Brèves féministes (juin 2017)

mercredi 5 juillet 2017
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

“Des diplômes, des connaissances, pourquoi des refus ?”

Le 23 mai dernier, dans les Landes une dizaine de lycéennes de 17-18 ans, toutes élèves en section de peinture en bâtiment dans le lycée professionnel de Morcenx, ont investi la place de leur ville avec des slogans pour dénoncer le sexisme dont elles sont victimes. Sur leurs pancartes, on pouvait lire également : “Pas besoin de nos talons pour être à la hauteur” ou bien “Les femmes aussi capables que les hommes”. Le point de départ de leur action a été les nombreux refus qu’elles ont essuyés de la part des professionnels du bâtiment quand il s’est agit de trouver des stages. C’est ainsi qu’une d’entre elles qui témoigne dans le journal Sud Ouest du 24 mai cite les propos qu’on lui a tenus pour justifier un refus de stage :“Tu es trop jolie pour être dans le bâtiment. Tu vas chambouler mes gars”. Les représentations sexistes en milieu professionnel ont la vie dure…

Il faut dire que “le chantier” commence dès la maternelle, en boycottant les publications qui véhiculent tous ces stéréotypes sur les métiers. Par exemple, aux éditions Fleurus 2011, l’alphabet des filles et l’alphabet des garçons qui invitaient à “rêver avec eux/elles au métier que tu feras quand tu seras grandE” ; un exemple parmi d’autres à la lettre “F” : footballeur ou fée. Devinez à quel genre se rattache la proposition…

L’égalité homme-femme demeure une lutte quotidienne, il est réconfortant de voir que des lycéennes en sont bien conscientes ; leur colère et l’action qui en découle témoignent de leur volonté de ne pas se résigner.

Joëlle

Casser la binarité linguistique : l’exemple de la Suède

L’Académie suédoise a officialisé, il y a quatre années, la création du pronom neutre “hem” complétant les pronoms existants (“han” pour il et “hon” pour elle), afin de désigner une personne sans l’assigner à un genre. Cette reconnaissance récente est l’aboutissement d’un long usage, inspiré du pronom neutre finlandais “hän” beaucoup plus ancien, et né dans les milieux féministes suédois dans les années 60 pour contrecarrer la masculinisation de la langue. Ce pronom neutre est utilisé aujourd’hui dans les écoles suédoises dans l’optique de mettre en œuvre des pédagogies antisexistes : ne pas céder à l’emploi du masculin comme universel pour ne pas invisibiliser le féminin, ne pas caractériser tel ou tel métier au masculin ou au féminin pour sortir des stéréotypes professionnels, ne pas assigner les enfants au genre induit par leur sexe biologique afin de sortir des stéréotypes binaires et permettre de reconnaître les élèves trans et intersexes. Si d’autres langues utilisent également des pronoms neutres, le français reste une langue particulièrement binaire et masculinisée : pas de pronom neutre, universel masculin, règles d’accord au masculin.

Extrait du bulletin de Solidaires

D genreÉs D sexualités n°5 - Printemps 2017