Quel avenir pour la jeunesse actuelle ?

mercredi 20 décembre 2017
par  Catherine

Le “plan étudiant” présenté par le Premier Ministre et la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) organise de fait la sélection à l’entrée de l’université. En outre il fait l’impasse sur les difficultés majeures de l’enseignement supérieur aujourd’hui.

En juillet dernier 65 000 lycéenNEs bachelierEs se retrouvaient sans affectation, il en restait encore près de 4 000 en septembre, sans compter les abandons et les inscriptions par défaut. Les dysfonctionnements du logiciel APB (Admission post bac), qui avait pourtant fonctionné depuis 2009 sans soulever de polémique majeure, étaient pointés. L’injustice flagrante des admissions par tirage au sort dans 169 filières dites “en tension” était unanimement dénoncée. Plus que le logiciel APB, il convient de souligner d’emblée la responsabilité de l’État qui n’a pas anticipé sur l’augmentation connue des effectifs étudiants en ne créant pas les postes nécessaires. En effet, la promesse, par François Hollande, de 5 000 postes supplémentaires dans l’enseignement supérieur pour un coût cumulé de près de 470 millions d’euros sur cinq ans, n’a pas donné nécessairement lieu à la création véritable de postes. Les établissements étant laissés libres d’utiliser le surplus de subvention perçu au titre de ces emplois à leur guise, ainsi le gel des postes, à tous les niveaux et dans tous les corps, a été pérennisé impactant le taux d’encadrement, et par ricochet les capacités d’accueil.

Le “plan étudiant” du gouvernement était donc très attendu.

Un modèle de novlangue

De fait, sa présentation le 30 octobre (pendant les vacances, tous les détails comptent) a donné lieu à une opération de communication soignée et, dans un premier temps, efficace. Le “plan licence” est en effet un modèle de novlangue : on n’annonce pas une réforme, on parle de modernisation. Ne dites pas sélection mais recrutement, ne dites pas pré-requis, mais attendus… Ne dites pas programme Macron, dites réflexion partagée. Le gouvernement Philippe avait donc brillamment réussi à désamorcer le risque d’une vague de contestation lycéenne et étudiante, avec le relai appuyé des médias complaisants. La palme en la matière revenant sans doute à BFM TV, qui annonçait fièrement dès le lendemain : “Sondage : 7 Français sur 10 convaincus par le plan étudiant du gouvernement”.

Une sélection à peine déguisée

Pourtant, les mesures annoncées mettent en œuvre, de fait, une sélection généralisée à l’entrée dans les études post bac. Sous couvert de “préparation à l’orientation”, la première phase de la sélection se fera dès le lycée. Reprenons le dictionnaire de la novlangue : il n’y a pas de pré-requis, il y a des attendus : “Les attendus sont les connaissances et les aptitudes qui sont nécessaires à un lycéen lorsqu’il entre dans l’enseignement supérieur. Ces attendus, qui existent de façon tacite dans notre système d’affectation, seront désormais affichés.

Ils prennent en compte à la fois les bulletins trimestriels de la première et de la terminale (1er et 2nd trimestre) et les résultats aux épreuves anticipées du baccalauréat” (dossier de presse du Plan étudiant, p. 20). On s’empresse d’ajouter que la motivation sera “largement” prise en compte, le/la lycéenNE sera “accompagnéE” dans ses choix, il/elle aura deux professeurEs principaux/principales. Au passage notons qu’il est à peine fait allusion aux Centres d’Iinforamation et d’orientation (CIO), qui ont été la cible de multiples attaques depuis 2003.

“Le dernier mot ira au bachelier”, affirme Édouard Philippe. Pourtant le rôle du Conseil de classe sera renforcé. “Le conseil de classe du 2nd trimestre examine les vœux des candidats afin de contribuer aux avis portés par le chef d’établissement. Chaque avis est transmis via une « fiche Avenir » aux établissements d’enseignement supérieur que le lycéen souhaite rejoindre.” (p. 12 du dossier de presse).

Qui peut croire que le “dernier mot” emportera la décision, lorsqu’unE lycéenNE demandera une formation où il n’y a plus de place ? Lorsque l’avis du Conseil de classe sera réservé ou négatif ?

