Le Macron des patrons insulte, menace, réprime, public/privé nous le battrons

lundi 9 octobre 2017

Le pouvoir, non content de programmer une régression majeure pour le salariat, fustige toute contestation en assimilant les mobilisations à des rassemblements de “fainéants”, de “cyniques”, voire d’“extrêmes” ?

C’est plutôt ce gouvernement qui donne l’image :

  • du cynisme en vouant faire cautionner sa politique de casse des acquis sociaux par des dizaines de réunions de “concertations” pendant l’été à propos de son projet de loi dirigé contre le code du Travail ;
  • de l’extrémisme en voulant imposer son ultralibéralisme au service du capitalisme, ses ordonnances de casse XXL du code du travail, qui donnent tous pouvoirs aux patrons pour décider les horaires, les salaires, attaquer le CDI, rendre les licenciements plus faciles et moins coûteux, en finir avec les instances représentatives (particulièrement les CHSCT dont le patronat ne cesse d’exiger la peau) et à terme avec les prud’hommes, contourner les syndicats, au niveau de l’entreprise comme national ;
  • de la fainéantise en se montrant incapable de répondre aux besoins des Antilles dévastées, comme de tous les quartiers populaires… Ce n’est pas celles et ceux qui se battent contre cette politique de casse des acquis sociaux en plus de leurs conditions de travail et de vie de plus en plus lourdes et intolérables.

L’enjeu majeur dans les prochains jours pour le monde du travail et le mouvement syndical, est d’imposer le retrait des ordonnances, pour bloquer le reste de la politique ultralibérale du pouvoir :
- empêcher leur application comme décrets (après l’adoption en conseil des ministres et la signature par le Président le 22 septembre,) et leur transposition dans la loi (en octobre), ainsi qu’à la Fonction publique (rapide, surtout pour les CHSCT ) ;
- infliger une défaite à Macron qui tente de prendre de vitesse les mobilisations pour imposer les exigences des patrons et de la finance plus vite que la dégringolade de sa cote de popularité. Le battre là-dessus, c’est rendre plus difficile le reste de l’application de ses orientations ultralibérales : la baisse des APL, comme celle de l’impôt sur la fortune, la traque des chômeurEs, la baisse de leurs indemnités, l’attaque de la sécu et des retraites, la sélection à l’université, l’état d’urgence et la répression contre les jeunes, les opposantEs au pouvoir, syndicalistes ou non… Et d’ailleurs les syndicats en tant que tels sont en ligne de mire… Tout le monde est concerné, la jeunesse, les retraitéEs, les travailleurs/ses du privé comme du public.

Public/privé, l’incontournable unité

Les travailleurs/ses de la Fonction publique sont donc concernéEs par la lutte contre les ordonnances.

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Et les travailleurs/ses du privé sont concernéEs par la défense des services publics, qui permettent à touTEs l’accès aux droits sociaux fondamentaux.

En conséquence, la riposte contre l’épreuve de force vis-à-vis des fonctionnaires et des services publics n’est pas séparable de la mobilisation pour le retrait des ordonnances sur le Code du Travail. Seule l’unité d’action public/privé permettra de faire reculer le pouvoir sur ses attaques annoncées ou projetées contre la Fonction publique : le blocage du point d’indice, la dé-corréllation des indices entre les trois Fonctions publiques, le jour de carence et l’augmentation de la CSG en lieu et place des cotisations sociales (actuellement assises sur le travail et gérées indépendamment de l’État toujours prompt à piller les fonds sociaux). Ce remplacement des cotisations par l’impôt pénaliserait les fonctionnaires et encore plus les retraitéEs, qui ne vont par ailleurs, pour la plupart, pas bénéficier de la suppression des impôts locaux.

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Quant aux 120 000 suppressions de postes, sans compter celle des emplois aidés, elles vont impacter l’ensemble des services publics, déjà au bord de l’implosion : la santé ou l’éducation soumise en plus de l’austérité à l’élitisme foncier de Blanquer, à la fin des emplois aidés, à la suppression du dispositif “plus de maîtres que de classes”, à une réforme du Bac et à une sélection à l’université qui s’orientent vers “le tri” des bac pro et technologiques et des bacs généraux sans mention…

Défendre les personnels en contrats aidés et lutter contre la précarité

Le sort des personnels en contrats aidés donne la mesure de l’attaque du gouvernement Macron contre le monde du travail. Près de 160 ?000 de ces contrats seraient supprimés en cette rentrée, et encore davantage l’année prochaine.

L’Éducation nationale, plus gros employeur de précaires, est sérieusement touchée. Une majorité d’écoles ou établissements sont concernés par ces départs forcés, qui ne peuvent que désorganiser leur fonctionnement.

La suppression de ces contrats met en lumière les besoins immenses des écoles et établissements en postes statutaires. Loin de vouloir réduire la précarité (d’autant qu’aucune solution n’est proposée aux personnels concernés), le gouvernement prépare une aggravation des conditions de travail des agents en poste et un recours plus grand au travail gratuit ou semi-gratuit (services civiques, associations...). Les multiples annonces ou projets, dans le cadre notamment des “assises de la Fonction publique” en sont une nette confirmation.

Il nous faut donc revendiquer :
- le réemploi des personnels concernés ;
- la titularisation immédiate de tous les personnels précaires, sans conditions de concours ni de nationalité ;
- la création des postes statutaires nécessaires.

