Libérez Salah Hamouri !

jeudi 19 octobre 2017

Et le cauchemar colonial de l’arbitraire israélien ressurgit. Déjà emprisonné sans motif de 2005 à 2011, le militant franco-palestinien Salah Hamouri a été brutalement réveillé en plein milieu de la nuit dernière à son domicile de Jérusalem-Est par l’armée d’occupation. Nous publions ci-dessous le communiqué de son comité de soutien.

Ce lundi est un jour sombre. Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, a été condamné à six mois de prison renouvelables, sous le statut de la “détention administrative”. C’est-à-dire sans connaître précisément et exactement ce qui lui est reproché, sans avoir accès à son dossier classé secret, sans avoir droit à un procès équitable et contradictoire. Et tout ceci pour satisfaire à un ordre, signé de sa main, d’un ministre israélien de la défense particulièrement extrémiste : Avigdor Lieberman.
Depuis le 23 août, Salah Hamouri est la victime d’un arbitraire total. Depuis le 23 août il est en prison, pour rien. Depuis le 23 août il ne peut communiquer avec sa famille. C’est un calvaire pur et simple à mettre, une fois de plus, au débit des autorités israéliennes qui violent en permanence le droit sans recevoir en retour la réaction concrète qui s’impose.
Cette décision survient de surcroît à un moment précis : hier notre compatriote Loup Bureau revenait enfin en France suite à son emprisonnement pendant 51 jours par les autorités turques qui l’accusaient, elles aussi sans la moindre preuve, de faire partie d’une “organisation terroriste”. Nous nous réjouissons de cette libération ! Si Loup Bureau a pu sortir de prison c’est suite aux interventions répétées des autorités françaises au plus haut niveau ainsi que de la médiatisation de son cas par ses confrères journalistes.
Cela ne fait que souligner avec d’autant plus de force le fait que la décision israélienne a été possible parce que ni les autorités françaises, ni la presse n’ont bougé nettement pour la libération de Salah Hamouri. Pourtant la liberté est indivisible ou bien elle n’est pas. Ce double standard concernant une situation identique sur le fond ne peut que heurter tous les démocrates et faire monter l’exigence d’une intervention du Président Macron à l’endroit d’Israël qui ne peut être traité autrement que tout autre État. Ce qui a été possible en Turquie doit l’être pour Israël, personne ne comprendrait que le silence français – aussi bien de l’Élysée que du Quai d’Orsay – continue au point d’en devenir assourdissant.
Nous demandons donc solennellement aux autorités françaises compétentes de refuser le “deux poids, deux mesures” et d’intervenir en urgence auprès de leurs homologues israéliens. Nous demandons que le Président reçoive la femme de Salah Hamouri. Nous demandons, enfin, que les médias estiment que l’internement arbitraire d’un journaliste n’est pas plus grave ou important que l’internement d’un avocat. La liberté ne peut connaître aucune distinction ni de frontières.
Nous affirmons, enfin, forts du soutien d’une multitude de personnes venues de tous les horizons, que plus que jamais nous entendons faire prévaloir la justice et le droit ; que plus que jamais nous sommes aux côtés de Salah Hamouri et de sa famille si durement éprouvés ; que plus que jamais nous entendons faire aboutir cette exigence dont la justesse est indiscutable : Liberté pour Salah Hamouri !

Paris, le 18 septembre 2017.

Communiqué d’Elsa Lefort, porte parole du Comité de soutien à Salah Hamouri

L’emprisonnement sans jugement de Salah Hamouri n’est pas qu’une affaire israélo-palestinienne. Salah a la nationalité française. Déjà pendant son emprisonnement entre 2005 et 2011, les autorités françaises qui exigeaient la libération du soldat israélien Gilat Shalit, étaient restées silencieuses sur Salah. Cette fois, c’est pire : refus de Macron de recevoir Elsa Lefort ou le comité de soutien à Salah. Silence total des autorités françaises pourtant présentes dans les territoires occupés et qui informent régulièrement leurs supérieurs sur toutes les exactions (arrestations d’enfants, destruction de maisons, violences des colons) commises par l’occupant.
Les médias français aussi se comportent de façon honteuse. Seuls L’Humanité et Politis ont parlé de Salah. Déjà au moment des 41 jours de grève de la faim des prisonniers palestiniens, France Info avait parlé pour la première fois de cette grève le jour où elle s’arrêtait.
Soutenir la Palestine, lutter pour la libération de Salah, c’est se battre contre le silence des médias. C’est pilonner les autorités françaises pour qu’elles exigent d’Israël la libération de Salah.

Pierre Stambul


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