La deuxième phase de la sélection se déroule dans les Universités. Ce sont elles qui feront des propositions, qui seront communiquées aux lycéenNEs juste avant le Bac.

Le gouvernement affirme que “Les formations non-sélectives n’auront pas la possibilité de refuser un bachelier”, mais restreint immédiatement l’application du principe, en ajoutant “si des places restent vacantes”. Il est même précisé : “Si pour des raisons de capacités d’accueil, l’université ne peut admettre tous les candidats, la priorité sera donnée à ceux dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie”. Il y aura donc bien une sélection !

Quels moyens pour les universités ?

Le gouvernement a aussi beaucoup communiqué sur le thème “Réussir dans l’enseignement supérieur”, en proposant notamment une “Licence sur mesure”, avec des modules de remise à niveau proposés en fonction des dossiers. Mais les universités auront-elles les moyens pour absorber la vague démographique des jeunes néEs autour de l’année 2000 et qui arrivent en fin de lycée, leur proposer des modules qui, pour être efficaces, devraient bénéficier d’effectifs réduits ? Le gouvernement annonce fièrement un engagement de l’État pour moins d’un milliard d’euros, dont 450 millions dans le cadre du “Grand Plan d’Investissement” déjà prévu, et 500 millions d’euros sur cinq ans, pour accompagner la réforme. C’est bien évidemment hors de proportion au regard de l’état financier actuel des universités. Pour l’UNEF ce sont deux milliards par an pendant dix ans qu’il faudrait pour l’enseignement supérieur, d’autres organisations évaluent les besoins entre 3 et 5 milliards d’euros. Dans tous les cas on est très loin du compte. À cet égard, le vote positif (et inattendu) du CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) est un nouveau coup porté à l’ESR. Après un avis négatif du Conseil supérieur de l’éducation, le texte a recueilli un vote positif lors de son examen au CNESER, lundi 13 novembre 2017, avec 35 pour (dont CFDT, Unsa, CPU, Peep), 32 contre (dont FSU, CGT, Unef, Solidaires) et 8 abstentions (dont la FAGE désormais premier syndicat étudiant au détriment de l’UNEF, qui a eu un rôle déterminant).

Des universités exsangues

Après dix ans d’autonomie des universités et de loi LRU, la situation financière des universités est en effet très inquiétante.

En novembre 2011 déjà, huit universités étaient déclarées en faillite et placées sous la tutelle de leur rectorat. Chaque année de nouvelles universités se trouvent dans une situation de tension plus ou moins forte. Il est désormais acquis que le déficit budgétaire chronique des universités est une conséquence directe du passage aux Responsabilités et compétences élargies (RCE) prévues par la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) du 10 août 2007, qui s’inscrit plus largement dans les réformes néolibérales du monde universitaire depuis le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne.

Dans le cadre de son rapport consacré au budget 2016, publié fin mai 2017, la Cour des Comptes recense les établissements “en situation financière préoccupante”, élaborée grâce à une “grille d’alerte” conçue par la Dgesip (Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle). Parmi les 15 universités et l’école d’ingénieurs qui apparaissent, six sont jugées en situation très dégradée (difficultés financières avérées, risque d’insoutenabilité à court ou moyen terme). La plupart de ces universités se trouvaient déjà en situation de déficit important en 2015, constate la Cour des comptes, qui note une augmentation du nombre d’opérateurs présentant un compte de résultat déficitaire cette année-là (Paris-Est-Marne-la-Vallée se retrouve ainsi en situation de quadruple déficit, quand Pau, Reims et Toulouse III connaissent un double déficit).