Dans l’éducation, défendre le droit à la poursuite d’études après le Bac

Quand on veut noyer son chat on dit qu’il est malade : les ministères de l’Éducation et du supérieur exploitent les mécontentements liés aux inégalités et aux laisséEs pour compte du dispositif “affectation post bac” pour essayer d’imposer des mesures qui dépassent largement la question d’APB.

Ils ne prévoient surtout pas d’apporter les réponses que toutes les études sérieuses (y compris de comparaison avec d’autres pays) préconisent et que nous pourrions défendre dans l’immédiat pour résoudre les problèmes d’affectations en licence et limiter les abandons en L1, plus importants pour des titulaires des bacs pro et techno : dans le supérieur augmenter les places et possibilités de choix en L1 et améliorer les conditions d’études et de vie des étudiantEs, dans le secondaire améliorer les conditions de travail (effectif, TD…), permettre les redoublements dans de bonnes conditions, restaurer et étendre le service scolaire d’information sur l’orientation.

Ce qu’ils annoncent et imposent dans ces “concertations”, c’est l’aggravation de la sélection en L1, l’exigence de “pré-requis”, et donc une forme d’examen ou de dossier d’entrée, qui retirerait au bac son statut de premier grade universitaire, des licences en quatre ou cinq ans, le retour à des propédeutiques sélectives. Et c’est aussi dans le secondaire un ministre qui, faisant passer son élitisme foncier avant la défense d’un bac garantissant une forme de démocratisation de l’accès au supérieur, annonce la réforme du Bac – et donc de l’organisation et des programmes du lycée – qui renforcerait le caractère déterminant de l’orientation à l’issue du collège selon le dispositif bac-3 bac+3, avec un bac en quatre épreuves en contrôle final et le reste en contrôle continu, la transformation des bac pro, voire techno en diplôme d’accès à… l’entreprise, en lien avec la régionalisation de l’enseignement professionnel et le développement de l’apprentissage.

Il s’agit en outre de mettre en cause le caractère national de ce diplôme, pour aboutir à une multiplicité de bacs locaux facilitant encore davantage le tri à l’entrée de l’université. Cette mesure serait en cohérence avec les ordonnances attaquant le Code du travail et les conventions collectives.

L’attaque du pouvoir est frontale, les organisations syndicales concernées doivent y répondre d’une seule voix claire :
- en défendant, en lien avec les organisations lycéennes et de parents, un bac qui donne accès à toutes les filières du supérieur avec des épreuves nationales, terminales et anonymes ;
- en se gardant bien de fragiliser ces revendications fortes et cohérentes dans des discussions sur le nombre d’épreuves, des champs disciplinaires et autres modules de remédiation. Les syndicats devraient quitter les groupes de travail mis en place par le ministère pour dénoncer cette opération, et prendre contact avec les organisations de jeunesse pour organiser la mobilisation et obtenir l’abandon du projet.

Unifier les revendications pour étendre et prolonger la mobilisation

Contre la mondialisation capitaliste et son serviteur Macron qui généralisent la concurrence de touTEs contre touTEs et organisent le dumping social, contre cette offensive globale qui vise toutes les catégories de la population, il s’agit d’ouvrir la perspective d’une alternative anticapitaliste, avec notamment la socialisation sous contrôle démocratique des entreprises, l’expropriation des banques et institutions financières.

Contre la destruction du Code du travail, retrait des ordonnances et abrogation de la loi El Khomri, un véritable CDI pour touTEs, interdiction des temps partiels imposés, de l’intérim, de la sous-traitance, des licenciements.

Contre le remplacement du financement de la sécu par les cotisations salariales et patronales par un financement par l’impôt via la CSG, il faut obtenir le maintien et l’amélioration de la protection sociale gérée par les travailleurs et travailleuses : sécurité sociale à 100 %, arrêt et restitution des exonérations patronales, retraite à 60 ans à taux plein avec 37,5 annuités, sans décote.

Contre le blocage des salaires, une augmentation uniforme pour touTEs de 400 € en points d’indice, pas de salaires inférieurs à 1700 € net. Contre les suppressions de postes massives dans la Fonction publique, création de tous les postes nécessaires pour des services publics vraiment égalitaires et la titularisation immédiate de touTEs les non titulaires, sans conditions de concours ni de nationalité.

Contre la sélection à l’entrée de l’université, pour le libre choix des jeunes de poursuivre des études,

Contre la participation des directions syndicales aux concertations et états généraux des services publics qui reviennent à cautionner la mise en œuvre des réformes du pouvoir

Il importe de renforcer et faire converger les luttes dans tous les secteurs, en soutenant les actions d’ores et déjà annoncées (le 25, début de la grève reconductible à l’appel des Fédérations de transport CGT et FO ; le 26, journée nationale pour la défense des hôpitaux psychiatriques ; le 28, manifestations des retraitéEs puis le 13 octobre de la métallurgie...) et en les inscrivant dans un dispositif de lutte globale public-privé.

La conduite démocratique des luttes suppose de rendre les personnels acteurs/trices de la mobilisation, avec la tenue d’Assemblées générales dans les entreprises et les services pour décider les suites, pour organiser la reconduction de la grève, la convergence des luttes et la généralisation des dynamiques de front social.

Émancipation tendance intersyndicale, le 22 septembre 2017


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)