Appel contre la délation

jeudi 31 août 2006
par QD, Administrateur

(article publié dans la revue "L’Emancipation syndicale et pédagogique", numéro 1 de septembre 2006)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

APPEL CONTRE LA DELATION

Refuser la société de répression et de délation de Sarkozy :
une urgence syndicale et pédagogique

Dès la session extraordinaire de septembre du parlement, va être examinée la loi dite "de prévention de la délinquance", véritable clé de voûte du système liberticide et de ségrégation social construit par le gouvernement, en cohérence avec les lois Perben I et II, "Sécurité" quotidienne puis intérieure, CESEDA… et avec la remise en cause de l’ordonnance de 1945.

Il y a urgence à se mobiliser face à ce pouvoir qui veut, une fois de plus, passer en force, pour faire échec à cette loi
- qui parachèverait la société sécuritaire répressive et de contrôle social, sans tirer les conséquences de la mobilisation des jeunes des banlieues, la lutte contre le CPE (modification de 16 codes législatifs dont pénal, éducation, travail…)
- qui remettrait profondément en cause la nature des missions, des obligations, des responsabilités et des pratiques des enseignants comme des autres personnels de l’Éducation Nationale et des travailleurs sociaux…
- qui mettrait à bas les dispositifs permettant aux jeunes de se construire individuellement et collectivement, déjà fragilisés au point d’exclure de nombreux jeunes.

Ces lois transforment, les enseignants en informateurs pas toujours conscients, l’école en système de fichage et de surveillance sociale.

Quand un professeur écrit "Agité" dans un rapport, quand un élève est absent, reçoit une note de vie scolaire ou fait l’objet d’un signalement, quand un directeur renseigne la "base élève" centralisant les informations élèves dans le premier degré, les informations aboutiront au Maire. La transmission sera automatique, les informations saisies par les secrétaires d’établissement ou par les EVS dans le premier degré remonteront systématiquement. Le maire devient pilier essentiel du contrôle social : convocation du jeune en mairie, quand il n’y est pas emmené par la police ; pour les familles suppression des prestation sociales et allocations, stage de responsabilité parental.

Ces pouvoirs exorbitants dans le traitement individuel des situations seront d’autant plus dangereux qu’ils s’exercent sur tous les secteurs concernant la jeunesse (et ce dès le plus jeune âge) et la famille. Le dispositif impliquera tous les personnels contraints de mettre en commun leurs informations, y compris confidentielles ("secret partagé").

Ces mesures exclusivement répressives, pouvant aller jusqu’à l’enfermement des jeunes, et instituant comme sanctions pénales… l’exécution de travaux scolaires, sont présentées comme une solution aux difficultés des élèves et des enseignants. Ces réponses sécuritaires plutôt qu’éducatives et pédagogiques pour des jeunes en construction ne feront qu’aggraver les tensions en détruisant l’indispensable relation de confiance entre les élèves et les adultes des équipes.

Faire échec au vote de la loi et résister
D’ores et déjà les travailleurs médico-sociaux lancent le mot d’ordre de résistance en appelant à boycotter tous les fichiers et à ne transmettre aucun renseignement susceptible de stigmatiser et pénaliser les familles. Des maires ont déjà fait savoir qu’ils refusaient ce dispositif. L’ensemble des maires et des parlementaires sont sollicités pour prendre position. Les personnels enseignants directement concernés par ces nouveaux dispositifs qui transforment les conditions d’exercice de leur métier doivent :

- se mobiliser immédiatement pour le retrait de la loi ;

- entrer en résistance : en étant particulièrement circonspect sur les rapports concernant les élèves, en refusant les demandes de l’administration et des maires (boycott de la "base élève" et autre fichages, signalements…) ;

- construire des solidarités entre tous le personnels qui refuseront de mettre en place ces projets liberticides ;

- se rejoindre aux actions impulsées par le collectif national unitaire contre la délation.

Emancipation Tendance Intersyndicale

16 juillet 2006

Site national :

http://www.abri.org/antidelation/_C...


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