L’exemple de l’université de La Rochelle

Ainsi les conséquences des réformes universitaires doivent s’analyser à la fois nationalement et en fonction des situations locales. L’exemple de l’université de La Rochelle (ULR) est une excellente illustration des affres budgétaires dans lesquels se débattent la plupart des établissements de l’ESR.
Depuis le passage aux Responsabilités et compétences élargies (RCE), les établissements ont la charge intégrale des salaires de leurs personnels dans le cadre d’un budget global. Or la dotation des universités fait abstraction de l’évolution de la masse salariale et, en particulier, du “Glissement Vieillesse Technicité” (GVT). À cause de la courbe des âges des agentEs à l’Université de La Rochelle, le GVT positif pèse considérablement sur le budget de l’établissement et contribue à son appauvrissement. En la matière aucune équipe présidentielle depuis 2011 n’a osé suivre l’appel des représentantEs du personnel pour placer l’État défaillant devant ses responsabilités en votant contre les budgets d’austérité successifs. Élu en avril 2016 et reconnaissant d’emblée les difficultés financières que traverse l’établissement, le président Ogier fera le choix, à l’instar de son prédécesseur Gérard Blanchard, ex-Vice Président CPU (Conférence des Présidents d’Université) et actuel Vice Président ESR de Nouvelle-Aquitaine, de se soumettre et comme nous allons le voir, “d’entreprendre un changement stratégique” de nature à résoudre tous les problèmes à coûts constants.

L’autre facteur de paupérisation de l’ESR tient au désengagement de l’État – “Le taux d’investissement public a reculé en France entre 2010 et 2015”, selon le rapport d’évaluation du programme d’investissements d’avenir (PIA), chutant d’encore 5 % l’an dernier, à 75,3 milliards d’euros selon l’Insee. En effet, une partie du budget des universités dépend du dispositif des “investissement d’avenir”, financés via l’Agence nationale de la recherche, dans une sélection de “centres d’excellence” de l’ESR (équipements d’excellence, laboratoires d’excellence, initiatives d’excellence et plan campus notamment). La 3ème phase de ce type de financement va avoir lieu alors que la Cour des Comptes “renouvelle le constat d’une insuffisante consolidation de l’information financière en ce qui concerne les crédits extrabudgétaires du PIA” (juin 2017).

“Changer de cap” pour s’adapter à la pénurie financière

Ce qui devait constituer une manne financière pour les universités peut parfois se révéler hasardeux lorsque, comme à La Rochelle, une équipe présidentielle soumet une nouvelle orientation stratégique à l’obtention du financement d’un appel à projet. Le 14 mars dernier, le président Ogier reconnaissait à nouveau les difficultés financières de l’ULR. Il admettait que depuis la mise en place de la loi sur l’autonomie des universités, la situation matérielle de l’établissement se détériorait chaque année davantage à cause d’une allocation des moyens insuffisante, conséquences selon lui d’un système à bout de souffle. Aujourd’hui la masse salariale représente 86 % du budget, c’est pourquoi en dépit des gels de postes, de l’augmentation des effectifs dans certains groupes de Travaux dirigés (TD) et de la réduction de l’offre de formation, la situation reste extrêmement tendue. Pour autant, le président Ogier ne remet toujours pas en question un tel système. Au contraire, il estime que l’optimisation des moyens et les appels à projet, notamment dans le cadre du PIA 3, doivent en partie résoudre ces problèmes. Pour ce faire, il met en avant, d’une part, le nouveau catalogue des formations articulé autour de certains axes stratégiques tels que la Transition environnementale littorale et la biodiversité, la Transition énergétique et le bâti durable, la Transformation numérique et la Société, l’entreprise et le territoire, et d’autre part la réorganisation de la gouvernance en Institut et Collégium.

Le corollaire de ce “changement de cap”, ainsi décrit dans le plan “com” destiné à la presse locale (Sud-Ouest 25 sept 2017), est une dégradation sans précédent des conditions de travail des personnels, d’apprentissage et de recherche des étudiantEs. Ainsi, le volume horaire de la licence qui est aujourd’hui de 1500 heures passerait dans la Nouvelle Offre de Formation à la rentrée prochaine à 1200 heures encadrées, et 300 heures en TEA (travail en autonomie), sous-couvert d’innovation pédagogique. En outre, en réponse à l’augmentation du nombre d’étudiantEs largement et délibérément sous-estimée par le ministère, la décision est prise de limiter les effectifs en L1, dans une université où 41 % des étudiantEs sont boursierEs. En plus de la sélection en master, de tels choix interdisent de fait l’accès à l’enseignement supérieur à de nombreux/nombreuses bachelierEs. L’autre décision tout aussi dramatique est de porter les effectifs de TD à 40 en L1. Alors que l’innovation pédagogique est mise en avant grâce une ingénierie numérique envahissante, seule la logique comptable explique de tels choix. Selon le Vice Président CFVU (Commission de la Formation et de la Vie Universitaire), l’économie ainsi générée sera de 10 000 heures, soit 460 000 € - mais, pour mémoire, le GVT est de 800 000€€ par an.

