre de l’accueil, il faut également rappeler la mise en œuvre d’un plan d’ensemble à l’échelle européenne pour repousser le maximum de DA vers les confins de l’Union Européenne. Ce plan d’ensemble a pour pierre angulaire le règlement de Dublin, qui oblige toute personne cherchant refuge en Europe à déposer sa demande d’asile dans le premier pays par lequel elle arrive. Cela implique concrètement que l’Italie et la Grèce sont censées traiter la grande majorité de ces demandes. La France renvoie de plus en plus de personnes n’ayant même pas pu déposer leur demande, vers les pays européens dans lesquels elles ont déposé leurs empreintes, le plus souvent sous la contrainte physique (électrocutions, coups...). Ces pays tiers à leur tour renvoient les personnes vers les pays qu’ils ont fuis et dans lesquels ils risquent leur vie – ou a minima la prison – de manière certaine. Ainsi, dans la plus grande indifférence, le droit d’asile est en train de disparaître en France : il est rarissime que les personnes exilées arrivent en Europe par la France.

H : À ces politiques s’ajoutent des accords européens et bilatéraux entre l’UE et l’Afghanistan ou le Soudan, ainsi que le Mali ou le Maroc. Ces accords visent à forcer les pays à accepter de reprendre leurs ressortissant.e.s expulsé.e.s, voire des personnes d’autres nationalités, contre subsides qualifiées pudiquement d’“aides au développement”. Enfin la “nouveauté” de la période est que la France expulse maintenant directement vers l’Afghanistan, le Soudan, la Somalie. Dans certains cas, pour faciliter la montée dans l’avion de ces personnes, elles sont droguées (nous avons trois cas avérés)... Nous essayons autant que possible de rester en contact avec les personnes expulsées (9).

L’Émancipation : Comment se fait l’apprentissage du français ?

A : Rien n’est prévu par l’État avant que les personnes n’obtiennent le statut de réfugié ou la protection subsidiaire. De nombreux dispositifs issus du mouvement de solidarité se sont mis en place de manière plus ou moins institutionnalisée : de l’école diplômante THOT aux cours en plein air à Stalingrad en passant par les cours quotidiens de français à la Bibliothèque Couronnes et à RESOME (réseau d’établissements d’enseignement supérieur qui inscrivent des personnes exilées, parfois sans considération de statut, à l’université).

L’Émancipation  : Qu’est-ce qui est fait au niveau des traductions ?

H : Globalement il n’y en a pas, ou peu, ou bien elle est mauvaise. Elle est régulièrement sous-traitée à des entreprises privées. Cela fait partie de la politique de répression. Dans les commissariats après les rafles, les policiers ont fait signer des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en les faisant passer pour des propositions d’hébergement.

FTDA ne fait pas son travail dans ce domaine comme dans d’autres. Nous constatons que beaucoup de dossiers à l’OFPRA sont mis en danger par l’absence de traducteurs ou une mauvaise traduction. Administrativement le seul document traduit est... le refus de l’OFPRA. En préfecture il manque souvent de personnes parlant les langues pour expliquer, orienter et éviter les pièges.

L’effet est que la parole des migrant.e.s n’est jamais entendue, ou qu’on parle régulièrement à leur place y compris dans des espaces où on est solidaire d’eux.

Au niveau du collectif (La Chapelle Debout), pour y répondre nous nous imposons d’intervenir toujours avec des exilé.e.s et nous traduisons tous nos tracts au moins en quatre langues (anglais, arabe, dari, français mais aussi parfois somali, tigrinya, pashto, chinois).

On a régulièrement fait des AG ou des réunions multilingues afin de créer des conditions ouvrant sur une auto-organisation et de donner la possibilité aux premier.e.s concerné.e.s de décider de choses.Enfin il faut aussi faire un constat, la plupart des migrant.e.s parlent trois langues, et il n’est pas rare de croiser des Afghans qui parlent cinq ou six langues.

A : D’une manière générale, c’est frappant de constater que les administrations se préoccupent vraiment très peu de se faire comprendre par des étranger.e.s, alors même que de cette compréhension dépendent des choses essentielles pour eux/elles. D’ailleurs, nombre de procédures contraignantes prises par le préfet (assignations à résidence, transfert...) sont annulées par les juges parfois simplement parce qu’il n’y a pas eu de traducteurs. Par ailleurs, les administrations confondent parfois des langues ou ignorent la différence entre arabe soudanais et maghrébin, ou encore entre dari et farsi (deux variantes de la langue perse). Certaines langues ne sont même pas traduites lors des entretiens OFPRA comme le turkmène par exemple. Ces problèmes de traduction sont un facteur important, parmi d’autres, qui compromet l’accès aux droits des étrangers.

Le manque de traducteurs à FTDA a généré un marché noir des traductions de récit pour l’OFPRA : le prix d’un récit en français tournerait autour de 50€ à la Chapelle.

À suivre en septembre Saisons 2 et 3

(1) https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/190915/chronique-dune-evacuation-par-houssam-el-assimi

(2) https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/121016/un-homme-et-une-femme-sont-mortes-par-la-chapelle-debout

(3) https://www.youtube.com/watch?v=hnX97msRnTU

(4) Cf. la campagne “J’héberge un mineur isolé” : https://www.youtube.com/watch?v=NgDfjh4Cpc8

(5) http://www.vacarme.org/article2865.html

(6) Voir les vidéos sur les exilé.e.s face aux violences policières ou notre série sur les rafles sur le compte vimeo de la chapelle Debout ! https://vimeo.com/chapelledebout

(7) http://www.revolutionpermanente.fr/Temoignage-Houssam-du-Collectif-la-Chapelle-Debout-ce-qui-s-est-reellement-passe-a-Calais

(8) https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/020517/nous-les-refugies-toutes-celles-et-ceux-qui-sont-soucieux-d-antiracisme

(9) https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/140317/la-bataille-de-farhad-roissy-par-houssam-el-assimi


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