Ils veulent juger Houssam, nous ferons le procès des rafles !

mercredi 18 octobre 2017

Le 30 septembre 2016 avait lieu la 17ème rafle d’exilé.es à Paris depuis le 28 juillet. Parmi d’autres était présent Houssam El Assimi membre du collectif la Chapelle Debout. Il fut jeté à terre et strangulé. Il est passé en jugement le jeudi 21 septembre au TGI de Paris pour rebellion et violence sur agent dépositaire de l’autorité publique

Hier on a raflé

[...] 30 septembre 2016. Rafle n°19, 6h47. Avenue de Flandre. Entre la bouche de métro et l’arrêt de bus. On rassemble les affaires. Il faut fuir avant qu’ils débarquent. 7h19 - Les camions arrivent. Tout le monde n’a pas eu le temps de partir. Certain.es espèrent être hébergé.es ailleurs qu’en commissariats, d’autres abritent leurs affaires dans une cour d’immeuble, tout n’est pas transportable et il y a aussi la fatigue. Deux rafles ont déjà été empêchées et ça se sait. Parce que la rue est à tout le monde, des résistant.es refusent de partir et s’alignent le long de la chaussée. Les CRS piétinent quelques tentes et donnent des coups de pieds. “Restons groupés”, “en quelle langue faut-il parler ?”. Houssam rappelle en criant une dernière fois en arabe ce minimum à faire valoir face à la police : “Médecin-Traducteur-Avocat !!!”.
Les matraques commencent à faire leur travail. Tout ce qui n’est pas bleu sera frappé. Houssam se fait jeter à terre et stranguler. Amina, tchadienne, enceinte, s’interpose. Bilan : 11 personnes emmenées au commissariat rue Aubrac pour OQTF, prise d’empreintes, et pour certain.es, l’attente d’un départ en CRA.
Houssam sera embarqué au commissariat Érik Satie pour une garde-à-vue de 27h, qui s’ensuivra de poursuites pour “violence contre agent dépositaire de l’autorité publique” et “outrage et rébellion”. Le médecin constatera l’incapacité temporaire de travail suite à l’interpellation. Parce qu’il est arabophone, il avait plus de chances d’être arrêté, parce qu’il est arabe, ce n’était pas la première fois, parce qu’il est francophone, il a eu le droit aux discours racistes du commissariat.

Aujourd’hui, on poursuit et on bâillonne

Ce procès est l’occasion de dire “rafle”, car se taire c’est la banaliser. Visibiliser c’est dire, afin de faire violence à des discours publics qui se targuent encore d’“humanité” et pour faire irruption dans un espace politique qui s’emploie à la ségrégation quotidienne. [...]
Nous déclarons avoir été et continuer à être aux côtés des personnes dont l’État et la “solidarité” para-institutionnelle font au quotidien “des délinquants”. Cela ne nous confère aucun statut, aucun titre et nos privilèges n’en sont pas lésés. L’illégalité ne doit donner aucune légitimité à parler pour ou faire à la place de.
Nous sommes avec les raflables et les déportables, celles et ceux qui sont trié.es et se jeté.es, dont on dit “ça”, c’est illégal. Ce “ça” que l’État français assigne à résidence pour l’emprisonner pour le dégager plus confortablement ; ce “ça” dont personne ne fait des prisonniers politiques faute de symbolique contestataire. Ce “ça”, ces migrant.es, sont un marché public au même titre que les détenu.es ou les sans-abri, on s’y exerce au management du superflu comme aux discours humanistes bon teint.
C’est pour cela que nous étions présent.es, les un.es et les autres, à titre individuel ou collectif, avec ou sans papiers, français.es ou pas, ce 30 septembre 2016 lors de l’une des 30 rafles parisiennes qui ont eu lieu entre le 31 juillet et le 12 décembre 2016, que nous le sommes dans la rue ou les foyers, les centres de rétention ou les PRADHA, à la frontière ou dans les aéroports.

Collectif La Chapelle debout


À l’issue du procès la procureure a demandé la relaxe, pour insuffisance de preuves. Le jugement a été mis en délibéré au 19 octobre, et nous devons continuer à soutenir Houssam El Assimi, être à ses côtés le 19 octobre au TGI de Paris, Boulevard du Palais, métro Cité.


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