Par ailleurs, outre la dégradation des conditions de travail des personnels et des étudiantEs, le “changement de cap” induit à la fois une réduction de l’offre de formation autour des axes stratégiques évoqués plus haut et la transformation profonde de la structure de l’établissement. En effet, si l’IUT et la faculté de Droit demeurent des composantes de l’université, un Institut Ville Littorale Durable et un Collégium, regroupant la Faculté de Sciences et Technologies et la Faculté des Lettres, vont désormais constituer deux nouvelles composantes avec une disparition programmée des Sciences Humaines et Sociales et une marginalisation de toutes les formations qui ne s’inscrivent pas dans les axes stratégiques définis auparavant. Pour les collègues, il faudra se soumettre ou se démettre.

Les avatars de la COMUE

Cette réorganisation profonde, qui ne sera pas sans incidence sur les collègues BIATSS (personnels des bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux et de santé) à travers des mutualisations inéluctables, se déroule sur fond d’adhésion à la COMUE (Communauté d’Universités et Établissements) Aquitaine avec la menace d’une dilution dans un établissement tentaculaire réduisant de fait l’ULR à un collège universitaire.

Le contexte oblige à souligner le parallèle entre la situation d’aujourd’hui où l’équipe présidentielle soumet sa réforme à l’obtention d’un financement dans le cadre du PIA3 et la mise en œuvre de la COMUE Léonard de Vinci en 2012. À l’époque, le président Blanchard assurait que l’octroi d’une ISITE ( Initiatives Science -Innovation - Territoires - Économie) à l’ULR était la condition du bon fonctionnement de la communauté. Or La Rochelle ne reçut pas le financement espéré, mais la COMUE fut quand même mise en place, pour finalement quasiment disparaître sans gloire – et sans son principal artisan appelé à une carrière politique – après le départ des universités de La Rochelle, puis de Tours et d’Orléans ! Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre que la course en avant ne se poursuive malgré l’échec (relatif mais prévisible !) des derniers appels à projets. En effet, les réponses aux deux appels à projets PIA3 sont désormais connues. Dans le cadre des “nouveaux cursus universitaires”, l’ULR a obtenu 5 597 000€E sur 10 ans pour un financement de pratiques déjà en cours (et donc fléché) – le projet initial avait été budgété à 10 millions€ par l’établissement. En revanche, le second projet consacré au “changement de cap” de l’université n’a pas été retenu. Même s’il est donc certain que l’accompagnement financier qui devait permettre le projet de restructuration de l’ULR ne nous sera pas attribué, la nouvelle gouvernance est en marche (!), sans moyens supplémentaires. On peut dès lors se poser la question de l’avenir de l’ULR, renvoyée à un statut d’université de proximité, obérant ses chances de rester une université de plein exercice. Mais le moindre des paradoxes n’est pas que pour obtenir un si faible résultat, l’université ait payé 100 000 euros à un cabinet de consultants, soit le coût pour l’établissement d’unE professeurE ou de deux maîtres de conférences (MCF), au moment où la plupart des postes sont gelés et que, mis à part trois postes de PRAG (professeur agrégé), les seuls recrutements le sont en CDD !

