Brèves féministes (octobre 2017)

mardi 31 octobre 2017
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Fin des mariages post-viol

Le 16 août dernier, le parlement libanais, a abrogé l’article 522 de son code pénal, article qui permettait au violeur d’épouser sa victime pour échapper à une condamnation. Jusqu’alors, la loi apportait une protection juridique au violeur en cela qu’elle stipulait que siun mariage valide était contracté entre l’auteur d’un des crimes (viols, agressions, rapts, mariage forcé) et la victime, les poursuites cessaient et si un verdict avait été prononcé, son application était suspendue.

On a encore en mémoire cette jeune femme marocaine Amina El Filali qui en 2012, s’est suicidée avec de la mort-aux-rats après avoir été contrainte de se marier à 16 ans avec l’homme qui l’avait violée. Un très grand mouvement s’était alors manifesté pour abolir la loi au Maroc, il aura fallu attendre 2014 pour que le parlement légifère en ce sens.

Au Liban, l’abolition de cette loi, est le résultat d’un long combat mené par les associations de défense des droits des femmes. Outre un activisme au quotidien sur les réseaux sociaux et une pétition en ligne “Undress522” (“Déshabillez522”) qui a recueilli plus de 10 ?000 signatures, elles ont imaginé une campagne publicitaire avec des actions comme ces robes de mariée, ensanglantées, déchirées, accrochées dans des lieux très fréquentés de Beyrouth accompagnées du slogan “une robe blanche ne cache pas le viol”.

C’est donc une victoire pour ces femmes du Liban, qui vient s’ajouter à celle des femmes de Tunisie et de Jordanie, puisque cette même loi y a été également abrogée en juillet et août dernier.

Le combat n’est pour autant pas terminé. Il existe encore de part le monde trop de sociétés patriarcales où entre autres ignominies, l’honneur d’une famille est lié à la chasteté d’une femme. Autant de terrains de luttes pour les droits des femmes !

Joëlle

Sexisme en milieu militant

Une militante du Front Social Nazairien qui propose une affiche avec un doigt d’honneur pour Macron ; une jeune lycéenne lors de la manifestation du 21 septembre qui porte une pancarte avec le slogan “Non à l’Etat sodomite” sous l’image d’une sodomie entre hommes ; un militant d’une organisation anarchiste locale accusé de harcèlement sexuel et plus : le débat est lancé et la rencontre réalisée avec le Théâtre de l’oppriméE de Nantes pour essayer de nous interroger sur ce sexisme latent et quotidien qui touche tant de militantEs locaux/les.

À croire qu’après tant d’années de luttes, de campagnes contre l’homophobie et pour la liberté sexuelle, les archétypes sociaux et moraux reviennent au galop, consciemment ou non… À persuader, aussi, que la lutte contre le sexisme et pour l’égalité n’est jamais terminée et les victoires jamais acquises. À nous, toutes et tous, à rester vigilantEs et ne jamais laisser ces vieux démons reprendre le dessus et s’afficher en toute impunité…

Eliane Paul-Di-Vincenzo