Notre librairie (juin 2017)

dimanche 2 juillet 2017

Le massacre policier oublié de nationalistes algériens à Paris en juillet 1953

14 juillet 1953 : lors de la manifestation où défilent des milliers de militantEs du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), aux côtés de la gauche communiste et syndicale, les policiers tirent sur les manifestantEs algérienNEs faisant parmi eux six morts et des dizaines de blessés. Le cinéaste-documentariste Daniel Kupferstein a conduit une longue enquête de quatre ans qui lui a permis de réaliser en 2014 un film, que ce livre prolonge et complète. Il s’appuie sur des archives inédites, sur la presse de l’époque et sur les témoignages des acteurs/actrices de cet épisode sanglant, de leurs proches, aussi bien du côté des victimes que des forces de répression. Un ouvrage qui permet de découvrir ce drame complétement effacé des mémoires pendant un demi-siècle, en France comme en Algérie, un drame qui allait joué un rôle dans le déclenchement par le FLN de la “guerre de libération” en novembre 1954.

Les balles du 14 juillet 1953 , Daniel Kupferstein, éditions La Découverte, Mai 2017, 256 p., 18 €.

Anatomie d’une guerre civile

Réalisé par trois universitaires qui ont pris le parti de combiner recherche de terrain et réflexion théorique, cet ouvrage est la première étude sur la guerre civile syrienne faite à partir d’entretiens réalisés en Syrie même et dans les pays voisins. 2011, des centaines de milliers de SyrienNEs de toutes confessions et origines ethniques manifestent pacifiquement pour réclamer la démocratisation du régime. Au bout de quelques mois, la violence de la répression les contraint à prendre les armes et à organiser une contre-société avec des institutions embryonnaires et à regrouper des unités militaires improvisées au sein de l’Armée syrienne libre. Après 2013, cette logique inclusive et unanimiste cède progressivement devant la montée des groupes transnationaux comme le PKK et l’État islamique. Le livre aborde notamment les effets de la guerre sur la société syrienne les nouvelles hiérarchies communautaires et sociales résultant de la violence généralisée, la structuration de l’économie de guerre alors que le pays est divisé entre le régime, l’insurrection, le PKK et l’État islamique.

Syrie. Anatomie d’une guerre civile, Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, éditions du CNRS, mai 2016, 416 p., 25 €.

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Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885)

Ce livre qui se lit comme un récit revient sur l’histoire d’un groupe d’anarchistes de la fin du XIXe siècle qui ont réalisé pendant trois ans dans la région de Monceau-les Mines, des dynamitages d’édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat. À partir de nombreux documents d’archives, l’ouvrage d’Yves Meunier, revient sur l’histoire mouvementée de ces jeunes mineurs qu’on connaît sous le nom de la Bande noire. En rébellion contre la toute-puissance de l’Église, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors où l’impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices.

La bande noire , Yves Meunier, éditions L’échappée, avril 2017, 192 p., 17 €.

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Délit de solidarité

Jean-Louis Dubois-Chabert, journaliste de la presse quotidienne régionale, a parrainé une famille qui demandait l’asile au sein du Réseau éducation sans frontières de Carcassonne. Ce livre-récit dont l’action se déroule sur un an, évoque le quotidien parfois ingrat, parfois drôle, souvent difficile, de l’aide aux demandeurs/demandeuses d’asile. Aux questions sur l’accueil, l’enfance et les frontières, il mêle des portraits de femmes et d’hommes qui, à contre-courant d’une époque hostile à l’étranger, refusent les murs et veulent tendre des ponts.

Délit de solidarité , Jean-Louis Dubois-Chabert, éditions Libertaires, mai 2017 175 p., 14 €.