Pour compléter le tableau et revenir à une dimension nationale du problème, il convient de citer un article publié sur le blog “Terrain des luttes” : “la « rationalisation » de l’offre de formation et l’abaissement des volumes des maquettes sont constatés partout, à des degrés variables : restrictions budgétaires (voire menace de disparition) pour les départements non « rentables », réduction de l’offre d’enseignement (fermeture d’options, mutualisation des enseignements, suppression d’une ou deux semaines de cours par semestre – parfois sans attendre le renouvellement des maquettes), réduction des frais pédagogiques (suppression des photocopies, dématérialisées ou à la charge des étudiants). Est également très souvent pratiquée la réduction du nombre de groupes de TD dans chaque parcours, quitte à instaurer, expression de la novlangue managériale, une « marge de surbooking » qui permet de ne pas ouvrir un nouveau groupe de TD tant que le nombre d’étudiants présents ne dépasse pas une certaine « marge » au-delà du plafond maximum”.

On mesure ici l’incurie de l’État incapable d’assumer ses engagements financiers auprès de notre jeunesse, mais aussi la soumission de la plupart des présidences d’université – et malheureusement de certainEs collègues – à une logique purement comptable.

Des revendications immédiates

Il faut évidemment exiger le retrait pur et simple de ce “plan étudiant”. Mais chacunE voit bien que la situation ne peut en rester là, tant au regard de la situation financière des universités que de la demande sociale, qui privilégie la voie universitaire parmi les formations post bac.
Avec l’UNEF et Sud Étudiant.es nous pouvons revendiquer :

· Le refus de l’instauration de blocs de compétences en lieu et place des diplômes et des qualifications.
· Le maintien du baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire, garantissant l’accès de tous les bachelierEs sur tout le territoire aux filières post bac et aux établissements de leur choix.
· L’exigence d’ouverture de places supplémentaires en 1er cycle post bac et le refus de toute sélection à l’entrée à l’université.
· Un investissement de deux milliard d’euros par an pendant 10 ans pour l’enseignement supérieur

Mais n’oublions pas non plus que la loi du 24 décembre 2016 a introduit la sélection en master. Cette loi revient à faire payer aux étudiantEs les conséquences désastreuses des contre réformes antérieures, les lois LRU, en cherchant à masquer un manque de choix croissant. Le recours à un logiciel de type APB (tout aussi opaque) permet à l’administration de gagner sur tous les plans. D’une part, cette dernière limite l’offre en permettant aux universités d’en rabattre sur les “capacités d’accueil” qu’elles définissent. D’autre part, cette loi limite la demande par un “droit à la poursuite d’études” très théorique. Pendant trois ans, les étudiantEs ayant reçu un refus (souvent tardif) dans le(s) Master(s) de leur choix, auront un délai très court pour faire une demande en ligne via un portail qui leur proposera théoriquement trois vœux (dont un dans la même région). Il serait tenu compte d’une vague “compatibilité” entre mentions de licence et de masters et d’un prétendu “projet professionnel”, pas du tout assuré au niveau de licences pour la plupart non professionnalisantes.

Entre changer de région, avec les coûts que cela implique, ou être envoyéE dans des masters n’ayant guère plus de rapport avec le cursus suivi qu’avec les goûts supposés de l’étudiantE, il restera toujours l’abandon de ce “droit” et donc des études. Et c’est aussi cette réalité qui sera imposée aux néo bachelierEs dès la première année de Licence.

Mais aussi une vaste mobilisation, pour une autre école,
une autre société

C’est bien tout le système éducatif, tout l’enseignement supérieur, qui est à reconstruire. Pour autant il ne s’agit pas de revenir à l’université d’avant la LRU, pas plus qu’il ne s’agit de revenir au lycée d’avant la réforme Chatel, ou même d’en rester au lycée actuel en s’opposant aux projets du gouvernement sur le Bac et le lycée. Il s’agit d’œuvrer à la construction d’une mobilisation unitaire interprofessionnelle et sociale d’ampleur, porteuse d’espoir et d’utopies. Il s’agit de défendre une université publique, laïque, gratuite, égalitaire, émancipatrice, à l’opposé de l’université marchandisée par l’“économie de la connaissance” de l’Europe capitaliste, et un lycée sans orientation précoce, organisé réellement pour la réussite de touTEs et l’acquisition d’une culture scolaire polytechnique, polyvalente et émancipatrice.

Claude Braud, Raymond Jousmet, Alfred Knapp

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 4/12/2017 page 3 à 7


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